‹ De l'educationChapitre 99 sur 178 · III. — l'impoï · texte numérisé non relu

III. — l'impoï

Pour payer ses fonctionnaires, alimenter les services publics, pourvoir à la défense du sol et de Thonneur national, l'État a besoin de ressources pécuniaires. Elles lui sont fournies par l'impôt.

Acquitter l'impôt est donc un devoir civique. On remplira ce devoir scrupuleusement, c'est-à-dire sans se permettre de frauder l'État ou de détourner quoi que ce soit de ce qui lui est dû. Un bon citoyen ne sera jamais en retard, il sera plutôt en avance pour le payement de ses contributions. Il ne cherchera pas, par des déclarations mensongères, à diminuer les charges que la loi fait peser sur lui. Il ne témoignera aucune mauvaise humeur contre les agents du fisc^ sachant que ceux-ci, en obligeant les contribuables à payer, font elik-mêmes leur devoir et que leur tâch^ est souvent assez pénible. Nous avons déjà dit que toute fraude, quelle qu'en soit la forme, et la victime fût-elle non un particulier mais le trésor public, est un vol.

De tous les impôts, le plus lourd, mais aussi le plus sacré, est celui du sang. En France tout citoyen valide doit le service militaire pendant un nombre d'années déterminé. On ne comprendrait pas, en effet, que quand il s'agit de défendre la patrie, la richesse, le rang, la supériorité intellectuelle, fussent invoqués comme motifs de dispense. La loi peut spécifier certains cas d'exemptions; elle peut, dans l'intérêt même du pays^

abréger pour quelques-uns le temps passé, pendant la paix, sous les drapeaux; mais le principe du service militaire obligatoire pour tous a les caractères de la justice même.

RESUME

I. — Les magistrats proprement dits sont les représentants du pouvoir judiciaire. Ils sont les interprètes de la loi, et participent pour ainsi dire à son inviolabilité. Ils doivent être respectés dans leurs fonctions, et aussi dans leurs personnes, car ces fonctions exigent de hautes qualités morales.

Par extension, on appelle aussi magistrats tous les dépositaires d'une partie de l'autorité publique. Ils ont droit par là même au respect des citoyens. Il n'est pas d'un bon citoyen de critiquer de parti pris les gens qui sont au pouvoir. Sans doute leurs actes doivent être soumis à la sanction de l'opinion publique ; mais celleci doit se montrer modérée et équitable.

II. — La subordination des fonctionnaires les uns aux autres selon les degrés de la hiérarchie, la soumission des citoyens à toutes les prescriptions légales, telle est la condition essentielle de l'ordre public. Pour accomplir son œuvre de conservation sociale et de progrès régulier, l'autorité doit pouvoir s'appuyer sur le respect et l'obéissance volontaire de tous.

Page 1