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et maintiennent toute l'économie classique, lui impriment un mouvement uniforme et produisent ce bel ordre qui fait rornement, la prospérité et la gloire d'une maison d'Éducation.
4<^ La Discipline est la dispensatrice du temps.
Elle en sait tout le prix; elle en prévoit sagement, elle en règle, elle en protège constamment l'emploi ; elle réprime la légèreté qui le dissipe, le caprice qui en abuse, la paresse qui le consume, la frivolité qui le perd.
Laissez tomber la Discipline, rompez cette enceinte impénétrable aux abus et aux désordres : les heures se perdent, lesètudesfléchissent, les esprits se troublent, les mœurs se corrompent, les cœurs se pervertissent, le torrent impétueux des passions se déborde avec l'oisiveté, les murs du collège ne peuvent le contenir, et bientôt il répand partout le ravage et la destruction.
5° La Discipline conserve le bon esprit^ la docilité^ V affection et le respect.
En conservant la piété, l'innocence des mœurs et l'amour du travail, la Discipline conserve le bon esprit qui leur est nécessairement associé : une Discipline sage, uniforme, invariable, commande impérieusement le respect, entraîne les volontés et bannit tout esprit de critique et de censure. On s'y soumet avec plaisir, on l'apprécie, on l'aime ; parce que toute nature qui n'a pas été dépravée a un goût sain et estime le véritable beau, qui est, dans les choses intellectuelles, la vérité, et, dans les choses morales, l'ordre ou la vertu \ Mais il faut que les instituteurs de la jeunesse l'entendent bien : rien de plus subversif de ce bel ordre et d'une bonne Discipline que la variation, l'inégalité, la divergence dans l'application des règles disciplinaires. La Discipline devient alors
* Omnium honcstariim rerum scmina animi geriint, quœ aclmonitionc cxcitantiir : }ion aliter qxiam scintilla flatu leii adjiita ignem smim explicat. (Senec, Epist. 9ii,)
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comme un corps élastique, que chacun étend ou resserre à sa guise : elle n'est plus par conséquent Texpression de la vérité et de l'ordre, qui est un, simple et constant. Plus d'unité de principes, plus d'unité d'action. L'arbitraire, la sévérité exagérée ou hors de propos, la faiblesse ou la crainte de l'impopularité \ prennent la place d'un zèle assidu, d'une fermeté sage et paternelle.
Il suffit d'un seul maître ainsi disposé pour faire un grand mal dans une maison d'Éducation : s'il s'en rencontrait plusieurs, bientôt tout y tomberait en ruines.
60 La Discipline est le nerf du règlement.
Les meilleures institutions, les meilleures lois, tombent en désuétude et bientôt dans un oubli complet, si elles ne sont maintenues par une constante et infatigable application. Comment le règlement d'une communauté d'enfants échapperait-il à ce triste sort, si une Discipline sage et attentive ne veillait avec le plus grand soin à sa conservation?
C'est elle qui doit en rappeler toujours et partout la lettre et l'esprit; en toutes les occasions convenables, elle expose son importance, son mérite, sa nécessité : elle décerne de justes éloges à ceux qui y sont fidèles; elle presse avec zèle ceux qui seraient portés à se relâcher ; mais elle ne tolère jamais les infracteurs ; elle reprend, elle prie, elle excite, elle arrête. Pour faire partout vivre et prévaloir la règle, elle menace doucement, elle exige fortement, elle réprime avec fermeté ^ : et avec la règle, l'ordre, le bien, la religion, les
* La crainte de l'impopularité est toujours inconciliable avec le devoir : un triste mépris en est souvent le seul fruit réel. J'en ai toujours fait l'observation, et le sage Quintilien l'avait observé avant moi : Non austeritas ejus tristis, non dissoluta sit comitas, neinde odium^ liinc contemptus oriatur. (Quintil., H, 2.)
* Illis mit hebetibus et obtusis, mit mala consuetudine obsessis, dm rubigo miimariim effricanda est. (Senec, Epist. 95.)
