‹ De l'éducation (volume 2)Chapitre 62 sur 122 · CH. VI. — RÉSUMÉ ET CONCLUSION DU TROISIÈME LIVRE · texte numérisé non relu

CH. VI. — RÉSUMÉ ET CONCLUSION DU TROISIÈME LIVRE

sur l'Éducaiion loutentière, et aussi de révéler runion étroite qui doit les faire concourir au même but, si Ton veut que ce but soit complètement et fortement atteint, si l'on veut que PÉducation soit véritablement faite.

Donc, car il est temps de conclure : inspirer à de jeunes âmes le goût d'une vie sérieuse et appliquée, qui produira un jour la gravité des mœurs et la fidélité aux devoirs ;

Exciter l'amour du travail, le goût intelligent des lettres, des sciences, des arts, de Tindustrie, de l'agriculture et du commerce, suivant les différentes spécialités de l'Éducation, et l'ardeur pour toutes les belles connaissances, pour les nobles progrès, qui depuis tant de siècles sont devenus l'apanage de notre patrie ;

Sous les auspices de la religion, soumettre, régler, diriger les passions dans le temps convenable, de façon qu'elles se laissent maîtriser, et que, loin d'être un obstacle au bien, elles deviennent l'instrument utile des grandes choses ;

Former à ce savoir-vivre, qui consiste à se contraindre soi-même, sans contraindre les autres, et qui éblouit moins par les belles manières qu'il ne charme par la simplicité et n'impose par le respect ;

En un mot, sous la direction d'une Discipline également douce et ferme, par l'ascendant d'une autorité toujours chérie et révérée, constituer et maintenir de fortes et brillantes études littéraires, ou industrielles, agricoles et commerciales, en môme temps que des mœurs pures, une docilité généreuse, une foi éclairée et une piété profonde ;

Enfin, établir, parla même, entre les maîtres et les disciples, ces doux et puissants liens qui ne se brisent jamais, ces souvenirs de dévoûment et de reconnaissance, d'affection et de respect, qui demeurent la plus douce récompense des maîtres, comme ils deviennent, dans le cœur des disci-

176 Lnr. ni. — dbs moters d^éddcation.

pies, one de ces heareuses et inefTaçables iinpressioDs qui snrriYent à lont ;

Fonner ainsi, par des moyens simples et puissants, ces jeunes esprits à Tintelligence du vrai, qui est la lumière même de Dieu ; ces jeunes cœurs à Tamour du beau, qui est la splendeur du yrai, et leur vie entière à la pratique du bien ; leur faire trouver par là, dans les impressions et les souvenirs de leur Éducation, le bonbeur, la vérité et la vertu, et en même temps la plus baute dignité de leur nature ;

Je le répète, telle est la grande œuvre ; tel est le but essentiel de TËducation ; telle est la baute et sainte mission des instituteurs de la jeunesse.

Voilà VEducation générale et essentielle^ à laquelle tout homme venant en ce monde adroit.

Cest rËducation bumaine par exellence I Mais, je le proclame de nouveau, et on le comprendra maintenant mieux que jamais : c'est là essentiellement et par-dessus tout une œuvre de religieux respect.

Page 1