‹ De l'éducationChapitre 6 sur 245 · ACTE I. SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I. SCÈNE III

demandais de m’apporter des broderies à six heures, un jour indiqué ; elle m’a répondu qu’elle ne sortait pas, et ne travaillait que pour vous.

Eh bien ! mademoiselle , que trouvez-vous à redire à cela?

imiLI.ANTINE,

Mais ce sont des airs , on est ouvrière ou on ne l’est pas , et puis il y a des gens qui méritent des égards.

M“*. LEBLANC

On peut vivre par son travail , et cependant respecter l’état de ses parens , et ne rien faire qui n’en soit digne. Le père de mademoiselle Aglaé a l’bonneur d’être capitaine : c’est en süence et dans la retraite que sa fille doit ajouter , par son industrie , à la médiocrité de sa fortune.

BRILLANTINE

Vous êtes un excellent avocat.

M™'. LEBLANC

Je défends une bien bonne cause.

BRILLANTINE

N’en parlons plus , mais tâchez de me l’amener quelque jour ; car mon désir de la connaître est encore augmenté.

^ M™'. LEBLANC

Si elle s’établit jamais de manière â paraître dans

LES DEUX ÉDUCATIOKS.

le monde , vous la remarquerez , soyez-en sûre mais je ne puis vous promettre de la décider à veuii'

B RILLANTINE.

Ah ! vous m’impatientez , madame Leblanc , vous ne faites jamais ce que je veux.

M”«. LEBLANC

Mademoiselle, je vous apporte de très-jolies robes , et vous me demandez des choses qui ne dépendent pas de moi.

BRILLANTINE

Je prends cette robe et ces deux fichus pour me coiffer. Ç^Elle se lève.') Voyons si mes jambes sont très-engourdies. {Elle fait quelques pas hrillans en chantant l’air de la gavotte. ) Pas mal , en vérité ; cela ira encore ce soir. Betsy ! donnez-moi mon schâll ; je vais passer dans le cabinet de papa , quelques-uns de nos danseurs y viendront peutêtre savoir de mes nouvelles. Adieu , madame Leblanc.

(Elle tort eu dansant cl chantant.)

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