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IL — CONDITIONS QUI DIMINUENT OU SUPPRIMENT LA RESPONSABILITÉ

Certaines conditions diminuent ou suppriment passagèrement la responsabilité. Un homme, dans un accès de délire ou de somnambulisme, de fièvre chaude, sous l'empire d'une hallucination, devient meurtrier ou in- <;endiaire. On n'hésitera pas à le déclarer irresponsable.

Il semble qu'une passion violente, comme la colère, la jalousie, enlève à l'homme son libre arbitre. La -colère, dit un poète latin, est une courte folie. En conclurons-nous que nous cessions d'être responsables, quand nous agissons sous l'influence de la passion?

Non, car la passion ne devient irrésistible que parce que nous l'avons laissée grandir. Si nous l'avions dès l'origine énergiquement combattue, jamais elle n'aurait réussi à subjuguer le libre arbitre. D'ailleurs, quelque violente qu'elle soit, il est toujours possible, par \m e.ffort suprême, de n'y pas succomber.

Le cas de l'ivresse est analogue. Selon l'expression populaire, l'homme ivre ne sait plus ce qu'il fait. Mais, avant de s'enivrer, il sait que l'ivresse pourra lui faire •commettre des actes délictueux ou criminels. Il sait ([u'il va aliéner son libre arbitre et se réduire à un état dégradant.

m MORALE PRATIQUE.

De même pour Thabitude. Quand ^lle est invétérée ^ il est presque impossible de lutter contre elle, bien qu'une volonté, rassemblant toutes ses forces, ne puisse manquer d'y parvenir. Mais il dépendait de nous de ne pas contracter cette habitude mauvaise ou de la déraciner à temps.

Qu'il s'agisse donc de l'habitude, de l'ivresse ou de la passion, nous avons la responsabilité, non peut-être des actes mêmes qu'elles nous font commettre, mais de la faiblesse coupable que nous avons eue de nous laisser peu à peu dompter par elles. La responsabilité remonte ici dans le passé, jusqu'au moment où la volonté, pouvant encore aisément résister, ne l'a pas fait.

On a pu soutenir que le manque absolu d'éducation morale supprimerait la responsabilité. Mais l'hypothèse d'un enfant qui arriverait à l'âge adulte sans avoir entendu parler du bien et du mal, est irréalisable dans nos sociétés modernes.

Dans celles surtout, comme la nôtre aujourd'hui, où l'instruction est obligatoire, personne ne peut plus invoquer pour excuse qu'il ignorait les devoirs les plus élémentaires imposés à tout homme.

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