INTRODUCTION XXV
« Né pour connaître les hommes et pour les employer « selon leurs talents, il les attachait parle cœur à sa per- « sonne et à ses desseins pour l'État.
« Aussi le temps qui etface les autres noms fait croître «le sien; et, à mesure qu'il s'éloigne de nous, il est « mieux dans son point de vue. »
Les troubles du xvr siècle et les grandes leçons du malheur avaient décidé le xvir à fortement élever sa jeunesse ; Richelieu y contribua plus puissamment que personne, et c'est par là surtout qu'il prépara la gran4pur du règne suivant.
Si l'Église n'a pas sauvé l'empire romain, c'est que l'empire n'a pas voulu se laisser élever par elle. Les barbares sont devenus la société européenne, parce qu'ils se sont laissé élever par 1 Éghse.
On a dit en Europe : les'rois s'en vont. Je dirai : les nations européennes aussi, si elles négligent longtemps encore l'Éducation de la jeunesse.
Sans doute, comme je le disais plus haut, il ne faut pas désespérer des nations. Dieu les a faites guérissables; mais il faut qu'elles veuillent êtie guéries ; autrement, elles ne sont pas plus immortelles que les hommes.
Voyez toutes les petites républiques de l'Amérique méridionale. Quelles agitations! quelle faiblesse! quels abaissements ! quelle anarchie sociale!
Toutes ces républiques n'existent pas encore, on le peut dire. Elles n'existeront peut-être jamais. Pourquoi ? Les hommes leur manquent. Elles n'ont pas encore trouvé un homme. Ceux dont les noms arrivent jusqu'à nous, évidemment ne sont pas des hommes.