CaUehismus, p
470 SIBCOWE PARTIE,
d'bommei^ 4^ Ops jpprii de poursuivre }e Insau, sans §e soucier dp bpp. ip r^ Qaoi dp plus innocent, je ypus prie?
c( La pudeur t'a été donnée pour t'empècher de faire ce qui offenserait la délicatesse des autres hommes... Sois chaste! rhomme s'abaisse en vivant à la manière des bêles. La volupté est un feu qui dévore. Sois chaste dans tes paroles et dans tes pensées. »
Voilà qui est irréproch8))l0t M. IfhUcb parla 4ii devoir et des lois, il fai|t bien lui en savoir gré : qiais Q*e^t là évidemiQent, chez Iqi, une vipille réminiscence d^ h pensée chrétienne, qu'il invoqne encore au iqoniuent q\i il la déserte, et qu'il n'affirme qu'en se démentant.
(j'homme en accomplissant le devoir suit la Ipi de son être, qni vous l'a dit? Demandez ^ Pouri^r! A côté de l'idée du devoir, Thomme trouvp en ^oi, vous le déclarez vous-même» l'impulsion de Yinstinct. pe l'instinct op dH devQ^ri lequel suivrai- je? Le premier comme le second , antérieurement au second, se révèle et commande. De quel droit Timmoler? Pourquoi le divin, dos GôUliche, comme vous dites, ne serait-il pas dans l'un autant et plus que dans l'autre? Et, en effet, qu'est-ce que l'instinct? l'impulsion donpi^e par I4 nature antérieurement à la rétfeiLion. Or, si la nature se cpnfond avec Dieu, si la Batnre, cposéquemment, est sain^» comment et pourquoi la combattre? Ce n'est plus de l'insUnct qu'il faut se défier; c^est la réflexion, réaction de la pensée contre l'instinct, qu'on doit tenir pour suspecte. Ce n'est plus le devoir, idée factice et création arbitraire, qu'il faut glorifier, c'est VaUractiqfi passionnelle. Et, à la place de cette théorie qui prouve à la fois et l'honnêteté de votre esprit et son inconséquence, ô pasteur Uhlicb^ il faut introniser un de ces systèmes qui battent en brèche les vérités morales dont vous vous dites, eu toute naïveté, le défenseur. Vous avez cm dresser un pié-
destal poor la Btatae 4u Devoir; il voos faut y élever la statue de la Pasaiopt
Et, d'aillenrfi, que pariezrvooa de fott, quand vous n'osez donner à ces lois, par de là cette existence d'un jour, ni sanction pi point d'appui ; et que, pour fondement de la vie morale, vous ne posez qu'une énigme \peui*éirel\A personnalité de rbopime subsister Uelle après la mort, ou, comme on disait autrefms, rame esMle immortelle? IlMt permis de respirer, répcmde^vous. Permission magnapîma, mais que la sagefwe antique accordait déjà à rhumanité, il y a 2,000 ans ! Encore, vous ne donnez cette permission qu'ai) prix d'une contradiction nouvelle. Car, à la manière dont vous concevez Dieu, si Fesprit est permanent dans la nature qui demeure, il ne Test pas dans les individus qui se succèdent*
C'est après avoir donné au genre humain, pour le guider vers l'avenir, un enseignement de cette natnre, gpe le pasteur JMfb s'écrie d'up ton qui fait sourire :«..,« Voilà potr^ religion I l<es autres liommes ont le droit de iiomprendrp la religion autrement que nous. ]L'his(oire npu3 apprend que toutes les religions, jusqu'à ce jour, ont été impuissantes à conduire rhumanité dans )a voie de ses hautes destinées, ou qu'elles ont n^épie entravé sa marche. »
Que Sf . Uhljph se spit insurgé contre l'évangélisme légal, gu'il ait invoqué contre une autorité sans titres le principe même du protestantisme, pour ma part, j^ n'y trouve riep à redirç : c'est affaire de famille entre Ini et l'Église officielle. Que cette Église se défende, et qne le conseil supérieur ecclésiastique aiguise de fins arguments contre le plut rationalismei du pasteuf I Je dirai plqs; dans cette partie de l'entreprise de If. Uhlich, ce n'est pas en faveur de Tévangélisme orthodoxe que s'éveillent en moi des sympathies. Le pastepr,
h Plftfkr HaiùmaUtmus.
