XIV INTRODUCTION
rosée! que la terre s'entr'ouvre et qu'elle germe son Sauveur!
Ce fut Jésus-Christ ! et il montra accomplie en lui-même, aux dépens de sa propre Yie, cette grande vérité : que pour être l'Homme de Dieu et l'Homme des peuples, que pour être un Sauveur, il faut se dévouer, souffrir, mourir.
Le nom qui lui fut donné par les prophètes et par les anges disait sa destinée. Les prophètes le nommèrent r Attente et le Désiré des nations, en même temps que VHomme des douleurs^ VmuM dolorum, et les anges le nommèrent Jésus, c'est-à-dire Sauveur.
Être attendu, providentiellement espéré ; être le besoin et le vœu des peuples, et répondre à ce besoin, à ce vœu, par un dévoûment qui va jusqu'à la mort : rien n'est plus grand dans les destinées humaines. Et c'est un trait incomparable de grandeur pour le christianisme, que les chrétiens adorent un Sauveur incontestablement attendu pendant quarante siècles, et mort sur une croix pour racheter l'humanité.
Voilà les lumières que l'Évangile jette sur le sujet qui nous occupe ; et, si nous descendons maintenant de ces hauteurs, nous trouverons encore bien des vérités importantes à méditer.
Il en est une que je veux remarquer d'abord : c'est que, quand Vhomme de la Providence est donné, les hommes surgissent autour de lui.
Nous en avons eu chez nous un mémorable exemple : quand le Premier Consul répondit au vœu universel, et
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devint Vhomme de la France, ce fut un beau spectacle de voir comment il rassembla autour de lui, éleva, multiplia les hommes pour la grande œuvre de régénération sociale.
Tout fut un moment sauvé ; et, s'il n'était -pas devenu l'homme de l'ambition et de l'orgueil, s'il fût demeuré toujours l'homme du bon sens et de la sagesse providentielle, la France, aujourd'hui, serait assurément plus heureuse, plus forte, plus puissante que nous ne la voyons.
Ces hommes de la Providence, quand ils sont fidèles à leur glorieuse mission, dominent leur temps, font leur siècle, impriment un mouvement à l'humanité tout entière, et laissent la trace immortelle et bénie de leur passage sur la terre : témoin les siècles d'un saint Louis, d'un Charlemagne î
Et cela sans charlatanisme, sans le mensonge des phrases, sans l'orgueil de la tyrannie.
Saint Paul n'a pas proclamé son siècle le siècle des lumières, et il a illuminé le monde.
Saint Vincent de Paul n'a pas proclamé son siècle le siècle de la philanthropie, et il a été le grand consolateur de rhumanité souffrante.
Non seulement ces hommes dominent leur siècle, mais ils sauvent leur siècle; ils élèvent ;leur siècle; ils créent leur siècle.
Voilà les hommes qu'il faut demander au ciel, j Notre orgueil a beau s'agiter, s'irriter , nous ne serons sauvés que par des hommes envoyés de Dieu pour nous sauver.
Quant à nous, quels sont les hommes que nous devons chercher à former par l'Éducation et préparer, s'il se