EpitT. Jacob , m, 9 et lo
MO irPENDicr^
jrecli9P. C'est doQC teins ces établissements que les amis de la religioa p^ de la M>cjélé doiv|$iii ^ç^T^et aujopr^'l^uî leurs regarda et leurs efforts.
C'est daus les écoles et par les écoles qu'il fau^ préparer le retour à la foi, à la tie de famille, aui bonnes mœurs; c'est la qu'il fout saisir les géoératiops, ayant qu'elles soient asservies par les passions et les vices qui ravagei^t |e monc^e.
Si, dans des temps autrement difficiles que les nôtres, l'église s'est aidée des écoles pop fajre bril|er la lumière du chrisUanisme parmi des peuples ignorants et sauvages; p'est encore à leur foyer qu'elle peut raviver ce flambeau de la foi, pour pn répan^^re les bienfaits au milieu des ténèbres d'une civilisation que ses excès mena* cent d'une nouvelle barbarie : et le moment est venu où ces institutions, nées autrefois sous l'inspiration de TËglise, sentent le besoin de se rapprocher de leur berceau , en prêtant à la religion un sincère et généreux concours.
Mais ce retour désirable ne dépend pas seulement des écoles : il dépend encore de vous, Messieurs, c'est*à-dire, de la manière dp^t vous saurez vous servir de la loi du 45 mars 4850. Grâce à Dieu , le temps n'est plus où l'enseignement de l'État, absoIumeoMi^tinct de celui de la foi, était soustrait a la légitime influence du prêtre, à qui l'entrée des écoles se trouvait, pour ainsi dire , interdite p^r lesconditions auxquelles une jalouse défiance l'avait soumise. La société , éclairée par l'expérience , a senti le besoin d'y rétablir l'influence de la religion.
Elle les place sous la surveillance tutélaire de l'Église^ elle convie le prêtre a les visiter ; elle l'investit de la direction de l'enseignement moral et religieux ; elle rend son intervention douce et utile, en lui restituant son caractère de spontanéité, de bienveillance et de protection K
Combien de fois, Messieurs et chers coopérateurs, dans l'exercice de votre ministère, n'avez-vous pas gémi de l'absence de toute idée religieuse chez les enfants que Ton présentait à vos catéchismes? Que de fois, dans vos efforts pour instruire vos paroissiens, ne vous étesvous pas heurté contre les obstacles qu'apportait au succès de votre
I. Vofr les dispositions de la loi du 18 mars 1880 sur ce sujet. HM. les curés peuvent les consulter daos te commentaire de cette loi publié par la société pour la liberté de l'enseignement.
apostolat rignorance absolue du plus grand nombre d'entre en? Que de peines pour enseigner la lettre, pour graver |ps torpilles d9pl^ la mémoire, pour expliquer uq symbole dont les expressions les plus simples semblaient au-dessus de I9 pprtée de vos auditeurs 1 Qu'jl y a loin de la profondeur de nos mystères , de la sublimité de nos dogmes, de la pureté de notre morale , aux préqccupations grpssfères des esprits que l'intérêt et la passion aveuglent et captivept J
Ces esprits, il faut donc les ouvrir de bopne beu|re pour y fair|9 pénétrer la vérité; il faut les éclairer par des notions justes ; former les cœurs par des sentimei^ts boonétes; développer toutes les facultés psr des exercices fréquents. Quand vos enfants sauront Ifre, Us reMl9Qdront mieux vos leçons; vos préceptes se graveront dans leur âmp avec la lettre que vous confierez à leur mémoire. Vous profiterez de la curiosité née d'un premier enseignement, pour la diriger vers les hautes questions de l'origine et de la destinée de Tbomme , de sa chute et de sa rédemption. Il est peii de notions dans rinstruction primaire qui ne puissent vous servir pour donner aux enfants qui suivent vos catéchismes le pressentiment des choses divines.
Ainsi compris, renseignement du premier ftge sera pour vous ce qu'il doit être réellement, un moyen de conquérir les popploitions a la foi religieuse et i la pratique des devoirs.
Insistez donc auprès des familles sur l'utilité des écoles. Multipliez les avis aux parents, les exhortations en chaire, les visites aux pa« roissiens; facilitez l'entrée des classes aux enfants peu aisés en rédigeant, de concert avec l'autorité municipale, la liste des élèves admis gratuitement, en vertu de l'art. 45 de la loi. Il est bien entendu que vos écoles offriront toutes les garanties désirables ; si , ce qu'à Dieu ne plaise , l'enfance était exposée k y tpouver de funestes leçons, dp dangereux exemples, vous devriez non-seulement vous abstenir, mais encore vous servir du droit dont vous investissent la législation et votre conscience , pour nous informer immédiatement, et nous fournir ainsi le moyen de prévenir le plus grand des maux ; car, « ino- « culer le vice dans le cœur des enfants, c'est un aussi grand crime, « a dit Bossuet, que d'empoisonner les fontaines publiques. »
Mais avec l'attention si louable que l'autorité apporte aujourd'hui dans le choix des instituteurs, nous nous plaisons k espérer que rien de semblable ne se présentera au milieu de nous.
