III. — ASSISTANCE DANS LE PÉRIL
La bienfaisance n'a pas seulement pour objet de secourir les malheureux et les déshérités : elle nous porte aussi à prêter assistance à nos semblables dans le péril. Les circonstances où cette obligation s'impose peuvent être rares : dans la vie ordinaire, on n'a pas tous les jours à sauver quelqu'un d'un danger. Peutêtre aussi faut-il pour cela une présence d'esprit, une force ou une adresse que la meilleure volonté du m onde ne donne pas. Mais un amour sincère du prochain entretient dans l'âme une disposition générale à venir au I secours du prochain, et fait que l'homme vraiment charitable trouve en soi, quand l'occasion l'exige, des
ressources qu'on ne lui soupçonnait pas. Dans un incendie, dans un naufrage, on voit parfois de modestes artisans, de simples matelots ou passagers, faire preuve d'un sang-froid, d'une énergie qui font l'admiration de tous. N'y voyons que la bonne habitude d'une âme qui s'est fait de l'amour du prochain comme une seconde nature, et puise dans cet amour même de soudaines illuminations. C'est la récompense de la charité de n'être jamais prise au dépourvu. L'amour est plus fort que la mort : les victimes que celle-ci croit déjà tenir, par un suprême élan, la charité les lui arrache.