‹ De l'éducationChapitre 196 sur 245 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

M“*. DE VALMONT seule, occupée à broder à son métier. Près d’elle est une petite table sur laquelle on voit une boîte et les enveloppes d’un paquet qu’elle vient de décacheter ; elle parle , s’arrête en travaillant , et ne dit que des mots arrachés par un sentiment profond.

Heureuse mèrel... c’est une délicieuse créature que mon Frédéric!... Quelle conduite!.. Ses lettres sont si touchantes, si bien écrites, si profondément senties!... A dix-huit ans, maître de lui depuis deux années , et pas une étourderie !... où ?... à l’armée Il avait bien raison de dire en me ser-

rant dans ses bras Ne crains rien, ma mère ; laissemoi partir, ton bonheur dépend de cette démarche

inévitable; puisque c’est mon devoir Mais je

pleure.... Quelle enfance! je vais gâter mon ouvrage ! Ah ! ce sont de bien douces larmes !

LA NOUVELLE LOCILE.

Page 1