‹ De l'éducation (volume 2)Chapitre 60 sur 122 · GH. VL — RÉSUMÉ ET CONCLUSION DU TROISIÈME LIVRE · texte numérisé non relu

GH. VL — RÉSUMÉ ET CONCLUSION DU TROISIÈME LIVRE

du collège ; là où se fait Fapprentissage des vertus ou des vices, par lesquels la paix et la prospérité publique seront un jour affermies on troublées.

On me pardonnera de m'être laissé entraîner par Timportance de cette question.

Je me borne donc à le redire, il faut dans l'Education que la Discipline ne soit pas observée de force, mais respectée de cœur et aimée. Autrement les âmes souffrent et l'Education n'est qu'une œuvre de violence, quelquefois pleine d'horreur.

Mais, si rien ne peut égaler l'influence de la religion sur la Discipline en même temps que sur les éludes et le développement naturel de l'esprit ; sur le caractère et les défauts de l'enfant et sur les destinées de sa vie entière, la Religion^ de son côté, réclame le concours des deux autres grands moyens d'Education.

Sans VInstruclion et sans la discipline, la Religion ne formerait pas des hommes dignes d'elle.

La Religion veut être éclairée: elle aime les caractères fermes et droits; des esprits imbéciles ou des caractères abaissés et amollis ne seraient bons qu'à la déshonorer.

Elle essayerait vainement de former leur cœur et leur intelligence.

La Discipline, qui, comme on vient de le voir, est sans la Religion quelque chose de si matériel et de si triste, est à son tour pour la Religion un aide indispensable.

Par le silence et la paix, elle entretient le recueillement: elle prépare les voies aux leçons de la sagesse chrétienne ou aux impressions de la grâce.

Contenir ou réprimer les écarts de la volonté entraînée loin du devoir par les passions ou par la légèreté de l'âge ; sonmettresansabattre, commander sans avilir, relever en abaissant, affermir et faire avancer en arrêtant, empêcher que les facultés ne s'égarent et ne s'affaiblissent en se dissipant, pro-

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léger, tout à la fois, la piété, les études et les mœurs : telle esl Tœavre, tel est le denoir de VEducation disciplinaire.

Commeïillà. Religion pourrait-elle s'en passer?

VlnstructUm^ de son côté, offre à la Religion son puissant concours.

OuYrir et développer rintelligence de Tenfant, éveiller sa pensée^ faire naître en lui des idées saines, former et développer la pénétration, le bon sens, Tapplication d'esprit : enrichir sa mémoire, former en lui la raison et la parole, féconder son imagination, polir son goût, exercer son jugement : c'est le devoir de VEducation intellectuelle et la gloire de Ylnstruction

Et ne voit-on pas tout le bien que la Religion peut en attendre ?

Des esprits ainsi préparés, agrandis, élevés, affermis, comprendront mieux les hautes vérités chrétiennes.

Le jeune homme qui a cultivé convenablement son esprit aura, toutes choses égales d*ailleurs, un cœur plus délicat, une âme plus généreuse, en même temps qu'une raison plus élevée.

Dans les études classiques, il a trouvé le beau et le vrai sous les formes littéraires; quand avec la Religion, ils lui apparaissent dans leur plus haute splendeur, comment ne les accueillerait-il pas avec enthousiasme?

On le voit donc: comme la Discipline et Tlnstruction ne peuvent se passer de la Religion^ la Religion ne peut se passer d'elles pour atteindre le grand but de l'Ëducation.

Enfin, conserver la force de l'enfant, veiller sur sa vie, aider sa constitution physique à se fortifier en se développant, faire en sorte que ses membres soient toujours souples et vigoureux, qu'un sang généreux et pur circule dans ses veines, que cette flamme céleste qui brille dans ses regards ne s'amortisse et ne s'éteigne jamais, que cet aimable coloris, ce charme inexprimable qui embellit le front de l'enfance

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