‹ De l'éducationChapitre 150 sur 245 · ACTK II. SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTK II. SCENE VI

le cœur de l’aimable Jeannette. Avez-vous quelque ferme d’une valeur réelle que l’on puisse en ce moment acquérir dans la vallée?

LA VIEILLE

Celle même qui appartint k notre famille pendant près de deux siècles est à vendre depuis trois mois.

M“*. DE MORISCOUHT.

Eh bien! ma chère Jeannette, recevez-la pour dot, et soyez unie au jeune Lefranc, cpie votre cœur désirait et que vos louables principes vous faisaient éviter.

J (C A N ETTË, se jelanl dans ici bras de M°**, de M(»rincourl.

Ah ! ma tante , permettez-moi de me servir d’un titre si doux en vous exprimant ma reconnaissance.

M"'. DE MORINCOURT.

Je désire aussi me fixer auprès de vous , et j’en ckercherai les moyens. Mais partons h l’instant pour Paris. En traversant la ville voisine , je m’informerai des gens d’affaires auxquels il faut s’adresser pour traiter de l’acquisition que je veux faire , et avant peu de jours nous serons tous heureux et nous habiterons tous cette charmante vallée. Mes soins les plus doux seront alors de m’occuper du trousseau et de la noce de ma Jeannette ; allons , ma mère , ma voiture est restée sur le grand chemin , donnezmoi le bras. Une seule minute de ma vie ne s’écou-

lera plus loin de vous, et je ne puis encore m’établir ici.

LA VIEILLE

Avec l’apparence de richesse qui vous environne , votre mère et vos nièces , vêtues en pauvres villageoises, peuvent-elles....

M“*. DE MORINCOURT, l'interroinpanl.

Ah ! c’est une jouissance de plus pour mon cœur, un triomphe pour la vertu. Existe-t-il dans l’univers une fille capable d’arrêter un moment ses yeux sur les vêtemens de celle qui lui donna le jour?... Venez, mes amies, dites adieu à cette pauvre cabane; elle sera incessamment changée en une agréable habitation que ma mère donnera à la famille la plus pauvre du village.

(Elle pread sa mère par le bras en la soutenant d'une manière respectueuse et tendre, et fait un pas pour sortir du tliëâtre.)

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