Quand ils leur donnent eux-^mèmes l'instruction
Telle est la pensée de la loi de 183S , dans la question qui nous occupe. Or, aucune modification, dans le remaniement de la législation qui a suivi les événements révolutionnaires de 1848 et de 1849, n'a été introduite, sur le point capital de V obligation de l'école; tant cette obligation est regardée par les hommes d'état de la Saxe comme un principe d'ordre public; tant ce principe leur parait une arme puissante pour combattre, au nom des vérités traditionnelles, les idées subversives de la paix sociale! Certes, le ministre actuel de l'instruction publique en Saxe est un esprit pratique autant qu'élevé. M. le baron deBeust a montré, en 1849, que son énergie était à la hauteur des situations les plus difficiles; et ayant saisi les rapports intimes qui rattachent l'enseignement primaire à tout l'ensemble des intérêts sociaux ; ayant voulu, pour lui imprimer la direction que traçait une pensée politique, réunir au département des affaires étrangères l'administration de l'instruction publique, il n'eût pas souffert que subsistât dans la loi de 1855 une idée propre à mettre en péril le développement moral des masses. Eh bien! M. de Beust, par la loi du 3 mai 1851, a opéré des changements notables dans la législation précédente; mais il s'est gardé de porter atteinte au principe de l'obligation. Et non seulement, il ne l'a pas ébranlé; mais, dans le long entretien qu'il m'a fait l'honneur de m'accordcr, j'ai pu me convaincre que cet homme d'État en considérait l'application comme une garantie pour l'avenir; qu'à ses yeux, l'indifférence d'un gou-
BÔLE DEL ETAT. 447
▼eroement, eo présence da mauvais vouloir on de riocorie des parents, étaitane sorte de complicité dans nn homicide moral ; qoe prévenir un tel crime serait pour l'État )e premier des devoirs, quand ce ne serait pas le premier des intérêts.
La législation de Hanovre n*est pas moins explicite que les législations prussienne et saxonne. La loi du 26 mai 1845 porte ces mots :
« Art. 3. — Tout enfant est tenu de fréquenter une école pendant le temps sur lequel porte Tobligation, s'il ne reçoit pas rinstruction nécessaire dans un établissement supérieur, on par l'enseignement privé.
« L'autorité ecclésiastique chargée de l'inspection a cependant le droit, dans les circonstances spéciales, de dispenser dé la fréquentation de l'école.
« Art. i. — L'âge sur lequel porte Tobligation de l'école commence après la sixième année accomplie.
c Art. 6. — LMnstruction privée exempte de la fréquentation des écoles publiques, au cas seulement où elle embrasse les matières prescrites, et où, en même temps, la capacité des maîtres qui la donnent est reconnue par ceux è qui est confiée la surveillance des écoles. »
Mêmes principes dans l'organisation scolaire du grandduché de Bade :
« Chaque année , h PAques, le pasteur, d'après les registres de l'état civil, communique au comité d'école la liste des enfants que leur Age soumet A l'obligation. Le comité complète cette listCgpar les noms des enfants du même Age qui ne sont pas nés dans la même commune.
c Dix jours après la rentrée des classes, Tinstituteur met sons les yeux du comité la preuve que tous les enfants soumis
449 SfiGOMDÊ ^AHTIfi.
kroUigatioo légale fréquenteDV en effet, récole^ on iodiqtieleB noms de ceux qui n'aecomplissent pas ce de?olr.
c Le comité fait savoir aux parents ou aux tuteurs que les moyens de contrainte seront employés, sMIs n'ont pas de raisons légitimes pour obtenir une dispense, eine Befreiung. >
Dans le duché de Weimar, la législation de 4821 contenait
des dispositions analogues, et la loi récente du 2 mai 4851 n*y a introduit aucune modification '.
Des Élats du nord passons aux États du midi, des pays protestants aux pays catholiques.
En Bavière, un décret du 23 décepbre 1802 statuait s
« Aucun enfant ne peut quitter l'école avant d'avoir atteint l'ège de douze ans accomplis ; il doit avoir subi un examen et obtenu un certificat de sortie pour être reçu en apprentissage, et, plus tard, pour se marier.. « Cette prescription doit être universellement observée : de sa rigoureuse exécution dépend le bien-être moral, physique et civil des classes inférieures. »
Ce décret fondamental a été^ depuis 1803, eoramenté sur une foule de règlements, d'arrêtés, etc.^ confirmé par tous les actes législatifs. Aujourd'hui encore, il est la base du système de l'instruction primaire en Bavière.
L'Autriche, on le sait, ne fait pas exception à la r^ie 4ont je constate ici l'universalité.
c Le gouvernement autrichien, disait, en 1855, M. Saint- Marc Girardin, cherche à résoudre deux grands problèmes : il veut que le peuplé soil riche et heureux, et il ne veut pas qu'il s'avise jamais d'avoir les pensées d'indépendance et de fierté que donnent le bonheur et l'aisance. Il veut que le peuple soit instruit, et il ne veut pas que son intelligence s'enhardisse ja-