‹ De l'education (volume 3)Chapitre 63 sur 67 · CH. IX. — QU'IL NE FAUT PAS SACRIFIER, ETC · texte numérisé non relu

CH. IX. — QU'IL NE FAUT PAS SACRIFIER, ETC

commerciale, agricole, artistique, ouvrière, je ne puis être ici suspect.

Je ne demande pas que VÈducation essentielle fasse jamais négliger VÈducation professionnelle. Je veux, au contraire, qu'elle y prépare de loin, qu'elle y aide, qu'elle l'éclairé, la fortifie, retende et l'élève ; je veux qu'après avoir formé l'honnête homme, l'homme distingué d'esprit et de cœur, on s'applique à en faire, selon sa vocation, un jurisconsulte savant, un médecin instruit et dévoué, un militaire exercé et intrépide, un habile artiste, un bon ouvrier.

En un mot, je ne viens pas opposer ici le collège, qui devrait être la digne et forte personnification de VÈducation essentielle, h VÈcole spéciale, qui donne et qui personnifie V Instruction professionnelle.

Je demande seulement que VInstruction professionnelle ne fasse pas sacrifier VÈducation essentielle, eX, pour me faire mieux entendre, que VÈcole spéciale ne tue pas le collège.

Je demande enfin qu'on ne se hâte pas d'arracher le jeune homme du collège où on le fait homme, pour le jeter, avant le temps, à VÈcole spéciale, à l'École polytechnique, par exemple, où on ne le fera que mathématicien.

Sans doute, l'Éducation doit étudier les aptitudes et les cultiver avec zèle ; mais elle ne doit jamais, pour faire un médecin, un avocat, un ingénieur, un militaire ou un marin, oublier de former l'homme. :..^,. ,:.

La vocation se manifeste : cet enfant (semble appelé [à tel état. Il faut recueillir soigneusement Jles ^indices de cette vocation naissante et lui donner au temps voulu les soins spéciaux qu'elle réclame; mais il faut, en attendant, s'appliquer k former l'homme qui appartient à tous les états, l'homme raisonnable, l'homme juste, l'homme honnête, l'homme de bien, l'homme de sage et ferme intelligence.

Une s'agit pas tant, dit un philosophe chrétien, de former des gens d'Église, des militaires, des magistrats, que des

hommes qui puissent devenir militaires^ magistrats^ gens cVÉglise. (M. de Bonald.)

Je dirai mieux : s'il est des professions qui exigent l'apprentissage dès l'enfance, ou des natures qui se refusent à l'enseignement des Lettres, soit : mais servez-vous alors, pour faire leur Éducation intellectuelle, de l'Instruction professionnelle elle-même ; ouvrez-leur, dès que vous le voudrez, les Écoles spéciales, mais ne leur refusez pas, là plus qu'ailleurs, l'Éducation religieuse et morale, dont tous sont capables et dont tous ont besoin, et qui, elle aussi, avec le secours des études particulières qui leur conviennent peutêtre mieux, en fera des hommes comme l'Éducation doit toujours se le proposer et toujours pouvoir le faire.

In plerisque manifestum est, dit Quintilien, non naturam defecisse, sed curàm : Quand Vhomme vient à manquer dans un enfant, c'est presque toujours Téducation, et non pas la

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