LADY LINDSEY, LADY GOLDENALL
I<ADY L 1 N I) SK Y . ^MMvIant le dialogac des pnnniers interlocuteurs , a
regardé par les fenêtres et examine le salon.
Cette maison est agréablement située; elle est propre , élégante même.
LAIIV GOLDENALL, «»cc drfdain.
Milady est toujours disposée à l’admiration.
LADY LINDSEY
Toujoui-s pour ce qui intéresse mon cœur et plaît à mes yeux : ici je trouve l’un et l’autre. Le site est charmant ; cette réunion d’aimables enfans , dont les physionomies brillantes de santé annoncent l’innocence et le bonheur, forme un tableau touchant qui ne manque jamais de m’attendrir. Mon imagination me présente rapidement les dilférentes scènes de la vie qui les attendent, et les attraits séducteurs , et les dangers affreux qui succéderont au calme dont elles jouissent , aux plaisirs innoceus qui leur suffisent maintenant. Puisse un esprit juste et sensible former leu,r jugement , fortifier leur ûme , et, sans leur peindre avec fidélité un tableau qu’il vaut mieux leur voiler, les mettre dans le cas, en paraissant dans le monde , de connaître et de choisir tout ce qui ne portera point atteinte k leurs mœurs , et par suite è leur bonheur !
ARABELLA
LADY GOLDEN A LL, arec le ton de I'cuquî.
On est heureuse, milady, de trouver dans sop imagination une foule de tableaux si intéressans, cela préserve de fennui ; voilà ce qui vous a frappée, quand j’ai seulement été importunée des regards curieux et indiscrets de ce petit troupeau qui, à mon entrée dans la cour, admirait stupidement ma voiture.
LA O Y LINUSKY.
Les dispositions difierentes produisent de difierens effets, cela est naturel ; mais je sens que si j’avais ici quelque enfant de ma famille , j’aimerais à venir de temps en temps inspecter ses progrès , suivre le plan de la maîtresse , assister aux récréations , observer la diversité des caractères.
LADY GOLDENALL.
Eh bien, milady, je vous l’avoue (et c’est sans doute à ma honte ) , je suis venue ici le moins possible tant qu’Arabella y a résidé; je la savais bien, cela me suffisait ; tous ces détails m’ennuyaient à la mort. Ces pièces d’écriture , ces dessins sur lesquels il fallait bien placer quelques mots de satisfaction et l’ennuyeuse sonate qu’il fallait écouter, tout cela m’enlevait au moins deux mortelles heures, et me laissait un mal de tête insoutenable pour le reste de la journée.
l.AÜY LUiUSEV.
Les progrès de votre Arabella devaient cependant