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IV. — PRINCIPAUX TYPES DE LA FAMILLK

Mais la famille n'a pas toujours présenté dans l'his-

toire la même constitution. Les deux types principaux sont le type polygamique et le type monogamique.

Le premier est formé du père, de plusieurs épouses et généralement d'un assez grand nombre d'enfants. Nous ne nous y arrêterons pas. C'est un type inférieur, que les races civilisées ont depuis longtemps proscrit.

Le type monogamique est le seul qui soit réellement conforme à la dignité comme aux intérêts essentiels des différents membres de la société domestique. Dans la famille monogame, l'affection du père, concentrée sur une seule épouse et sur un nombre restreint d'enfants, est à la fois plus vive, plus durable et plus morale. L*époux n'a plus à craindre les rivalités de femmes acharnées à se supplanter et à assurer tous les avantages à leurs propres enfants, au détriment de ceux de leurs rivales. D'autre part, la femme n'a pas à redouter la perte d'une tendresse à laquelle elle a seule un droit exclusif. Elle est l'épouse, la compagne unique du mari, la reine vénérée et incontestée du foyer. Elle travaille avec un zèle sacré à la prospérité commune, certaine que ses enfants en recueilleront tous les fruits. Enfin, les enfants eux-mêmes aiment et respectent plus un père que ne dégrade et ne compromet pas à leurs yeux le partage entre plusieurs objets de l'affection conjugale, une mère à qui personne ne dispute le cœur et la pensée de son époux. Ils ne se haïssent et ne se jalousent pas entre eux, comme ceux de la famille poly game, car ils se savent également chers à leurs parents et nulle influence installée dans la maison même ne travaille sourdement contre leurs intérêts.

Quelques philosophes* ont fait valoir, en faveur de la famille polygame, qu'à une certaine phase de la vie des sociétés, elle était plus favorable que l'autre à l'accroissement do la population, et c'est là un intérêt social de premier ordre. Nous ne discuterons pas cette assertion, mais nous ferons observer qu'à toutes les époques il n'y a pas d'intérêt social supérieur à l'accroissement, chez l'individu, du sentiment de la dignité personnelle, à l'épuration des sentiments, au développement des parties les plus hautes de sa nature. Or, si la famille monogame contribue dans une large mesure à ces résultats, elle l'emporte toujours, même au point de vue de l'utilité sociale, sur la famille polygame.

Les devoirs domestiques se divisent en devoirs des époux entre eux, devoirs des enfants envers les parents, devoirs des parents envers les enfants, devoirs des frères et sœurs entre eux.

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