Voyez ce document au cbap. I de la 3» partie
BEiCTlOlf. S1B
c Od a demandé dans quels rapports rinstitntenr, en tant qne âSspensatenr de renseignement religieux , doit se trouver vjs-à-yis dn pasteur de la paroisse.
«Selon les prescriptions toujours en vigueur dn gênerai Landschul'Beglementy et de VaUgem. Landrecht, TÉcole et le maître sont placés sous la surveillance et sous la direction du pasteur local (des OrisgeisiUchen) y qui, en se conformant aux règlements promulgués par les autorités scolaires, doit arrêter le plan des études, dans Téeole» et en surveiller la mise en œuvre.
« Ces prescriptions s'appliquent» tout spécialement, à ce qui est le but principal de l'école {Haupizweck) j l'instruction religieuse» laquelle doit être préparée» dirigée et dispensée par le pasteur.
« Dans quelle mesure l'instruction religieuse doit-elle être donnée par le maître? On s'en fera une juste idée, si Ton se rend compte exactement du but de renseignement préparatoire à la communion dans l'École ^
a Tant que la jeune population de Técole est dans l'âge où le pouvoir d'intuition {Anschauungevermogen) et la mémoire sont les facultés dominantes, l'instruction dont on parle ne doit pas être seulement , dans les classes» une sorte de répétition, mais un enseignement propre à éclairer l'intelligence, à échauffer le cœur ; et il importe que l'éeole soit» pour les enfants, le moyen d'acquérir tous les matériaux que devra féconder la parole du pasteur.
« De là le rôle de l'école en ce qui concerne l'instruction religieuse.
« Culture de l'intelligence, du cœur, et de la volonté; histoires bibliques de l'Ancien et du Nouveau-Testament; prières,
1. Voyez, à ce sujet, un écrit de M. Thilo, directeur du séminaire d'Brfuri> intitulé : Was kann der Katechet vom Prediger lemen? ]
24 6 TROISlfalE PARTIE.
maximes et paraboles» cantiques tirés da livre de chants {Gesangbuck); chronique de Tbistoire sacrée, élude dntlhéàtre des événements bibliques, parttculièrementde la Terre-Sainte, surtout étude deTbistoire de la Réformation, — tous ces objets rattachés entre eux par un lien naturel, mais non présentés avec la rigueur systématique de renseignement du pasteur, constituent l'instruction religieuse de l'école.
« C'est pourquoi nous adjurons les pasteurs de diriger Tinstruction religieuse, dans chaque école, avec un soin d'autant plus sérieux que, la plupart du temps, les maîtres négii* géant cette partie de leur tâche, l'enseignement donné dans le temple, ne trouve que des intelligences vides et des cœurs glacés.
« C'est pourquoi aussi nous leur recommandons, dans les conférences où chacun d'eux réunit les instituteurs de sa paroisse, et où ces derniers doivent subir l'ascendant de la conviction et des conseils plutôt que la pression de l'autorité, de faire en sorte qu'une foi vivante se fonde, dans leur esprit, sur l'intelligence de l'Ecriture, et de leur prodiguer, avec leurs conseils, toutes les instructions dont ils ont besoin ^ -
Une autre circulaire, en date du 4 juin 18S2, présente éga* lement un caractère qu'on ne peut méconnaître. Nous traduisons * :
a L'expérience des dernières années nous a de nouveau Hp^nskveconnMveiaufsneueerkennengelehrt) combien il est nécessaire d'enraciner et de fortifier les fondements de la religion et des mœurs dans toutes les classes du peuple, et conséquemment le sentiment d'une sérieuse pratique religieuse; combien il importe que l'on comprenne la nécessité
1. Gircolaire adressée à tous les surintendants et inspecteurs de Cercla. S. Voyez , sur ce même sujet, la circulaire du ministre de rinstniction publique, au chapitre II de la i'* partie.
liAGTioii. 247
d'une fidàie ohMrvation do dimanehe et des fêtes, et de la participation anx exercices do culte public.
