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IV. — AUTRES DEVOIRS ENVERS LES PARENTS

D'autres obligations, plus précises et plus spéciales, s'imposent aux enfants à l'égard des parents. Ils leur doivent tous les genres d'assistance ; les recueillir et les

pas de qui lui viennent ces soins affectueux, qui ne peut pas même faire connaître ce dont il a besoin, tandis que la mère cherche à deviner ce qui lui convient, ce qui peut lui plaire, et qu'elle le nourrit jour et nuit, au prix de mille fatigues, et sans savoir quel gré la payera tïe ses peines. Mais c'est peu de nourrir les enfants ; dès qu'on les croit en âge d'apprendre quelque chose, les parents leur communiquent toutes les connaissances utiles qu'ils possèdent eux-mêmes; ou bien, ce qu'ils croient un autre plus capable de leur enseigner, ils les envoient l'apprendre auprès de lui, sans épargner la dépense ni les soins, mais faisant tout pour que leurs fils deviennent les meilleurs possible ».

A cela le jeune homme répondit : « Oui, certes, elle a fait tout cela et mille fois plus encore, mais personne ne pourrait supporter son humeur. » Alors Socrate : « Crois-tu donc, dit-il, que l'humeur sauvage d'une bête soit plus insupportable que celle d'une mère? — Non vraiment, du moins d'une mère telle que la mienne. — Est-ce que par hasard elle t'aurait fait quelque morsure ou lancé une ruade, comme tant de gens en reçoivent des bêtes? — Mais, par Jupiter, elle dit des choses qu'on ne voudrait pas entendre au prix de la vie. — Et toi, dit Socrate, combien, depuis ton enfance, ne lui as-tu pas causé de désagréments insupportables, et de parole, et d'action, et le jour, et la nuit? combien de soucis ne lui ont pas donnés tes maladies? — Mais, du moins, je ne lui ai jamais rien dit, jamais rien fait dont elle eût à rougir. — Quoi donc? dois-tu trouver plus pénible d'entendre ce qu'elle te dit, qu'il ne l'est aux comédiens d'écouter les injures qu'ils se prodiguent mutuellement dans. les tragédies? — Mais, à mon avis, comme ils ne pensent pas que celui qui les injurie les injurie pour leur infliger une peine, ni que celui qui les menace les menace pour leur faire du mal, ils endurent facilement ce qu'on leur dit. — Et toi, qui sais bien que ta mère, quoi qu'elle te dise, le dit sans songer à mal, mais qu'elle voudrait te voir aussi heureux que personne, tu t'irrites contre elle? crois-tu donc que ta mère soit pour toi une ennemie? — Non certes,, je ne le crois point. » Alors Socrate : « Eh bien, cette mère qui t'aime^ qui prend de toi tous les soins possibles quand tu es malade, afin de te ramener à la santé et que rien ne te manque, qui, en outre, prie le»

nourrir s'ils sont indigents, les soigner s'ils sont malades. La loi civile en fait d'ailleurs l'objet d'une prescription formelle, car le motaliments, qu'elle emploie, ne désigne pas seulement la nourriture, mais tout cBqui, dans le sens le plus large, est nécessaire à la santé et à la vie. Mais sur ce point l'exécution stricte de la loi civile ne satisfait pas à ce qu'exige la morale. Il faut que l'amour, la reconnaissance, d'un mot la piété filiale, multiplient, transfigurent ces secours et ces soins. Il faut que jusqu'à la dernière minute de la dernière heure, les vieux parents sentent près d'eux la tendresse consolatrice de leurs enfants. Ce n'est pas tout, il faut qu'ils sentent que, morts, ils seront toujours de la famille, et toujours vivants dans le souvenir des leurs. Conserver pieusement la mémoire des parents, la perpétuer par l'observance des anniversaires, la raviver et l'entretenir chez ses propres enfants qui souvent étaient bien jeunes quand le grand-père et la grand 'mère sont partis; s'inspirer de leurs conseils, de leurs exemples, puiser dans la pensée qu'ils sont encore là et qu'ils approuvent, le courage d'une résolution généreuse, d'un acte de charité et de dévouement : — voilà les suprêmes devoirs qui, arrachant, pour ainsi dire, leur objet à la mort, sont plus sacrés peut-être que celui de la sépulture.

dieux de te prodiguer leurs bienfaits et s'acquitte des vœux qu'elle a faits pour toi, tu te plains de son humeur ? Pour moi, je pense que si tu ne peux supporter une telle mère, tu ne peux supporter rien de bon. » (XÉNOPHON, Mémorables, 1. II, ch. ii, trad. de M. Talbot, t. I, J). 40-42.)

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