CE QUE LA BELIGION PEUT ET DOIT FAIRB POUA L EDUCATION DU PEUPLE
Malgré rimporvance ie riostructioa coasidérëe en ellemême, les institateurs religieux du peuple ne feraient qu'une œuvre imparfaite et souvent dangereuse, s'ils ne faisaient rien de plus.
En effet, rinstruction ne s'adresse qu'à Tesprit; et, s^il faut que le peuple ait un esprit juste, solide, éclairé^ il faut aussi, il faut surtout qu'il ait du cœur, de la conscience, du caractère, de la vertu; il faut que TËducation religieuse le forme tout entier^ et rélève à toute sa hauteur, à touta sa dignité morale.
C'est ici pour lui un droit sacré en même temps que le premier de ses intérêts! et c'est aussi Tintérêt de la société tout entière l
« Hors des voies de la Providence, il n'y a pour le peuple « que l'excès du mépris ou l'excès de la flatterie, c'est-à-dire « Talternative des misères et des crimes : c'est tout ce que « lui peut offrir en réalité la philanthropie humaine.
a Mais le Christianisme, qui est l'expression complète de « Tordre providentiel dans la conduite de riiumanilé, se « tourne avec d'autres pensées vers le peuple. Le Christia- « nisme ne méprise point, il n'exalte point le peuple, mais il
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« rhonore et il Taime, il touche et il bénit sa paiivTfté> il « sanctifie ses haillons, il ennoblit sa rudesse ^. »
C'est ce gue les bons Frères des Écoles chrétiesnes oot admirablement compris : véritables amis du peuple^ iis le respectent sincèrement, et voilà pourquoi ils sont sans mauvaise ambition pour lui. Ils ont bim vu que TËducatloQ peut et doit donner à Thomme divers degrés, diverses: formes de perfectionnement intellectuel, selon les divers besoins de sa position sociale ou de sa vocation : mais ils ont vu aus^ que, s'il est permis à l'instruction d'être humble ou élevée, selon ceux à qui on la distribue, l'Éducation proprement dite, l'Éducation morale, doit avoir pour tous la hauteur convenable : que si Tenfant du peuple ne peut, ne doit le plus souvent recevoir qu'une instruction commune, il doit, comm« tout autre, recevoir de l'Éducation générale et essentielle toute sa dignité d'homme intelligent et honnête, toute sa dignité d'homme religieux •.
Cette vérité,, ceux qui sont chargés parmi nous de faire l'Éducation du peuple, Tont-ils tous également comprise?
Où en sommes-notts à cet égard ? Depuis cinquante années, l'Éducation populaire est-elle parmi nous ce que je viens de dire ? n'est-elie pas l'exception, la rare exception? D'un bout de la France à l'antre, peut-on reposer avec confiaodce ses regards sur la religion, sur la foi, sur la moralité du peuple ?
On essayerait vainement de le dissimuler, ils ne sontplos parmi nous, ces beaux jours de la foi chrétienne où les pauvres, autant et plus que les riches, envircmnaientla Religion