‹ De l'educationChapitre 38 sur 178 · VI. — l'esprit de famille · texte numérisé non relu

VI. — l'esprit de famille

Les enfants doivent rester attachés aux traditions de leurs familles, en ce qu'elles ont d'honorable et de légitime. Ils doivent être fiers d'un^nom roturier, qui n'a jamais été flétri, eomm-e d'autres le sont d'un nom re-

cueilli par l'histoire et immortalisé par maints exploits. Rougir de son nom, parce qu'il est obscur, et le changer contre un autre, est petitesse et lâcheté. C'est de plus injure grave à la mémoire du père et des ancêtres, qui s'en sont contentés. C'est un manquement coupable à la piété filiale. Un héritage de probité et d'humbles vertus vaut la plias éclatante noblesse. C'est à nous d'illustrer, par nos œuvres, nos talents, plus de vertus encore, ce nom transmis inconnu jusqu'à nous, et d'anoblir du même coup, la série indéfinie de nos aïeux ignorés. Par là nous accomplirons un dernier devoir filial, celui qui nous lie à ces générations lointaines dont le sang fait battre nos artères et dont la pensée même, s'il faut en croire certains psychologues, est encore écrite dans les plis de notre cerveau.

RESUME

I. — Les devoirs des enfants envers leurs parents sont la conséquence des nombreux bienfaits qu'ils en reçoivent. En premier lieu, ils leurs sont redevables de la vie, qui est un grand bien, quoi qu'en disent les pessimistes.

II. — Les parents sont les représentants de la Divinité. Aussi le sentiment qui unit les enfants aux parents s'appelle-t-il piété filiale. La piété filiale implique l'amour, la reconnaissance, le respect et l'obéissance.

Vamour est d'abord naturel et spontané : la ré-

flexion en fait un devoir, et provoque aussi la reconnaissance,

MI. — Ces sentiments disposent en outre à V obéissance, La vraie obéissance est celle où l'esprit, le cœur et la volonté sont d'accord pour exécuter et même prévenir les ordres des parents.

Le fils, devenu à son tour chef de famille, n'a plus guère à pratiquer l'obéissance; mais les autres devoirs subsistent même à l'égard des parents ayant des faute^ à se reprocher. Il n'appartient pas à leurs enfants de les juger ni de les mépriser.

IV. — Un autre devoir est V assistance : les enfants doivent subvenir à tous les besoins de leurs parents, quand ceux-ci sont privés de ressources. Ce devoir sera rempli avec empressement et délicatesse.

V. — Les devoirs ci-dessus seront pratiqués à l'égard des grands-parents. Les rapports entre ceux-ci et les petits-enfants impliquent une douce "familiarité qui leur donne beaucoup de charme.

VI. — Les enfants cultiveront Vesprit de famille. Ils auront à cœur d'ajouter par leurs propres vertus au patrimoine d'honneur légu^ par leurs ancêtres.

Ouvrages à consulter :

XÉNOPHON, Entretiens inémorables de Socrate. (L. Il, ch. n, m.)

Paul Janet, La Famille.

A. BuRDEAU, Devoir et Patrie. (Ch. n et in.)

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