‹ De l'educationChapitre 4 sur 178 · IT. — LE DÉTERMINISME EXTERNE ET LE DÉTERMINISME INTERNE · texte numérisé non relu

IT. — LE DÉTERMINISME EXTERNE ET LE DÉTERMINISME INTERNE

Les déterministes nient la liberté. En fait, disent-ils, l'homme moral dépend tout entier des circonstances et -des conditions au milieu desquelles il existe et se développe. Il dépend d'abord et avant tout des dispositions de son corps; selon que celui-ci est sain ou malade, robuste ou chétif, selon que le tempérament est sanguin, bilieux, nerveux ou lymphatique, les sentiments, les idées, la conduite sont différents. L'organisme et le tempérament sont déterminés eux-mêmes par le sol, le climat, le régime, la race, la constitution physique transmise par les parents à leurs enfants. Toutes ces influences si nombreuses, si variées, si puissantes, façonnent d'une manière irrésistible l'organe de la conscience : tel cerveau, telle pensée et telle volonté.

L'homme moral, ajoute-t-on, est façonné plus directement encore par les opinions, les préjugés, les mœurs de son époque et de son pays, les exemples qui entourent son enfance, l'éducation qu'il reçoit. Son intelligence, son caractère sont l'effet, \d. résultante de toutes <îes causes et déterminent absolument ses actions.

Mais les déterministes ne s'en tiennent pas là ; consi- Kiérant une quelconque de ces résolutions que nous <îroyons prendre en toute liberté, ils se demandent d'où elle vient. Évidemment elle ne vient pas de rien; il faut quelque chose qui l'explique. Ce quelque chose est un motif. Nous voulons ceci ou cela. L'idée du but à at-

OBJECTIONS CONTRE L'EXISTENCE DE LA LilîERTÉ. 19

teindre est le motif qui nous décide. Entre plusieurs motifs, celui-là l'emportera nécessairement qui, par lui-même, est le plus fort. Pour les uns, le plaisir aura un attrait tout-puissant ; tels autres seront plus sensibles à la beauté du devoir. Atïaire de tempérament, d'éducation, d'habitude. A moins de soutenir que la |: décision volontaire n'a aucun antécédent, est un effet sans cause, il faut bien qu'elle s'e:xplique entièrement par la force prépondérante du motif qui l'a dictée. Ge motif lui-même est le résultat des dispositions morales antérieures où s'est trouvé chacun de nous ; ces dispositions à leur tour viennent de causes antécédentes aussi nombreuses que diverses. Dans l'âme, comme en dehors d'elle, le déterminisme règne souverainement et rend impossible la liberté.

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