De la loi de renseignement^ p
C0NGLU8I0>S. 544
application dans les exercices de l'école annexe. C'est là qu'il trouvera tout à la fois une raison d'être et une limite, un point d'appui et un contrôle : des notions surles méthodes, surFétude des caractères, sur les moyens de discipline; des idées précises snr l'éducation envisagée à un triple point de vue, éducation physique, éducation intellectuelle, éducation morale, seront naturellement présentées aux élèves, à mesure que ceux-ci verront se développer les expériences de l'école annexe, les uns (les débutants) simples spectateurs, les autres (élèves de troisième année) appelés eux-mêmes à donner les leçons et à diriger les exercices.
L'école annexe, on le voit, doit tenir une place essentielle dans le système général des écoles normales.
Après la critique que nous avons présentée du rôle de la science pédagogique en Allemagne, on ne se méprendra pas sur le sens de nos conseils; et l'on devine aisément quel doit être, dans notre peusée, le caractère de l'enseignement pédagogique. La pédagogie, dans Técole normale, n'est pas une théorie vague et stérile, empruntantii une philosophieabstraite les solutions qu'elle présente. Gomme l'enseignement moral lui-même, elle a un principe : le dogme chrétien ; un but : la direction de l'intelligence et de la volonté dans l'œuvre de l'éducation. C'est à ces conditions qu'elle peut former non de petits rhéteurs et des théoriciens , mais des hommes pénétrés du but pratique de leur mission ; c'est à ces conditions, d'un autre côté, qu'elle peut faire sortir des écoles normales non des maîtres dépourvus de tout moyen d'influence morale et réduits à l'élat de machines vivantes, mais des hommes vrai^ ment dignes de leur mission et du nom qui l'exprime : imiitxi' teurs,
y. — Constituer régulièrement dans les écoles normales l'enseignement pratique de Tagriculture et particulièrement
de rhoHiciilture. Les It-hvaui agricoles sont le moyen le plus t)tiîssanl d'ûltécher rînslîluleùl' au sol de U cbmmuhe, el de reritretcrtir dans ces habitudes de simplicité dont il cofavienl de ne le voit* jamais se départir.
Il peut èlre difGcile, Je le sais, pour les écoles normales, de réunir les conditions nécessaires à Télude pratique de TagrieUlture l)ropremeht dite, coriditioils d'espace, conditions de temps, conditions dé mdtériaux et d'instruments. Mais aucune Objection n'est à prévoir, si Ton se restreint à la cultui'e des plantés poliigëres et des fleui'S, à la taille des arbres fruitiers et de la vigne, en nn mot, a Thorticulture et & rahboriculturo. k toute école primaire est du doit être annexé un jardin; et il importe, è tous égards, que Tinstituteur ait acquis les connaissances faébessaires pour tirer parti des ressources qtie la commune aura mises entre ses maitis.
Une heure et demie pourrait être consacrée» par jour, dans chaque école tiormale, aux travaux agt*icoles. Dde heure serait pWse sur le temps beaucoup trop prolongé que Ton donne aujburd'faiji ë la récitation et à Tarithmétique; une demi-heîire serait imputée sur les récréations: les. soins du jardinage constituent assurément pour les élèves-maitres le inode d'exercice cot*porel le plus utile.
YI. — Rendre l'élude de la musique obligatoire dans les écoles normales, cette étude comprenant la lecture, à cahier ouvert, des morceaux de musique ordinaire et le plain-cbant, et en outre la pratique du piano et de TorgUe.
Imposer ces études dans les écoles normales est le seul moyen d'introduire un véritable enseignement musical dans les écoles élémentaires, et par suite de rendre le goût de la musique populaire au sein des classes laborieuses en France. A ce prix seulement nos populations rurales pourront, dans l'avenir, 8'élever au degré de dUlture qu'ont atteint les popula*
tions aiiemaDdes. De l'autre côté du Rhio, pas une école de village ou les élèves n'apprennent à lire récriture musicale, comaie ils apprennent à épeler l'écriture ordinaire; pas une école où le maître ne soit en état de soutenir, par un accompagnement de piano ou d'orgue, le morceau à l'exécution duquel prennent part tous tes élèves sans exception.
Les écoles normales de Strasbourg et de Colraar présenteni, dès aujourd'hui, sous ce rappoH, les plus précieux exemples. Il ne s'agit à peu près que d'étendre à toutes les écoles normales françaises l'organisa iion musicale de ces deux établissements.
Section II. —Examen pour lo brevet de capacité.