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j'en 8ui8 convaincu, était de bonne foi, et ni la philsopbie ni le catholicisme n'eussent voulu le blâmer quand, au début de sa rupture, il écrivait : « Les cbaines qui attachent le corps de rÉ^lise évangélique sont si serrées, que les membres s'atrophient faute de mouvement; qu'on leur rende la vie,DieQ fera le reste; il n'a point peur de la liberté... De notre temps» continuait-il avec un accent qu'on ne peut méconnaître, oa est obligé de conquérir sa foi sur soi-même. Pour peu qu'on y mette de sérieux, il en coûte beaucoup de combats extérieurs... La religion de Thomme consciencieux est comme un fruit bon à cueillir. Depuis le moment où le boui^eon a paru, combien n'a-t-il pas fallu, pour l'amener à maturité, de beaux jours et de jours d'orage, de soleil et de pluie, d'invisibles mouvements dans la sève, de progrès et de transformations cachées ! »
Sept ans plus tard, en 1852, alors que l'Église officielle invoquait, contre les libres communes, l'appui du bras séculier, le pasteur poursuivi et traqué dans Magdebourg, écrivait, an renouvellement de l'année, dans son journal hebdomadaire : « Pauvre Feuille du dimanche^ que te dire pour la nouvelle année? Aujourd'hui toute lèvre s'ouvre, toute main se serre pour un vœu de bonheur \ pour tous, dans le jardin de la vie, peut s'épanouir la fleur et mûrir le fruit de l'espérance! Hais, pour nous, où donc en ce pays peut briller l'espoir de la liberté religieuse?
<r Partout l'idée spirituelle s'appuie de nouveau sur la puissance du glaive; et cette alliance pèse lourdement sur quiconque invoque l'indépendance des &mes. En Autriche, les libres communes sont détruites; ainsi en est-il en Bavière. En Saxe, quelques-unes subsistent encore çà et là, comme on voit quelques fleurs élever tristement leurs tiges après les premières gelées de l'hiver. A Dessau, à Altenbui^, à Bernburg, les communautés restent sans pasteurs. En Prusse, nous
aAle de L^éoLiSE i^knùiviQOE. 4 75
le sayons» notre chemin est semé d*épines. Reste-t-il un coin de terre où poisse germer la flear de l'espérance? où laisser tomber un vœa de bonheur qui ne soit pas un son vain et stérile ? »
Je le répèle, je ne reprocherai à M. Uhlich ni la revendication hardie du principe protestant contre TÉglise évan^ gélique, ni la mélancolie poétique et résignée de ses plaintes. Hais où l'application de ce principe l'a-t-elle conduit? A l'athéisme 1 Quels hommes a-t-il acceptés pour les associer à son œuvre? Des élèves déclarés de Feuerbach et deStirner. « Je représente, entendais-je dire au pasteur Uhlich, je représente rélément modéré et conservateur des libres communes; mon rôle est de préparer prudemment la transition. Mais mon collègue a l'ardeur de la jeunesse, il esi plus près de l'avenir, t
Ce collègue, c'était un autre pasteur, collaborateur de M. Uhlich dans la direction de la libre commune de Magdebourg. L'avenir dont s'était déjà emparé cet autre pasteur, et vers lequel il poussait la foule, cet avenir, quel est-il?
c n est temps, me disait à Magdebourg M. Sachse, que l'humanité cesse d'objectiver les attributs qui lui appartiennent, pour les concéder à un être extérieur et factice qu'on appelle Dieu, n faut qu'elle revienne enfin au véritable objet de l'adoration, c'est-à-dire à elle-même. •
Nous voici au centre de la faction philosophique des athées. Feuerbach s'adressant à un confrère en athéisme , Stirner, lui faisait celte admonition : « Il n'y a pas de Dieu, il n'y a que des perfections de Dieu ; et ces perfections appartiennent àrhomme qui les appelle Dieu, quand, dans l'enivrement de soD cœur, il oublie que son cœur lui appartient. Vous, Stirner, qui soutenez que Dieu c*est le néant, vous êtes encore un athée bigot; car le néant, c'est une défiuition de Dieu ^ n
1. À qaoi Stirner répond : «Je snis meillear athée qne vous, qoi pensez
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Feuerbach peut être satisfait : ses doctrines ont fait an chemin ; elles sont populaires dans les libres communes^ et ce sont des pasteurs qui en sont les apôtres.
