‹ De l'éducation (volume 2)Chapitre 8 sur 122 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

peut, à. la mission du Ciel? — car, on le comprend, ces hommes de la Providence^ ces hommes de Dieu^ dans le sens lé plus élevé du mot, l'Education ne suffit point à les faire ; elle les prépare, et c'est Dieu seul qui les fait et qui les envoie.

Ceux donc que nous devons chercher à former, casent les hommes de bien, les hommes de sens, les hommes de tête, les hommes de foi, les hommes d'honneur et de courage, les hommes même de génie, s'il est possible : en un mot,' les hommes capables de devenir, au besoin, les hommes de Dieu^ les hommes de la Providence.

Je répète ma question : Où en sommes-nous à cet égard, et où sont parmi nous les hommes?

Qu'avons-nous sur quoi nous puissions compter?

Hélas î non-seulement, comme dit un prophète, tous les cœurs sont malades de tristesse : omne cor mœrens; mais les plus fortes têtes s'abattent et languissent : omne caput languidum, La prudence humaine est à bout ; la plus haute sagesse se déconcerte ; les habiles de la terre sont manifestement en détresse ; les hommes les plus forts proclament eux-mêmes leur faiblesse.

Tous, nous sommes condamnés à redire la douloureuse plainte de TÉvêque d'Hippone : Levons nos têtes

ET PORTONS NOS REGARDS VERS CELUI DONT LE RÈGNE NE CHANCELLE NI NE FINIT; CAR JE NE VOIS SUR LE CONTINENT NI HOMME NI ASSEMBLÉE CAPABLE DE SAUVER L'EMPIRE.

Nous avons fait bien des.révolutions.

La dernière, celle du 24 février, a mis en mouvement tout un peuple. Jamais il n'y eut un plus grand pêlemêle d'hommes, jamais on ne vit une agitation plus gigantesque.

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