‹ De l'éducation (volume 2)Chapitre 78 sur 122 · BossvBT, De InsL Delph · texte numérisé non relu

BossvBT, De InsL Delph

fs par leur Éducation, par leur travail, par leur nom, par

lombre même. Ils se soutiendront, se fortifieront les uns

lutres dans les postes divers auxquels la Providence et

ilicitude éclairée de leurs pères les auront appelés.

^st une observation qui n'échappera pas aux hommes

^lifs, aux esprits qui suivent, avec un regard religieux

•éiien, la conduite de la Providence: il y a une héné-

in visible, bénédiction même temporelle, sur les nom-

fses familles; et j'ai presque toujours vu se réaliser en

^laveur les vœux qu'elles soumettaient à Dieu avec un

abandon h sa bonté, et qui chez tant d'autres sont

•lacés par des calculs coupables et le plus souvent im-

;antsi

I mi ces enfants nombreux, plusieurs au moins auront

natures distinguées: bien élevés, ils deviendront des

" .unes supérieurs; ils honoreront leurs frères; ilssou-

.idront leur nom ; ils enrichiront leur race; ils illustre -

it leur famille; ils gouverneront, ils sauveront peut-être

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»ui. Dieu les bénira. — Pourquoi voit-on si souvent de mds noms disparaître dans l'oubli? de nobles tiges se ssécher? C'est qu'il ne s'est plus rencontré là qu'un ou ux enfants: un fils unique peut-être: mollemet élevé, il déshonoré son sang.

J'ai parlé des enfants gâtés: il est très-rare que des en-

tnts nombreux soient des enfants gâlés.

Un fils, une fille unique, sont presque toujours l'idolâtrie

une famille, l'objet des plus frivoles sollicitudes. Il n'y a

us un soin sérieux, plus une haute pensée dans rÉduca-

on de ces enfants, dont on ne songe qu'à faire des êtres

estinés aux aises et aux jouissances de ce monde; sûrs

/être riches sans jamais rien faire, sans jamais travailler,

^ans se donner jamais la moindre peine. Comment veut-on

lue la bénédiction de Dieu se rencontre dans ces Éducations

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misérables, et aussi dans ces lâches calculs de foi lune, dans ces basses et impies supputations d'avenir, où la Providence est absolument comptée pour rien?

Sans doute, il faut dans la famille des chefs, autant qu'il se peut, considérables par la fortune, et c'^t ce que nos lois modernes ont trop oublié. Mais il faut aussi des rameaux nombreux qui se soutiennent, s'étendent et s'affermissent les uns les autres.

Qu'il me soit permis de le redire encore à ces chefs de grandes familles : Si vous savez donner à vos nombreux fils une haute Éducation intellectuelle, ils seront toujours et partout à la tête de leurs concitoyens: par la valeur d'abord, quand il le faudra. Les champs de bataille vous retrouveront encore ce que vous fûtes toujours. Votre sang ne faillira point. Ils seront aussi des premiers par l'esprit: si vous le . voulez, vous le pouvez; vous l'avez pu toujours et fait souvent. Témoin: Turenne et Condé, d'Aguesseau, le cardinal de Polignac, la Rochefoucauld, Fénelon et tant d'autres.

Laissez l'industrie marcher: elle n'est pas destinée à la conquête du mondes et, le fût-elle, si vous laissez les industriels n'aspirer, comme ils le font, qu'à l'Education commune et professionnelle; si, prenant ce qu'il faut de cette Éducation inférieure, vous savez vous élever plus haut, vous fortifier, vous ennoblir, vous éclairer par la grande Education de l'intelligence, vous dominerez tout encore; vous l'emporterez nécessairement; vous gouvernerez, vous dirigerez l'industrie elle-même; vous la sauverez de ses excès; vous rélèverez jusqu'à vous, et vous demeurerez toujours, à voire place, ce que vous êtes : un Montmorency, un d'Harcourt, ou un autre de ces noms fameux qui régnent sur l'opinion par un prestige héréditaire.