Il sera malheureusement moins rare de rencontrer des maîtres qui
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ne sentiront pas assez Timportance des deroirs religieux et pour eux« mêmes et pour leurs élèves.
Vous serez exposés a cfe mécompte, surtout dans les écoles qui n'ont été Tohjet d'aucune surveillance , et qui ont même subi , pendant un certain nombre d'années, une influence auli-religleuse. Nous en avons gémi avec vous; toutefois, ne vous laissez pas décourager par celte apparence de froideur ; elle peut souvent ne tenir qu'à Tabsence de direction. Vos témoignages d'affection et d'eslime ranimeront facilement le zèle. On entretient le mauvais vouloir en paraisgant y croire; en supposant de la bonne volonté, on la fait oatlre. Multipliez donc les encouragements ; uc craignez pas de donner des marques de confiance ; on s'empressera de suivre vos conseils quand on sentira en vous une bienveillance qui ne se dément pas et une persévérance affectueuse que rien ne rebute.
Ainsi, Messieurs, ce que nous vous demandons, c'est de concourir activement à l'œuvre de l'éducation , c'est d'unir vos efforts à ceux de vos instituteurs. On n'a pas assez compris combien cette union pouvait aider, bâter la régénération morale d'une ville, d'une campagne. Trop souvent le curé s'est éloigné de la classe, et le maître de l'Église. Une défiance mutuelle, une hostilité plus ou moins déclarée, a paralysé les efforts des uns et des autres. Il faut, à tout prix, mettre un terme à celle séparation entre le presbytère et Técole. Que de votre côté cette union si désirable se rétablisse donc le plus tôt possible! Songez qu'on n'attire pas les hommes en s'en tenant constamment éloigné. A Dieu ne plaise que nous vous engagions à prendre une altitude incompatible avec la dignité de votre caractère I Chargé par la loi de la surveillance des écoles, vous êtes, dans l'ordre légal, le supérieur hiérarchique de rinstiluteur; prêtre et pasteur des âmes, TOUS avez droit k son respect. Mais , par ïk même que vous êtes prêtre de Jésus Christ, le père et l'ami de tous vos paroissiens, vous imiterez la douceur du bon maître; une bienveillante condescendance attirera a vous celui qui fftt resté à l'écart par timidiié et par réserve. Sans cesser d'être vis i- vis de vous un subordonné respectueux, un paroissien exemplaire, il deviendra pour vous un coopérateur utile, un auxiliaire intelligent et dévoué.
Pour rétablir les relations entre vous et l'instituteur, vous n'avez qu'à profiler, nous ne dirons pas du droit que la loi tous donne, mais du devoir qu'elle vous impose. Multipliez tos visites k l'école.
Ne vous y présentes pas en censeur désireux de trouver des motifs de blâme ; montrez-vous-y comme un ami qui vient apporter des conseils et surtout des encouragements. Cherchez b découvrir tout ce qui est bien ; saisissez l'occasion d'adresser quelque éloge aux élèves et au maître. La louange excite l'émulation ; elle est une récompense pour Finstituteur li qui elle prouve que ses efforts n'ont pas été stériles ; elle le dédommage de beaucoup de peines et rend sa Iftcbe plus facile, eu augmentant son influence et son action.
Soyez persuadés d'avance que ces attentions tourneront au proQt de la paroisse. Bien des gens que la religion trouverait indifférents vous sauront gré de ce que vous ferez pour Técole , et seront par là disposés à accueillir plus favorablement vos couseils. Divisés, Finstituteur et le curé se neutralisent ; unis , ils décuplent leur puissance.
Efforcez-vous aussi de rendre la tâche du maître plus facile^ en usant de votre influence auprès de rautorilé pour obtenir toutes les améliorations que réclame l'école. Un mauvais local est souvent cause d*un accroissement de fatigue, un obstacle au maintien de la discipline. Un matériel insufOsant nuit plus qu'on ne pense aux travaux de rinstitufeur. Vos demandes, à cet égard, profileront aux élèves en augmentant le zèle de leur maître.
Cet homme , dont la fonction est si humble et si importante i la fois, vous devez « le soutenir, le prévenir même» , selon le langage de saint Paul, «par toutes sortes de marques de bienveillance» .Ne restez indifférent a rien de ce qui le touche , lui et sa famille. En l'aidant à se procurer un logement convenable , sans lequel il y a toujours k craindre la lassitude et le dégoût, ne vous prêtez point, comme Font fait quelques-uns de vos confrères, a établir Fécole dans une partie de vos presbytères. Le gouvernement, h qui nous en avons référé, partage notre manière de voir à cet égard. L'Eglise et le presbytère sont des asiles qui doivent rester fermés b tous les bruits, a toutes les agitations du dehors. La législation est d'ailleurs formelle sur ce point : on ne peut rien distraire de la maison curiale ni de ses dépendances sans notre avis motivé, sans celui de M. le préfet et sans un décret du gouvernement.
