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VINGT-TROISIÈME LEÇON

Sommaire. — I. Le service militaire. — II. Devoirs du citoyen en temps de guerre. — III. Devoirs des femmes en temps de guerre. — IV. Le vote. Devoirs électoraux. — V. Conseils aux électeurs.

La patrie, nous Favons vu, est une personne morale : comme telle elle a le droit et le devoir de défendre ses intérêts, son honneur, son existence, qui ne sont après tout que les intérêts, l'honneur, l'existence des citoyens.

Pour cela, elle a une armée, une flotte, des forteresses. Il lui faut des soldats et des marins.

Tout citoyen, légalement appelé pour le service militaire, doit s'y rendre avec empressement. Il ne doit ^pas simuler des infirmités qui le rendent impropre à porter les armes, encore moins pratiquer sur lui-même des mutilations pour se faire réformer. Dans les deux cas, sa conduite serait d'un lâche, et il encourrait d'ailleurs de justes punitions.

Une fois incorporé, le jeune soldat se prêtera de bonne volonté à toutes les exigences de la discipline, fera tous ses efforts pour acquérir aussi complètement et aussi rapidement que possible, les connaissances techniques, le maniement des armes, surtout l'esprit militaire, c'est-à-dire les sentiments de confraternité, d'honneur, de dévouement, qui font la force d'une armée.

Il aura pour ses chefs l'obéissance sans réserve, leur témoignera un respect absolu. Les moqueries à l'égard des supérieurs ne peuvent que diminuer leur autorité morale, et affaiblir les liens de la hiérarchie. Tout citoyen d'ailleurs est tenu de respecter, chez le plus humble soldat, comme chez le ministre de la guerre, cet uniforme glorieux, sainte livrée de la patrie, et quant à ces plaisanteries faciles par lesquelles on croit parfois spirituel de ridiculiser ceux qui le portent, elles ont le tort d'offenser ; avec le bon goût, toutes les nobles choses dont l'armée est le vivant symbole.

L'uniforme impose au soldat, dans toute sa conduite, un redoublement de surveillance sur lui-même. Il ne doit pas un instant oublier qu'en le déshonorant, il ne se déshonore pas seulement lui-même, mais compromet, autant qu'il est en lui, la grande famille à laquelle il appartient. Aujourd'hui qu'en France tout le monde est soldat, l'armée doit être plus que jamais une école de dignité morale, de vertus sociales et civiques. Ces vertus, d'ailleurs, font plus pour la force réelle d'une armée, que l'armement le plus perfectionné ou la plus savante stratégie.

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