‹ De l'educationChapitre 127 sur 178 · XÉNOPHON, Mémorables. (Trad. de M. Talbot, I. I", ch. v · texte numérisé non relu

XÉNOPHON, Mémorables. (Trad. de M. Talbot, I. I", ch. v

duit point par des éclats bruyants, mais il a la gaieté discrète, « le rire des honnêtes gens ».

III. — Le sentiment de Vhonneur est moralement inférieur au respect de soi-même : les manifestations de ce sentiment dans la vie mondaitie, les actions qu'il impose ou approuve, l'établissent surabondamment. Mais, éclairé, purifié par l'idée du devoir, il devient le sentiment de la dignité personnelle, et se confond avec le respect de soi-même.

Les principales vertus qui sont la conséquence du respect de soi-même sont la tempérance, la prudence, le courage.

IV. — La tempérance est la vertu qui consiste en général à combattre les exigences grossières de la sensibilité. Les exigences de la vie physique obligent à boire et à manger, et le plaisir modéré qui accompagne ces fonctions est légitime. Poussé à l'excès, il devient l'ivrognerie et la gourmandise, vices méprisables et dégradants.

La tempérance combat aussi la mollesse et la paresse. Elle consiste également à supporter les privations sans se plaindre et sans trop souffrir.

V. — La tempérance produit d'ailleurs les plus heureux effets. Elle assouplit le corps et prévient les maladies; elle fortifie la volonté, et, par la volonté, le corps devient le serviteur docile de l'âme, l'esprit triomphe de la matière.

Cette vertu, en prévenant la satiété et le dégoût, est même un assaisonnement délicat pour les plaisirs des sens dont elle combat les excès.

Enfin, grâce à la tempérance, Thomme prolonge son existence, tout en conservant l'intégrité de ses facultés intellectuelles pour son plus grand bien, et pour le bien de sa famille et de la société. La tempérance est comme une démonstration indirecte de la spiritualité de l'âme.

Ouvrages à consulter :

GicÉRON, Traité des Devoirs. (L. I, ch. xxiv, xxxii.) Paul Janet, La Philosophie du bonheur.

Ad. Franck, La Morale pour tous.

Page 1