Avec quel bonheur nous envisageons dans l'avenir les heureux effets de ce mutuel concours du prêtre et de Finstituteur : le prêtre attirant les enfants b Fécole, oii l'instruction élémentaire les prépare il recevoir la bonne semence de l'Évangile; Finstituteur montrant i
la jeufieMa le cheniin de réglise et la disposant S écdtftér la parole do prêtre cotame celle de Jésns-Cbrisi!
ÂjoQlons, Messieurs, ^ii'èn ^isllâttt M(}oètDiment tes écoles, cûmme c'est votre devoir, vous avez, nous lé disions plus haut, h y exercer non pas seulenient une surveillance qui empêche le mal, mais une action positive qui produise et multiplie le bien. Sans doute, l'école n*est pas Tégllse mais elle en est le portique ^ La parole sainte peut s'y faire entendre, le mîhistère sacré s'y exercer; on peuf y engendrer les ftmes k la foi. Saint Pdul prêchait partout, k l'aréopage, sur les places publiques, dans les réunions particulières , dans les grandes assemblées , publiée et per domoi; cofaime lui , voiisc vous ferez tout à tons, pour les gagner tous 2i Jésus-Cbrist ».
A l'école vous avez longtemps les enfants sous là main ; ils ne sauraient vous échapper. A l'église, au contraire, vons les ténet à peine, k l'épdqde de la première communion, trois on quatre fois par semaine, durant deux années. Qu'est-ce qu'un temps si court pour former des ftmes à la vie chrétienne , pour leur apprendhe à connaître Dieu , ft observer ses commandements? Que la classe soit donc pour vous l'annexe de l'église I Allez -y chercher vos brebis. Tâchez d'y faire chaque semaine une instruction ^eligieàse a la portée de tous les enfants; elle deviendra le complément de votre enseignement catécbistique. Entendez-vous pour cela avec l'instituteur : si l'école vous est, de droit, toujours ouverte , il ne faudrait pas néanmoins déranger le cours des leçons ordinaires, car le maître a un règlement k suivre, on compte à rendre, certaides branches de connaissances huiùàlnesà enseigner.
Choisissez d'un commun accord, pour vos instructions religieuses, les jours et les heures qiii s'accordent le mieux avec lès devoirs de votre ministère et les plans d'étude de l'école.
Quant k vos antres visites , elles doivent n'entraîner aucun dérangement. Un coup d'œil jeté en passant, pour voir si tout marche bien , si chaque chose se fait en son temps ; un mot amical dit au maître, quelques paroles d'encouragement adressées aux élèves, mais sans troubler l'ordre de la classe, sans interrompre les leçons. En inspectant l'école , vous venez surtout observer les enfants et vous montrer h eux. < Le bon pasteur connaît ses brebis , et ses brebis le
i. De Gérando, Court normal des iruUuaeurê primaires^ oamgt uiDe A lire, ec que nous recommandons à MM les curt^ et Instiiuteun.
APPENDICE. 4>i8
coonaiflMDt.!^ Qae la Jeonesse s^aceotftaifiè k voqs ^oir aatre part c(Q'h Taotel oa aa tribunal de la pénUence, k trouyer dans le prêtre un père, un proiecleur plein de sollfcitade, qui d'intéressé ^ ses succèfi, aux peines et aux joies de ses parents, et qui Taiment d*une affection toujours vigilante. Ainsi vous cimenterez , dès l'école , l'union dti curé et de ses paroissiens.
Nous ne disons rien, Messieurs , de vos Visites dans les écoles dirigées par des institutrices , soit sécdlières, soit appartenant b des corporations religieuses; votre prudence et les conseils que déji nous avons été à même de vous donner, vous ont tracé une ligne de conduite dont vous ne vous êtes jamais écartés.
Soyez exacts à faire exécuter, dans toute leur étendue, les règlements universitaires qui exigent partout la séparation des deux sexes. Ne pouvons-nous pas espérer que le moment approche , où, cobime dans le reste de la France , chacune de nos paroisses aura son école pour les jeunes filles? Hâtez, par tous les moyens possibles, la création de ces maisons de sœurs, dont l'heureuse influence s'est déjà fait sentir dans plusieurs parties de notre diocèse.
Maisî vous le comprenez, pour faire accepter vos conseils, poil^ les donner avec plus d'aotorité , il faut connaître ce dont vous avez à parler; il faut avoir étudié les méthodes, n'ignorer aucune des parties dont se compose l'instruction primaire.
A cet effet , il ne sera peut-être pas hors de propos de vous indiquer ici quelques ouvrages oii vous trouverez de précieux renseignements sur la tenue d'une classe , et que vous pourrez recommander a vos instituteurs.
En première ligne, nous placerons Texcellent Traité de notre immortel Pénelon, qui, malgré son titre S s'applique k la direction de la jeunesse des deux sexes. Vous puiserez d'excellents conseils dans un livre déj)i cité et oh respire le meilleur esprit; vous rencontrerez les mêmes qualités, et peut-être avec ùti caractère plus réel d'utilité pratique , dans un ouvrage du même genre, écrit par une femme, )i l'usage des écoles des filles >, et dont les avis, dictés par l'expérience , ont également leur application dans les écoles de garçons. Nous signalerons l'opuscule du frère Agathon *, qui n'ex-
i. I>e l'Education des filies.