‹ De l'éducationChapitre 67 sur 245 · ACTE 1. SCÈNE TI · texte numérisé non relu

ACTE 1. SCÈNE TI

CÉCIUA.

Hélas ! sa haine pour ma mère et la violence de son caractère m’autorisent malheureusement à le craindre. Ma mère n’a pu se dérober aux poursuites de ma tante que par la bonté touchante d’une de ses anciennes fermières qui, pendant deux années, l’a soustraite à toutes les recherches en la faisant subsister ; depuis deux mois , la mort lui a enlevé cette généreuse amie , et elle a risqué , sous un nom supposé, de venir exister près de l’être qui peut seul dans le monde l’attacher è la vie.

BETTY

Ah , mon Dieu ! comme c’est touchant ! qui ne serait attendri d’un pareil récit? Eh bien, voilà que mon coeur ne sera plus du tout tourmenté par ma raison. A toutes les heures, à tous les instans de la journée, je serai prête à vous aider à remplir des devoirs aussi tendres, aussi sacrés.

CÉCIEIA.

Dis plutôt que ton cœur peut agir d’accord avec les principes les plus purs. Est-il rien de plus naturel que de remplir ses devoirs envers une mère tendre et vertueuse , succombant sous le poids de ses malheurs? Est- il rien de plus généreux, de plus louable, que les secours que tu veux bien me donner , dans l’impossibilité où je suis de veiller moimême à tous les engagemens que m’imposent la nature et l’honneur ? L’infortune , ma chère Betty ,

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céCIUA.

m’a appris à réfléchir bien jeune ; et si je ne savais pas que ta cligne maîtresse applaudirait à toutes mes démarches, s’il m’était permis de les lui communiquer , je ne m’en permettrais pas une seule.

BKTT Y.

Vous me rassurez entièrement, miss. Mais ditesmoi un peu par quel hasard lady Arabella, en persécutant ainsi votre intéressante mère, se plaît-elle à vous faire un si beau sort , à vous donner tant de bijoux précieux?

CÉCII.IA.

Les préjugés établis dans le monde font que ma tante regarde comme un devoir indispensable d’élever son héritière d’une manière analogue à sa naissance, et de l’orner de tout l’éclat qui accompagne la richesse.

ÜETTY.

C’est encore bien heureux quelle ait de semblables préjugés, car, si elle ne consultait que son cœur, vous seriez , je crois , fort à plaindre. Je sens , miss , que je vais me rendre bien importune à force de réflexions ; mais pourquoi m’obliger tous les matins , au lever du soleil , à vous éveiller pour vous mettre à votre métier dans le désir de hâter votre ouvrage ? We craignez -vous pas qu’une pareille occupation n’altère votre santé, et l’argent que lady Arabella vous donne ne suffirait-il pas pour faire exister votre respectable maman?

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