‹ De l'éducation (volume 2)Chapitre 65 sur 122 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De l'Enfant et du respect qai est dû à la liberté

de son inteUigenca.

11 y a plusieurs aspects très-importaDts sous lesquels il est nécessaire de considérer particulièrement TEducation de Tenfant et le respect qui est dû à la liberté de sa nature. . J'essayerai de montrer successivement combien la contrainte intellectuelle^ la contrainte morale et même la contrainte physique sont funestes k TËducalion.

Et qu'on ne pense pas que la contrainte intellectuelle soit la moins funeste : j'en ai vu des conséquences désastreuses, et je dois les signaler ici.

J'ai parlé déjà de la faiblesse coupable des parents qui ne craigneni pas de sacrifier à la mollesse et au soin physique de leurs enfants l'instruction de l'esprit, et l'Education morale elle-même. Je dois signaler ici un tout autre défaut : je veux parler de la dureté orgueilleuse de certains autres parents, et de Todieuse cupidité d'un trop grand nombre d'instituteurs, qui, pour obtenir àleur nom la gloire des prix du concours, ou Thonneur de brillants examens, condamnent de pauvres enfants^ pendant d«s mois entiers^ tout le jour et une partie des nuits, à un travail sans relâche, et font succomber, sous le poids d'une fatigue ininterrompue, ces faibles corps et ces organes que la nature n'a pas encore affermis.

J'ai vu des jeunes gens^ heureusement doués, et que ces excès de travail, dans un trop jeune âge, avaient réduits à l'impuissance, à l'imbécillité intellectuelles pour toute leur vie entière.

Page 1