‹ De l'educationChapitre 169 sur 178 · Essais : De la superslition · texte numérisé non relu

Essais : De la superslition

tera sur vous ou sur vos enfants comme un animal furieux; il vous déchirera à belles dents ou lâchera sur vos terres quelque bête féroce qui en dévore les fruits*. »

Le superstitieux outrage la divinité en lui prêtant le& faiblesses et les vices de la nature humaine. Il la suppose cruelle, jalouse, toujours altérée de vengeance pour des offenses imaginaires; de là une terreur servile, qui l'opprime à tous les instants de sa vie, et le pousse à de continuelles expiations. Nous devons concevoir Dieu comme la bonté parfaite; en conséquence l'aimer plutôt que le craindre. Non que, pour une âme religieuse, la crainte de Dieu ne soit, en un sens, légitime et salutaire; mais elle doit pratiquement se ramener à celle de violer la loi morale. C'est superstition que de s'imaginer l'Etre souverainement sage et bon édictant des prescriptions puériles ou absurdes et préparant des supplices sans fin à ceux qui ne les auront pas observées.

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