c n est très affligeant de penser que parmi les instituteurs, contrairement à leurs devoirs et au but principal de leur mifr* sion , qui est de former la jeunesse k la piété y les uns ne fréquentent jamais le service divin, les autres ne s'y ren« dent qu'irrégulièrement ; qu'ils ne prennent point part à la sainte communion, et qu*au lieu d'être^ comme ils le devraieAt, pour leurs communes, un modèle salutaire, ils leur donnent le pernicieux exemple (verderbUches Beitpiel) du mépris des saintes pratiques et des habitudes chrétiennes.
c Nous vous chargeons de communiquer cette circulaire à tous les instituteurs de votre ressort d'inspection» et de faire en sorte de ramener au devoir ceux qui sont en faute. Nous vous faisons remarquer expressément que, partout où les instituteurs, faisant fonction de chantres, organistes, sacristains, se oroient permis de déserter l'Église pendant le service divin et pendant le prêche j de manière è faire scan«* date par une négligence affectée, une conduite si coupable doit provoquer la plus vigilante sévérité de la part des fonc* tionnaires préposés à Tinspection. »
« Le Consistoire royal de la province de Brandeboorg. »
Nous le répétons, et Ton ne saurait maintenanten douter, la re7iaissance^qn*h travers les nuages d'un présent chargé encore des embarras du passé, Ton s'applaudit de voir poindre dans la sphère de l'éducation populaire, au-delà du Rhin, n'est autre chose qu'un retour aux principes qui ont soutenu la première époque •
^ 1. «EinereligiOs-andsittUch-politischeTFtecier^ebtirfb^innt.undsîch fortenwickelt znr Heiligung und^Krftfligung des YoLks. » (Flirbrioger, Gedankenjaber chrisUich^nationak Erziehung.)
S4 8 TEomteB rAATiB«
La misrioa de Tinstitutettr , affirme-^t-oo aujourd'hui, c est de développer dans Teofanl les faeolléa qne la place réservée à Thomme fait daos la biérarehie sociale , loi impose la Déceasité de posséder ^ i Que diraient d*one telle maxime les ardents théoriciens de Francfort?
Toutes ces déclarations des organes divers de l'opinion ao delà do Rhin , tontes ces manifestations de la conscience po* blique se sont résumées récemment* et ont pris corps et vie, si Ton peut dire, dans un document officiel d'une haute importance, document qui est, tout ensemble, le meà cti^ de la Pédagogie, et la profession de foi de l'administration supérieure de Berlin. En dépit des embarras d'une phraséologie souvent obscure, il faut citer ce document dans son ensemble.
Principes fondamentaux coneemant VorganisaHon et Venteîgnement de
lEeole primaire ivangéUqueK
€ Des changements profonds se sont manifestés, en ces derniers temps, dans la vie intime et dans le développement intellectuel de Técole.
c Lemouvement des idées, qui, depuis une longue période, s'est prononcé avec plus on moins de netteté dans le domaine de l'instruction publique, a fini par aboutir, sous différents rapportSy è des résultats importants.
« Le temps est donc venu d'éliminer ce qui est superflu on erroné, et de substituer officiellement ce qui a été jugé salutaire et exécutable, par les hommes qui connaissent le prix d'une instruction populaire vraiment chrétienne et pratique.
« L'écoleélémentaireavaitsuiviladirection intellectuellede
1 . Fertigkeiten , welche seine kttnftige Stellung in der bUrgerlicben GeselUchaft erheischt...»
2 . Grundzttge betreffend Einrichtung und Unterricht der fivangeliseliea Biementarschale (3 octobre 1SS4)*
répoqoe;elle en avait subi rimpolsion. Mais, de même que la vie générale do siècle est arrivée à ce point où une révolotion décisive est devenue nécessaire ^, de même l'école, ai elle ne veut s'exposer» en se rattachant à une opposition vaincnCi è demeurer impuissante et à dépérir, doit entrer dans le nouveau et salutaire mouvement qui lui permette tout ensemble de recevoir et de donner la vie.
