M. Laurentib
ciant ou le magistrat: non, il les appliquera diversement selon la diversité de ses besoins et de ses devoirs: et voilà pourquoi l'Education doit les exercer, les cultiver diversement aussi: mais les négliger, jamais! L'homme du peuple s'applique à d'autres choses; il étudie d'autres choses que le négociant et le magistrat; il en étudie, il en sait moins: c'est dans l'ordre; mais qu'il sache aussi bien, qu'il sache môme mieux ce qu'il doit savoir; qu'il ait autant d'esprit, et quelquefois plus, pourquoi pas?
Sans doute, sauf les exceptions de Providence, le développement de ses facultés intellectuelles ne peut, ne doit pas être aussi brillant, aussi étendu, mais je demande qu'il soit aussi solide et aussi ferme que dans les Educations les plus relevées.
Si ses connaissances ne sont pas aussi variées, je demande qu'elles soient aussi exactes, aussi vraies; je demande que son esprit soit aussi juste; je demande que le bon sens, ce grand maître de la vie humaine, comme dit Bossuet, soit chez lui puissant et fort: en un mot, je ne lui veux, ni dans son instruction ni dans son esprit, rien d'imparfait et de médiocre, rien de faux, rien de faible, rien de défectueux.
Je suis heureux de pouvoir reproduire encore ici les sages maximes du religieux auteur que j'ai déjà cité:
. « Pour le peuple, la morale n'est pas dans les spéculatioas « de philosophie: elle est dans la vertu réelle, dans les de- « voirs et la charité. De même de l'instruction : si l'instruc- « lion donne au peuple plus de facilité de suivre ses vocat lions de travail et d'activité, elle lui est bonne, elle lui « adoucit la vie, elle lui rend ses jours plus calmes et ses « travaux plus légers. Si elle le nourrit de chimères, si elle « rélcigne de ses goûts, si elle lui remplit la tête de pensées a folles et vides^ elle lui est un fléau, elle tourmente son ^< foyer, elïe assombrit son existence et le frappe dlmmot biliié. »
CH