‹ De l'éducationChapitre 181 sur 245 · SCÈNE lY · texte numérisé non relu

SCÈNE lY

ARABELLA, M-. WHITFELD.

M™'. WHITFELD.

Oui , ma fille , enfant chéri de mon âme , image vivante de ton vertueux père , l’inquiétude, le désespoir m’ont fait sortir de ma retraite , entreprendre le voyage le plus long et le plus pénible. Depuis six semaines , je n’ai pas reçu un seul mot de toi....

TOM. II. l6

AaABELLA.

Je te croyais abandonnée par la tante : d’autres idées bien plus funestes encore s’emparaient de mon esprit.

ARABELLA

Non ; jamais les bontés de ma tante n’ont eu plus de suite et plus d’éclat. Je ne dois mes chagrins qu’à son excessive tendresse. Mais vous n’avez donc pas reçu un Irlandais qui s’était chargé de vous communiquer les vues de lady Goldenall sur votre Arabella , et qui avait répondu qu’il rapporterait votre consentement au lien que l’on veut me faire contracter?

M™V WHITFELU.

Je n’ai vu personne, je n’ai reçu aucun avis; mais j’ai toujours craint qu’au moment de t’établir mes droits ne fussent méconnus, et que l’amour de la richesse ne déterminât ma belle-sœur à te sacrifier à quelque être peu fait pour apprécier et posséder une àme comme la tienne.

A R ABELLA.

Je n’ai point ce reproche à lui faire. {A part.) Que ne m’a-t-elle présenté un objet indigne de mes vœux !

M***. \V UlT F EL D, regardant Arabella arec un renourelleroent dVxpre^sinn de

tendresse.

Que je te regarde encore , que je contemple ces traits développés , ce visage dont le sourire gracieux et enfantin m’ont fait jouir des premiers charmes de la maternité ; quelle longue et cruelle privation dictée par la tendresse! Comme toi, ma fille, j’é-

Page 1