« L'idée d'une éducation générale par le développement abstrait de la force intellectuelle , s'est trouvée stérile et funeste. La vie du peuple exige une régénération fondée non plus sur des théories, mais sur des réalités immuables, et sur la base du christianisme, vérilable soutien de la Famille, de la Commune et de TEtat.
t En conséquence, Técole primaire où la majorité du peu* pie reçoit les éléments de son instruction ou même son instruction tout entière, ne doit point reposer sur un système abstrait ni sur une pensée purement scientifique; elle doit avoir en tue la vie pratique dans TÉgliseJa Famille, la Commune et rÉlat, et rester dans les limites qui lui sont tracées* UéducaUon est le but ; la méthode n'est qu'un moyen sans valeur par lui-même. L'instruction formelle est le résultat des objets qu'embrasse renseignement; si elle ne tient pas compte des éléments véels ou si elle les choisit è contresens , elle devient funeste et destructive.
c En partant de ce point de vue« on comprend qu'il importe moins à Técole élémentaire d'adopter et d'organiser des cours nouveaux que de faire un choix rationnel des objets d'ensei* gnemeot» de les circonscrire en de justes limites » el de donner à l'école une organisation en harmonie avec son but» à savoir» l'éducation de la génération qui s'élève.
1. Das gesammte LebendesZeitalters... wo ein entscheidender UmschwuDg nOtbig gewordeo...
220 TROiftiiaiE PARns.
« C'est d'après ces données, que doivent être appliqués les principes suivants , pour l'organisation da nonreau plan d*éludes.
L— ReligioD.
f lA confirmation fait entrer dans la Gommnne, comme membre indépendant, Tenfiant incorporé à relise da Christ par le saint baptême. L'École admet dans son sein des enfants ayant droit à toutes les grâces du salut, pour les préparer à la réception de ces grâces. Le maître doit donc être sanctifié luimême pour pouvoir dire, comme le Christ : « Laisses venir à moi les petits enfants ; car le royaume des Cieox leur appartient. »
c Le Christ est la fin de la loi ; quiconque croit en loi est dans la voie de la justice.
c C'est en se fondan t sur ce principe quele règlement d*études des écoles normales a proclamé : « que Thistoire biblique est le champ où l'école élémentaire doit se proposer de réveiller et de développer la vie chrétienne an cœur de la jeunesse qui lui est confiée. »
« Depuis le moment où le Dieu triple et un a créé le ciel et la terre, jusqu'au jour où l'Esprit saint a envoyé les apôtres, afin qu'ils pussent rendre témoignage de Dieu , Thistoire biblique est le tableau des œuvres de la grâce divine, qui aujourd'hui encore doit préparer à la rédemption et sanctifier le cœur de tout mortel.
« C'est pourquoi il importe de voir l'enfant chrétien faire revivre en lui l'histoire biblique ; et c'est à cela que l'école a mission de le conduire. Il faut que l'élève apprenne à raconter l'histoire de la Bible avec intelligence; et, afin qu'il s'y rende apte, le maître doit d'abord la lui raconter.
« L'action divine s'est révélée par des paroles consacrées;
liicnoN. 221
aussi rhistoire biblique sera racontée avec les paroles mêmes de la Bible.
« Or, la Bible contient du lait et de$ aSmenti soUdes : les histoires bibliques seront donc reproduites sous la forme et dans le cadre que lui donnent les bons recueils historiques. C'est ainsi qu'elles seront expliquées, que les enfants les reliront, qu'ils les raconteront, qu'ils les confieront à leur mémoire, et qu'elles deviendront nyantes en eux.
c Par là sont indiqués le procidè et le btdj dans l'enseigne* ment de l'histoire biblique.
« Pour les deux premières années, la création, la cbute du premier homme, le déluge, la vocation d'Abraham et la mission de Moïse, les histoires de la vie du Christ, qui servent à l'explication des fêtes chrétiennes, aux preuves de sa divinité et de son amour miséricordieux, fourniront des matériaux suffisante; après quoi, les enfants sachant lire couramment, on suivra strictement un recueil d'histoires dont l'étude comprendra tout le temps destiné à Técole; les enfants les plus avancés liront in extenso dans la Bible, les chapitres correspondante.