« Le christianisme est passé, répond au pasteur Sachse la voix du pasteur Wislicenus; froid et mort, il ne s'empare plus des forces vivantes de l'esprit. pétrifie et paralyse les ftmes, parlons un autre langage au peuple devenu majeur ^. > Wisli(ienus et Sachse, voilà quels ont été finalement les collaborateurs de M. Uhlich».
On se rappelle le mot de M. Diesterweg : « Élançons-nons, et vive le voyage en pleine mer! > le pasteur, on le voit, s* entend merveilleusement avec l'instituteur, l'École avec rÉglise : « Advienne que pourra ! »
Sur la grand' place de Magdebourg on admire une cathédrale, monument immortel qu'éleva ta foi des siècles évanouis.
Sortie vivante des mains du catholicisme, la cathédrale est aujourd'hui déserte et morte. Une fois la semaine elle s'ouvre à quelques rares fidèles; et sous les voûtes qui, depuis Othon le Grand, abritèrent la pensée religieuse de l'Al-
Tôtre parce que vous oe croyez pas à rexistence du sujet divin ; moi, je ne crois pas à l'existence des qualités divines, à la justice, à Tamour, à la sagesse, que vous vous imaginez voir dansThomme. Je ne crois pas davantage à rhomme. L'homme, le moit n'est qu'un mot. Il n'y a qu'une essence réelle; c'est l'individu particulier dans sa jouissance égoïste; c^est toi, Pierre ou Paul. • J'ose à peine renvoyer le lecteur à l'odieux et pitoyable ouvrage de Feuerbach : Qu^est-ce que la Religion?
1. Il y a un an, M. Wislicenus publia un livre : la Bible du peuple^ résumé d'invectives grossières contre le christianisme ; poursuivi en justice, et certain . par avance, de sa condamnation, il a préféré l'exil en Amérique aux deux années de prison dont il était menacé.
2. Voyez la revue périodique, Nouvelle réforme pour la conquête de la religion de r^uTnanit^^ par Wislicenus. Décembre 1851. • t)as Christenthum kann nicht mebr genUgen ; kalt and todt, besitzt es nicht mehr die vrirkenden Krâfte von etwas Lebendem; es erstarrt und 19hmt die Seele; sprecben wir eine andre Sprache zum mUndigen Volke...» etG*t etc.
EÔLE DE Ii'ÉQLISB Éf ANOÉUQDE. 4 75
lemagoe, règne un silence qu'interrompent sealement les pas des voyageurs et le cri des oiseaux de nuit qui se disputent les (Chapiteaux gothiques. La vie s^est retirée arec le catholicisme ; dans ce corps on ne sent plus palpiter une ème.
Ifon loin de là, s*ouvt*e le temple, ou, pour mieux dire, la maison commune où, trois fois la semaine, un matérialisme qui ne se voile pas, convoque aux pieds de MM. Uhlich et Sachse une foule compacte et empressée. Et ainsi, Ton peut toucher du doigt le résultat des déchirements intérieurs de VÉglise évangélique prussienne. Le cycle des erreurs a été parcouru ; une pente irrésistible a dirigé le cours de la pensée populaire de la chaire de Hegel b la tribune des pasteurs de Magdebourg. La tradition des âges chrétiens vient se briser contre les formules des amis protestante; le flambeau qu'alluma sur FAUemagne le génie du spiritualisme séteint sous le pied des disciples de Feuerbach. La cathédrale est vaincue par le Gemeindekausy saint Boniface par M. Sachse ; et — ô dérision de la pensée humaine ! — tout le travail des siècles aboutit à la libre commune de Magdebourg*.
Assurément , il serait injuste d'accuser le protestantisme allemand tout entier de complicité avec de tels emportements. La croyance du grand nombre échappe tout à la fois et à la contdgion d'un nihilisme insebsé, et aux étreintes de cette or-
thodoxie boiteuse reconstituée sur la base d'une sorte de protestantisme honteux, par M. le professeur Ileiigstenberg. Ce ne sont ni le docteur Strauss, ni Feuerbach, ni Stirner qui donnent l'impulsion aux facultés de théologie de Berlin, de Halle,
1. Depuis qne c<^s lignes ont été écrites, la police esl venue en aide à PËglise ôvangélique. '.On a accusé la libre commune de Magdebourg d'entretenir un foyer d'agitation politique; et, le directoire do la commune ayant, par suite de scissions intérieures donné sa démission, il a été enjoint de ne plus tolérer les réunions des Amis protestants.
