Circulaire du 31 octobre aux Recteurs
CONCLCSIOiNS. 359
Detrer dansTécoIe normale (]es jeunes gens dépourvus des connaissances les plus élémentaires, force est bien de leur inculquer ces connaissances; et ce n'est pas trop d^ deux années, à coup sûr, pour défricher ces esprits incultes. Dès lors, l'école normale disparais poiir faire place à Técole primaire; et pendant deux aqnées, dans un établissement qui ^vait pour mission de former des maitres, l'enseignement, est réduit à ces termes : lecture ,- récitation , écriture, langue française, calcul. Par une étrange compensation, les études qui, pour laisser dans l'esprit autre chose que des mots , devraient être faites avec réflexion, et conséquemment être distribuées entre les trois cours, se trouvent accumulées dans l'espace de quelques mois. C'est dans la dernière anpée que les élèvesmaitres sont contraints de s'occupersimultanément : dii calcn| appliqué aux opérations pratiques, de physique, d'histoire npturelle, d'agriculture et d'horticulture, d*arpentage et de nivellement, de dessin linéaire, de géographie et d'histoire!
Il serait difficile d'attendre un résultat sérieux d'études poursuivies en de semblables conditions ^ et nous croyons nq point nous tromper en affirmant que pas un directeur ^'écple qormale ne peut, en pratique , s'enfermer exactement dan? 1q cadre que le Règlement de 1851 impose à la répartition des cours. En vain, dirait-on qu'on 4 précisément voulu disposer le programme de telle sorte qne, par 1^ force méxfiQ des choses, les études scientifiques des instituteurs futurs demeurassent circonscrites en des limites très étroites. On se méprendrait étrangement, dans cette hypothèse» sur le but qu'il est désirable d'atteindre, et sur le danger qu'il importe d'éviter. Nous ne voyons pas ce qu'on gagne, sousaucnn rapport, à rendre les études superficielles. Ce ae sont pas les choses qui sont périlleuses, ce sont les mots ; ce n'est pas la science réelle qu'il faut craindre, c'est la demi-science. Or, dans les conditions du règlement actuel , ce n'est certes pas la
science réelle qu*il est possible de donner aux éièyes-mattres. Et de toutes les matières qui, dans une sorte de tourbillon scientifique, passent si rapidement sous leurs yeux, que peutil rester, sinon une vaine et stérile nomenclature? Au reste, nous le disions ailleurs, et nous le répétons avec plus d'assurance, après avoir étudié les établissements d'Angleterre et d'Allemagne, le succès moral des écoles normales n'est pas attaché au plus ou moins d'étendue du programme : il dépend de la direction de l'enseignement, c Adressez-vous au sentiment qui est à la fois préservatif et remède, au sentiment religieux; à la vanité ignorante ou savante, opposez cette conviction que Dieu fait honneur à l'homme en l'appelant à développer les germes déposés dans les Ames des plus petits; faites jaillir de la source divine, avec l'humilité qui s'oublie, le dévouement qui s'immole; chargez de cette mission un directeur habile; et, sur de tels fondements, élevez si haut qu'il. TOUS plaira l'édifice de la science ; car alors, loin de menacer la société, il la protège '. »
Il faut donc, dès la première année, faire participer les élèves-mattres aux différents objets d'étude, et répartir l'enseignement entre les trois années, proportionnellement à la force progressive des cours. Tout autre plan n'est que l'impuissance organisée; tout autre système part d'un principe faux et aboutit à une déception.
IV. — Rétablir dans le programme des études normale^ sous un nom très modeste, — principes d'éducation, tenue de l'école, etc., — les parties de l'enseignement pédagogique indispensables pour la direction intelligente d'une classe.
Comme tout, dansl'école normale, doitaboutirà la pratique, il importe que cet enseignement ait son point de départ et son