‹ De l'éducationChapitre 129 sur 245 · ACTE I. SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I. SCÈNE VII

quand il est près d’Ia porte , comme pour dire : Tiens, regarde si tu me verras penser à XxÀ.{Eüe sanglote. ) Ah ! c’est ça qu’est fait pour briser r cœur.

LA VIEILLE

N’allez pas vous disputer , mes enfans , pour savoir laquelle est la plus à plaindre; vous ne finiriez pas une inutile querelle , car le malheur que l’on éprouve paraît toujours le plus dur à supporter. Cherchons plutôt les moyens de vous rendre , à l’une et à l’autre , la paix intérieure et le bonheur qui en est la suite. Voyons, je vais vous écouter avec attention, et je prononcerai ensuite. Voulez-vous vous asseoir ?

MATH UBINE.

Non, la mère; si nos hommes venaient à passer, ils penseraient que nous sommes à parler de nos brouilles, et ça ne raccommoderait pas nos affaires. Vaut mieux avoir l’air de nous promener.

LA VIEILLE

C’est fort juste.... Commencez, Mathurine, et dites-nous ce que votre mari peut avoir à vous reprocher.

MATHURINE

Ma foi , je n’en sais trop rien , la mère; mais faut vous dire c’ que j’imagine qui lui donne de l’himeur. V’ik l’août qu’est arrivé ; tout notre bien est en bon froment ; y a trop d’ouvrage pour lui seul , et n’y a pas un sou marqué à la maison pour payer les

hommes de journée. Tous les jours , depuis que les blés sont mûrs , mon homme va faire le tour de not’ pièce avec moi ; et puis il croise les bras, et dit : Y m’ faudrait quatre scieurs pour tout couper , pour tout rentrer. Un seul homme n’est rien pour un tel ouvrage. Après cela , c’est des propos qui ne finissent pas sur ma dépense. Il me reproche l’argent qu’il m’avait donné; il me demande c’ que j’en ai fait. Rien de mal , assurément. Je ne veux pas que mon homme s’accoutume à me bourrer comme ça; je lui ai répondu; et, ma fine, de querelle en querelle, c’en est venu à être brouillés tôut-à-fait.

LA VIEILLE

Et vous n’avez pas de reproches à vous faire dans l’emploi de cet argent? Je vous croyais une des plus riches de la vallée , et votre parure me paraissait une preuve de votre aisance ; mais je vois que je m’étais trompée.

MATHURINK

Ah! faut avouer que j’ai un peu trop dépensé cet hiver : d’abord j’ai donné une noce superbe à ma nièce; on a bu, mangé et dansé trois jours de suite : je n’y étais pas obligée; mais ma foi j’ nous sommes bien divartis.

LA VIEILLE

N’avez-vous pas fait d’autres dépenses ?

MATEURIN E.

Pardonnez-moi , la mère ; faut en convenir , notre

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