OU de Bonn ; le doux et pieux Néander est invoqué, je le sais, par quelques disciples fidèles, comme le juge du caipp entre deux partis également absolus. Néander a le double mérite, pour beaucoup d'esprits modérés, d'un côté d'avoir donné le premier signal de la protestation contre le panthéisme hégélien, de l'autre d'avoir toujours répugné, par principe et par caractère, aux exigences de l'orthodoxie officielle; c'est sous le drapeau de Néander que des théologiens tels qae MM. Lucke, Tholuck, Muller, Dorner s'empressent aujourd'hui de chercher un abri; et tout dernièrement le souvenir du savant amideSchleiermacher avait assez de puissance pour conquérir la chaire d'histoire ecclésiastique de l'Université de Halle, au profit de son disciple préféré,H. Jacobi ; tout cela est vrai! mais ce qui est vrai aussi, c'est que l'Église protestante allemande, affaiblie qu'elle est par le développement de l'idée même qui la créa, logiquement envahie par des puissances réciproquement hostiles, n'a plus, en face de l'anarchie morale qui se déchaîne, ni force de cohésion, ni principe de gouvernement. Nel'a-t-on pas vue, au moment même où le rationalisme néo- hégélien marchait tète levée à la conquètedes esprits, faire alliance avec les organisateurs des libres communes*} n'a-t-on pas vu quatre-vingt-six dignitaires de cette Église, pasteurs, prédicateurs, membres des consistoires, avec deux suriniendemis en tète, nouer une coalition de tactique avec les omû proiestanfs, et le premier prélat de la hiérarchie évangélique donner la main au pasteur Uhlich* ?
1. En 1S45, M. Hengstenberg , dans la Gazette évangélique, combattait cette coalition. — • Le beau spectacle, disait -il, qae prépare cette astucieuse sagesse! le bel ordre avec lequel elle ménage son triomphe! Voyez-la faire : elle va pousser à Pextrème droite la Gazette évangélique^ rejetée par un si grand écart, en dehors de toute influence; à Pexlréme gauche, les rationalistes de Wislicenus! an centrOi avec Texcellent Uhlich d'un côté, et les demi partisans de Porthodoxie de Pautre ; puis les paisibles élèves de Schleiermacher. Alors arrivera sans
BÔLE DE l'ëGUSE ÉY ANGÉLIQUE. 477
Ce qu'est révangélisme en théologie, il le sera nécessairement sur le terrain pédagogique ; s'il laisse l'esprit de critique envahir le temple, il ouvrira au scepticisme les portes de l'école. Et ainsi, la tradition religieuse et sociale sera viciée dans sa double source.
Je ne parle pas ici de l'enseignement donné, dans certaines écoles populaires, sous l'inspiration de ce groupe de pasteurs qui, ouvertement ou in petto, conspirent, au nom de révangélisme, contre l'autorité morale de l'idée chrétienne; et déclarent sans façon que la chri$tologie tout entière est à transformer^. Je laisse là ces extrêmes ; je me place au sein de ce clergé qui est sorti des mains des professeurs de théologie les plus renommés, il y a qainze ans, Eichhorn, Staudiin, Wegscheider ; je prends pour type un homme dont l'influence pédagogique a été considérable, et qui, au titre de pasteur, a joint les fonctions de directeur d'école normale, de conseiller ' scolaire et de conseiller consistorial, Frédéric Dinter. Qu'était le christianisme de Dinter? une doctrine dépouillée du caractère surnaturel, la doctrine du bienfaiteur le pltis illustre deVhur mamié *, en somme, le rationalisme de Reimarus, à peu de chose près. Toute une génération de pasteurs et d'instituteurs a été formée à l'image de Frédéric Dinter . Quand parurent les amis de la lumière rejetant lesmiracles de l'Évangile au rang des prodiges du Coran; quand la faction audacieuse qui se ralliait autour des Annales de Halle, vint rajeunir, pour les imaginations allemandes, sous la phraséologie de Feuerbach, les théories d'Helvétius et de d'Holbach, le nerf de la résistance était
doute le règne de Dieu : les loups et les brebis, les chevreaux et les panthères habiteront joyeusement ensemble. • Voyez aussi, à ce sujet, deux lettres de M. de Stahl.