« Dès rentrée des enfante à l'école, on les exercera à réciter noire Père , la bénédiction du matin et du soir , le béné« didté et les grâces; les enfante déjà instruite apprendront en outre la prière générale de l'Église et les autres parties du culte liturgique.
c A la prière du matin, on fera réciter une sentence et un chant hebdomadaire.
« De plus, on choisira au moins trente cantiques, parmi ceux désignés pour les candidats aux écoles normales, et ces cantiques seront appris par cœur. Pour les maximes^ on suivra on recueil ; ou bien on les fera apprendre en même temps que le catéchisme.
• Chaque samedi on lira les pèricopee du dimanche sui-
SS3 nomteB r artic .
▼•Dt, et on i€8 eipUqvera ; les évangilee do dimanche, toot an moins, doivent être appris par ccenr.
« La leeture de la Bible ne ser* offerte qa*aax enfants sachant déjà lire cooramment. En dehors des pértcopes, le pasteur fera un choix dans les psaumes» les livres prophétiques, et les épttres du Nouveau-Testament.
« Le catéchisme en usage dans la Commune sera appris par cœur, aussi longtemps que la préparation à la confirmation Texige ; il faut que le texte en soit compris par tons les enfants, et récité par eux correctement et avec TexpressioD convenable.
c Làoù Ton se sert du catéchisme de Luther, on fera apprendre jusqu'à la dixième année, les cinq premiers chapitres, et à partir de cet âge, le commentaire de Luther sur ces chapitres.
c Ce qu'on appelle catéchisation sur les points de doctrine, ou sur les maximê9y est exclu de Técole élémentaire.
«Le devoir principal du maitre est [de développer les objets d'enseignement, tels que nous venons de les exposer, de les mettre à la portée des enfants , et de les inculquer dans leur esprit. Savoir bien raconter, donner à ses idées une forme saisissante , résumer la pensée principale, voilà ce que l'on demande au maître ; de plus, il faut qu'il ait luimême cette foi vive qui, dans les choses divines» sans un grand appareil d'art, produit la conviction et la vie.
<i On consacrera six leçons, par seipaine, à l'ieps^gnement religieux ; d'ordinaire c'est par là que commencera ou se terminera l'école.
c Dans les écoles où l'on ne jugera pas utile que tous les élèves indistinctement suivent l'enseignement catéchélique, on occupera une partie des enfants par des exercices qui devront être choisis dans l'ordre des choses religieuses.
« Le chant en commun d'un cantique ou d'un verset; la
prièrêdite an oofliBieBomioiitderétiidd; Fattitnde du mâltreat des élèves, toat doit donner à la leçon on caraclère û'idijlca» Hon. II importe qne le nuattre Teille avec on soin tont jMrtiealier k se maintenir constamment dans la grâce divine» afin qu'il poisse prier» en toote conviction et dévotion ^ avec ses élèves, pour eoK et ponr lui-même ; et qu'il soit en drqit de s'appliquer le commentaire de Luther sur le quatrième commandement : < Je suis» moi aussi, un seigneur (ein Éeer) préposé, par l'ordre de Dieu et en son nom, pour veiller sur de pauvres enfants qu'il faut gouverner et élever. » Ce en quoi consiste la véritable vie de l'école chrétienne» c'est que, fondée sur la parole de Dieu et placée sous son inspiration, çelûd école est un établissement propre à l'instruction et à l'amendement» les élèves en devant sortir animés de Tesprit de Dieu» et aptes à toute bonne œuvre.
Aux maîtres qui sentent en eux une sérieuse vocation, nous rappelons ces paroles : c Le Seigneur dit è l'impie : Pourquoi célèbres-tu de bouche mon alliance et proclames- tu mes droits» taudis que toi-même tu hais l'obéissance et méprises mes lois? t Et encore : c Du corps de celui qui croit ep moi couleront des torrents d'eau vive. »