Entre autres, M. Herbert Spencer
pour faire vivre honorablement les siens. La jeune fille doit s'y préparer, de son côté, par l'apprentissage des vertus qui feront d'elle l'orgueil et le bonheur de son époux, le charme du foyer, la mère irréprochable, la consolatrice des misères inévitables de la vie. Ces vertus sont la douceur, la modestie, la patience, la bonne humeur, le courage aussi et la résignation.
Ce qui doit déterminer le mariage, ce sont moins les attraits extérieurs ou la richesse que la sympathie des caractères et la douce séduction qu'exercent les qualités morales. Il importe que les âges et la fortune ne présentent pas de trop fortes inégalités. Les mariages qu'on appelle mal assortis, sont rarement heureux.
Une fois contracté, le mariage impose aux époux l'obligation d'une affection réciproque, d'une confiance absolue, d'une fidélité inaltérable. On dit parfois que l'affection, la confiance, ne se commandent pas. Mais ces deux sentiments ont dû préexister au mariage, par suite, ils ne sauraient s'altérer sans qu'il y ait de la faute soit du mari, soit de la femme. Mais si l'un des époux cesse de mériter l'amoiir et la confiance de l'autre, ce n'est pas une raison pour que celui-ci s'arme à son tour de défiance et de haine. Une affection vraie et profonde ne meurt pas ainsi au premier mécompte; elle s'attache avec une sorte d'opiniâtreté généreuse à son objet, même indigne, refuse de voir les torts aussi grands qu'ils sont, plaide éloquemment devant ellemême la cause du coupable, et souvent, à force d'abnégation, de tendresse, de dévouement, finit par le reconquérir tout entier.
Quant au devoir de fidélité, il n'est pas moins rigoureusement obligatoire pour le mari que pour la femme. Tous deux ont juré de l'observer, tous deux sont également parjures s'ils y manquent.
« Les époux, dit le Gode civil, se doivent mutuellement fidélité, secours, assistance (art. 812). »
(( Le mari doit protection à sa femme, la femme doit obéissance à son mari (article 313). »
L'autorité, en effet, appartient, de droit, à celui qui est présumé avoir le plus d'expérience, le plus de force physique et d'énergie morale. En fait, l'atfection tempère l'autorité, et les époux, unis de cœur, d'intérêts, d'intentions, doivent n'avoir qu'une volonté. Les dissentiments passagers céderont sans peine à une persuasion toute pénétrée de douceur et de patience. Dans un bon ménage, la puissance maritale n'a pas à invoquer la loi : elle est obéie sans avoir à commander, parce qu'elle ne veut que le bien, le bonheur de la famille, et que dans la famille telle que la constituent l'affection et le devoir, aucun conflit sérieux ne saurait jamais se produire.
RÉSUMÉ
I. — Les devoirs sont les applications parliculières du Devoir, La Verhi est l'habitude qui résulte de la pratique du devoir. Les verttis sont les habitudes résultant de la pratique constante des devoirs.
fe LES DEVOIRS, LES VERTUS. 79
R Conformément à l'étymologie du mot, la vertu est # une force. C'est la volonté luttant pour le devoir. Pour cette raison, la vertu est méritoire.
Le mérite n'est pas supprimé par l'habitude, qui rend le bien plus facile à pratiquer. Il reste le mérite d'avoir acquis la vertu. D'autre part, la volonté peut et doit toujours combattre pour conserver les positions conquises et y ajouter de nouvelles conquêtes.