CH. YI. — RÉSUMÉ ET CONCLUSION DU TROISIÈME LIVRE
vertueuse, ce je ne sais quoi d'heureux qui vient des dons du ciel, ne disparaisse pas sous de tristes nuages : c'estle devoir de V Education physique; et ce devoir ne s'accomplit que par les soins les plus attentifs, les plus délicats, les plus respectueux.— Mais ne voit-on pas, sans qu'il soit besoin de le' démontrer, quelle influence ont ces soins précieux, dans une maison d'Education, sur la Discipline, sur le bon ou mauvais succès des études, sur la piété même?
Et ne comprend-on pas en môme temps ce que l'instruction et le travail, ce que l'Ordre et la Discipline, et surtout ce que la Religion, peuvent en retour pour conserver la santé et les forces, en conservant les mœurs? On l'a dit,'la Religion est l'aromate qui empêche la science de se corrompre. Nous le dirons aussi: la vertu est le baume divin qui conserve la vie et la fraîcheur de l'enfant. Et c'est la Discipline morale et religieuse seule qui garde la vertu.
J'achèverai tout ceci par quelques détails qui ne seront pas sans intérêt et sans lumière: ainsi, par exemple, c'est VEducation physique^ hygiénique, qui conserve de toutes paris, dans une maison d'Education, avec un soin et une vigilance infatigable, la propreté^ que tous les maîtres de la moirale et de la vie chrétienne ont, à bon droit et dans un sens très-vrai, nommée une vertu : et c'est la pi opreté qui contribue à donner, à conserver une certaine vigueur corporelle, nne certaine dignité extérieure, qui entretient la dignité et la vigueur de l'âme.
£t cependant la Religion empêche que la propreté ne devienne de la fatuité ei de la mollesse, et que la vertu ne cesse où l'excès commence.
C'est encoveV Education physique qui donne une juste mesure de repos à VEducation intellectuelle, accorde à l'esprit les relâches convenables, fait succéder aux heures de l'étude les heures de la récréation ; mais, de son côté, la sage et ferme Discipline ne permet pas qu'on en donne trop; elle n'a
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rien d'austère ni d'affecté ; mais elle prépare le plaisir par le travail, et elle délasse du travail par le plaisir, et sous sa prudente direclion, les délassements et les jeux se mêlent convenablement aux occupations graves et séneoses. * Enfin, V administration économique d'une maison procure à tous, maîtres et élèves, une certaine indépendance intellectuelle, une noble sécurité, un heureux oubli des soins maté* riels de la vie, dont l'exemption est favorable au recueillement de la piété et des lettres.
C'est dans ce but qu'elle choisit un beau local ; une malson vaste, bien accommodée aux besoins de la Disdpline ; des salles élevées, de grands dortoirs, des classes bien aérées, une belle chapelle, des jardins spacieux. C'est elle qui y établit les maîtres comme il convient, non-seulement pour la santé, mais aussi pour la décence et la dignité littéraire ; c'est elle qui dispose tout, comme il est nécesssaire à rage des élèves, à cet âge si tendre, si vif, si ardent, et toutefois si admirablement appliqué, qui peut être silencieux et immobile, douze heures chaque jour, pendant dix années !
Et cependant la Religion^ qui est le bon sens supérieur de toutes choses, demande que cette maison soit sans luxe, d'unenoble simplicité, magnifiqueseulement parrélévation, la belle ordonnance et l'espace convenable au grand nombre de ses jeunes habitants.
Elle en bannit sévèrement les meubles fastueux, les baga* telles recherchées, les ornements superflus, et tout ce qui ressent la vanité et la mollesse; elle réserve pour le sanctuaire les vases d'or et d'argent, les étoffes ornées de broderies, les pierres précieuses, les parfums exquis.
Je ne multiplierai pas davantage ces détails : ils suffisent à mon dessein^ mais aussi ils y étaient nécessaires. Rien n'importait plus que de jeter ainsi quelques clartés sur l'influence que chacun des grands moyens d'Education exerce