Que si ces glorieuses destinées vous étonnent, si elles vous semblent au-dessus de notre âge, je n'accorderai pas encore, môme en y renonçant pour vous, que vous deviez ne

rien faire ici-bas. Je n'accorderai jamais que vous puissiez être sans aucun travail en ce monde.

JNon*: la chasse, les romans, les chevaux et les chiens ne suffisent à rien et à personne. Je vous dirai avec les saintes Ecritures: Non oderis opéra laboriosa, et rusticationem creatam ah AUissimo: Ne dédaignez pas le travail^ pas même le travail de la terre, et V agriculture qui fut créée par le Très-Haut. L'agriculture est le fondement de la vie hu-

; maine.

i Oui, si rindustrie et le commerce ne vous conviennent

• pas, soyez de nobles, et même, si vous le pouvez, d'illustres agriculteurs* C'est encore là une belle et glorieuse part de travail. Soyez fidèles au sol qui a fait votre nom et votre fortune, et le sol vous sera fidèle à son tour 5 et les populations vous béniront. Si elles vous bénissent moins depuis vingt-cinq années,c'est que vous les avez trop abandonnées. Pourquoi, dédaignant votre véritable et solide grandeur, iriez- vous traîner à Paris, dans les cercles ruineux du jeu et du plaisir, une vie indigne de vous? Pourquoi iriez- vous jeter le reste de vos biens dans les abîmes du luxe et de tous les déportements qu'entraîne l'oisiveté, plutôt que d'habiter honorablement vos terres, plutôt que de pousser dans le pays ces racines profondes que les révolutions ellesmêmes ne sauraient arracher ; plutôt que de vous faire ai-

' mer, respecter, en répandant autour de vous des bienfaits sur des populations pauvres, qui ne demandent qu'à vous rendre librement cette allégeance à laquelle elles étaient tenues envers vos aïeux?

, Pourquoi laisser des soins si nobles à vos hommes d'af-

faires, à vos intendants, à vos notaires, à vos avocats, qui se font aimer et choisir au lieu de vous, qui vous succèdent véritablement et sont aujourd'hui représentants du peuple à votre place?

Il y a un mot de l'Ecriture dont je demande à Dieu de ne

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pas laisser tomber le poids sur personne en mon pays; mais c'est un mot terrible, s'il en fut jamais, et digne d'être médité par tout le monde. Le voici : La faction des hommes de plaisir, dit l'Esprit-Saint, sera éternellement inutile: auferetur factio lascivientium*.

Concluons: chacun ici-bas a quelque chose à faire, une i roule à suivre, un but à atteindre, un travail à accomplir, une place à occuper, en un mot, des obligations graves, des devoirs sérieux à remplir.

Le travail, qui est l'application de l'âme, est aussi sa force et sa gloire. Sans le travail, sans l'application, nul ne peut être rien, ni en ce monde ni dans l'autre.

Dieu et les hommes méprisent, repoussent, comme un serviteur inutile, l'homme qui ne fait rien, qui ne sert à rien.

L'application seule fait les grands hommes, les grands saints, les héros, les hommes de génie.

Tout cela est rare aujourd'hui, parce qu'on ne connaît plus le travail sérieux, l'application profonde. Poètes, littérateurs, historiens, philosophes, ne s'appliquent plus; on sait ce que la plupart sont devenus depuis cinquante ans.

Que si la difficulté des temps ne vous permet pas d'aspirer au gouvernement des choses publiques.

Du moins sachez vous appliquer au gouvernement de votre fortune, de votre famille, de vos serviteurs, de vos enfants. Ayez les connaissances agricoles, industrielles, commerciales même, qu'exige la nature de vos biens, de vos revenus, et, pour nommer les choses par leur nom, que demandent vos forges, vos moulins, vos terres, vos bestiaux. Sachez de tout cela au moins ce qui est nécessaire pour vous en faire rendre un juste compte.

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