‹ De l'education (volume 3)Chapitre 19 sur 67 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

Elles vivent au jour le jour, ou plutôt elles se meurent, chaque jour, à force de révolutions.

La France, l'Europe, en viendront-elles à cette triste fin ?

N'y a-t-il aucune nation, dans le monde civilisé, dont on ne puisse dire : C'est une nation qui s'en va !

Je l'ignore : mais on ne peut s'empêcher de reconnaîlre tout ce qu'il y a de vrai dans cette parole du chancelier Oxenstiern à son fils, partant pour visiter les grajKles capitales de l'Europe : « Allez voir, mon fils, c avec quelle petite dose de sagesse le monde est gou- « verné. »

Que pouvons-nous dire de nous-mêmes ?

Je n'en dirai qu'une chose incontestable :

Ce libertinage d'esprit qui s'appelle la hberté de la presse, enlève, chaque matin, à la société française sa force intellectuelle et morale. Écrivains et lecteurs s'y épuisent également.

Certes, ce ne fut pas le journahsme qui forma, qui inspira, qui gouverna ces hommes, ces prêtres, ces religieux, ces instituteurs de la jeunesse, si grands et si forts, au commencement du xvir siècle !

On l'a dit encore et cela est vrai : la liberté de la presse est l'asservissement des esprits ; c'est une violence tyrannique exercée sur les intelligences faibles.

La société temporelle y a succombé. La société spirituelle elle-même en souffre. Elle en souffrira plus profondément encore si elle n'y prend garde.

Quoi qu'il en soit, espérons que Dieu ne donne à la France de si fortes leçons que parce qu'il veut lui donner la sagesse, lui apprendre à réparer par elle-même les

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