Inest intérim animis voluntas bona ; sed torpet, modo déliais, modo officii inscientia (Ibid. )
Sunt quidam nisi institeris, remîssi : quidam imperia indignantur : quosdam continet motus, quosdam débilitât. (Quintil., I, 3.)
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mœurs et les lettres prospèrent, et toutes les œuvres entreprises sont couronnées de succès.
Cette vie toujours active, toujours nouvelle que la discipline, par son infatigable vigilance, procure au règlement, est sans contredit le plus grand, le plus précieux des avantages; car par là on prévient, autant qu'il est possible, les rigueurs de la justice, en prévenant les infractions ellesmêmes ; l'inflexible sévérité devient moins nécessaire h la correction, parce que la Discipline ne laisse guère possibles que des fautes de fragilité, pour lesquelles on peut admettre les ménagements d'une indulgence éclairée. Ceci aide encore à entendre comment c'est l'exactitude, la vigilance, l'uniformité constante, plus que la sévérité, qui constituent une bonne Discipline.
7« Enfin, la Discipline est, quand il le faut, la vengeresse des infractions.
Je me bornerai à rappeler ici que c'est le soin de ne laisser jamais rien de coupable passer sans une répression convenable, qui fait de la Discipline le nerf du règlement et le vengeur respecté de ses infractions. Non-seulement cette exactitude à ne rien laisser dévier sans le redresser est le devoir de la Discipline répressive, mais elle en fait toute la vigueur et l'honneur. C'est par là, en effet, que la répression a toujours un noble caractère ; elle n'apparaît jamais comme un caprice de mauvaise humeur, ni comme une boutade de sévérité, mais toujours comme la protection de l'ordre et de la règle. C'est par là aussi que la répression est vraiment efficace ; car c'est surtout l'exacte répression qui enlève au coupable, ou à ceux qui seraient tentés de devenir ses imitateurs, tout espoir d'impunité.
C'est l'exactitude et la constance de la répression qui fait de la Discipline une œuvre intelligente et non une œuvre matérielle et violente, une œuvre de conscience et non une œuvre de fantaisie et de hasard, une œuvre de
zèle et non une œuvre de négligence et de laisser-aller.
Mais que doit être la répression, la correction?
Ici se présente la grave question des châtiments dans une maison d'Éducation : question que je traiterai à part et avec les développements convenables, lorsque j'examinerai quel système pénitentiaire peut admettre la haute Éducation intellectuelle, et aussi quelle doit être la femieté de Vinstltuteur.
J'en ai dit assez pour mettre en son jour le plus évident la grande importance de la Discipline dans l'Éducation. On le voit : si la Discipline n'est pas l'Éducation elle-même, elle en est un moyen indispensable, un soutien absolument nécessaire.
Je résumerai volontiers tous les avantages de la Discipline sous une image simple, dont la justesse fera excuser la familiarité.
La Discipline est à l'Éducation ce que l'écorce est à l'arbre qu'elle entoure : c'est l'écorce qui retient la sève, qui la garde, qui la dirige, qui la force de monter au cœur de l'arbre, de se répandre dans ses fibres et dans ses rameaux, pour les nourrir des sucs les plus purs de la terre.
De la sève ainsi contenue et dirigée, se forme un tronc solide et ferme, dont les branches portent en leur temps des feuilles, des fleurs et des fruits : enlevez l'écorce à une de ces branches, cette branche sera bientôt desséchée : ôtez l'écorce du tronc lui-même, et l'arbre périra.
L'écorce ne paraît qu'une enveloppe grossière, mais elle conserve à l'arbre et à toutes ses parties leur force et leur vigueur : de même, la Discipline paraît quelquefois pour l'Éducation une écorce un peu âpre et rude, mais c'est elle qui conserve, qui élève, qui fortifie tout.
CIL IV. — l'instruction. ^37
CHAPITHE lY L'Instruction.