‹ De l'educationChapitre 102 sur 178 · IL — DEVOIRS DU CITOYEN EN TEMPS DE GUERRE · texte numérisé non relu

IL — DEVOIRS DU CITOYEN EN TEMPS DE GUERRE

A partir de quarante ans, le citoyen français a payé l'impôt du sang. Mais il a encore des devoirs militaires. En cas d'invasion, par exemple, lors même que la loi ne l'y contraindrait pas, il faut qu'il reprenne le fusil. Est-il trop vieux, malade ou infirme? s'il peut encore servir dans les ambulances ou dans les services auxiliaires, il le doit. Il doit exalter les courages autour de lui, faire taire ceux qui se plaisent à prédire la défaite, espérer quand même, et communiquer son espoir, ne se laisser abattre par aucuns revers, donner son argent, mettre lui-même les armes aux mains de ses enfants, les enflammer de son ardeur, étouffer les révoltes et les angoisses de la tendresse, et, s'il est frappé d'un de ces coups qui brisent la vie à jamais, souffrir et pleurer, mais sans accuser la patrie, ni regretter d'avoir, même à ce prix, fait son devoir. Aux mères, surtout, ces choses pourront sembler bien dures ; à elles pourtant non moins qu'aux pères, s'impose le devoir militaire dans sa grandeur la plus sublime : faire de leurs fils des soldats, les pénétrer du mépris du danger, préférer pour eux la mort du brave à la vie déshonorée du lâche.

En temps de guerre, les vertus du soldat sont le courage, la patience,- la résignation. Nous disons vertus, parce que ce sont là des dispositions permanentes, plutôt que des actes, et qui supposent des habitudes depuis longtemps contractées. Le soldat peut

n'avoir pas eu jusque-là l'occasion de les mettre en pratique ; mais il doit y avoir préparé son âme, autant que son corps s'est exercé à la fatigue et au maniement des armes. Les balles et les obus, les privations de toutes sortes, le manque de nourriture, la chaleur et le froid le trouveront impassible; il subira tout cela avec la sérénité que donne le sentiment du devoir, car tout cela c'est pour la patrie.

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