VIL — Composer les commissions chargées de conférer les brevets, de telle façon que des tendances étrangères aux intérêts de l'enseignement primaire né puissent pas vicier le principe de Texamën, et égaler la vocation des jeunes maîtres. En Allemagne, c'est h des directeurs et à des professeurs d'écoles normales que l'on confie le soin d'interroger les aspirants au brevet de capacité. Toutes les questions posées par ces hommes spéciaux se rapportent naturellement et directement au but que n'ont cessé de potirsuivre les candidats; les membres des jurys dont je parle cherchent assurément à constater la science des aspirants, mais ils la constatent en vue de l'appplication qui en doit être faite. Bien que les éludes des écoles dormales allemandes soient plus fortes, on peut l'affirmer, que celles des écoles normales françaises; bien que le niveau des examens soit évidemment plus élevé chez nos voisins, ces examens ont, chez eux, un caractère essentiellement pratique. Ce n'est pas à des théoriciens ni à des professeurs de lycée que l'on confère le brevet, c'est à des instituteurs, à des maîtres d'école; et Tinlérèt pédagogique, dans la pensée des jurys ailemuuds, domine tout autre intérêt.
544 QUATEIÈME PAETIE.
Il faut bien le remarquer : ce n*est pas la difficulté des questions posées» c'est la nature de ces questions ou le but auquel elles conduisent qui détermine le caractère d'un examen. Tel maître d*une école primaire peut être beaucoup plus instruit qu'un professeur d'école secondaire» et cependant rester tn^/ituteur. Combien d'instituteurs primaires sont infiniment supérieurs à tels et tels bacheliers! et pourtant il serait détestable que les examens pour le brevet de capacité fussent des examens de baccalauréat au petit pied.
On voit donc combien il est important que les examens dont il s'agit conservent un caractère tout spécial. Or, tropsouvent, il convient de le dire» après de sèches questions sur la grammaire, sur les mathématiques, sur la lettre du catéchisme et les faits de l'histoire, aucune autre question ne révèle» de la part des jurys, une intelligence réelle de la vocation des candidats. Rien sur l'usage des méthodes» sur la direction d'une école» sur la science pratique de l'éducation ; rien en un mot sur ce qu'il faut pourtant considérer comme la partie vitale de l'examen ^
1. L'instruction ministérielle du S mai 1855 a inauguré la réforme sur ce point important; celle instruction doit être reproduite ici :
« Monsieur le recteur, je me suis fait représenter les procès-verbaux des commissions chargées d^examiner les aspirants au brevet de capacité pour renseignement primaire. J'ai pu constater que ces commissions ont généralement fait preuve d'un grand zèle, et qu'elles se sont montrées animées du désir de répondre à la con6ance des conseils départementaux, de qui elles tiennent leurs pouvoirs. Mais j'ai reconnu en même temps que le règlement du 15 février 1853 n'a pas été partout exécuté d'une manière uniforme. Ici, la sévérité a été grande ; là, l'indulgence a été excessive ; dans tel département, on n'a pas attaché à quelques épreuves l'importance relalive qu'elles doivent avoir; dans tel autre, on s'est appesanti outre mesure sur certaines parties de l'examen.
a Gel état de choses m'a démontré la nécessité d'instructions spéciales qui fussent, en quelque sorte, le guide pratique des commissions. De la direction que ces commissions donnent aux examens dépend, en grande partie, l'avenir de l'instruction primaire. Ce sont elles qui peuvent, tout à la fois, élever cette instruction au niveau qu'elle doit atteindre, et la
Quelles sont les conséquences de ce fait : l"" Les candidats, naturellement conduits à diriger leurs études en vue desques-
rcnfermer dans les sages limites que la raison, d'accord avec la loi, lui assigne. Je crois opportun, en conséquence, de passer en revue les diverses matières sur lesquelles les candidats au brevet de capacité sont interrogés, en indiquant sommairement la pensée qui doit présider à chaque partie de Peiamon, et les bases d'après lesquelles les épreuves seront jugées désormais.
Caractère général des examens.
• Les commissions ne doivent pas oublier qu'elles interrogent de futurs instituteurs ayant à prouver, non-seulement qu'ils ont acquis certaines connaissances, mais aussi et surtout qu'ils savent communiquer ce qu'ils ont appris. La partie des examens ayant pour objet les méthodes d'enseignement a été retranchée du programme, en ce sens qu'elle ne constitue plus une épreuve distincte; mais les questions portant sur la manière d'enseigner se rattachent naturellement aux épreuves relatives à chaque faculté.
Jugement des épreuves.
• Les commissions adopteront désormais un système de signes expri^ roant la valeur intrinsèque de chacune des épreuves.
« Ces signes, mesure commune d'appréciation, seront les chiffres de à to. Tout candidat qui n'aura pas obtenu, pour les quatre épreuves écrites, une moyenne de 20 points ne sera pas admis aux épreuves orales ; La nullité d'une épreuve sera un cas absolu d'exclusion.
«* Des points seront également donnés pour les épreuves orales, et le brevet ne pourra être accordé qu'à ceux des candidats qui, pour Tensemble des épreuves, auront obtenu un minimum de 40 points, pour les aspirants, et (en raison des travaux à l'aiguille) de 45, pour les aspirantes.
<* Il est à peine besoin d'ajouter qu'une même sévérité doit présider à l'appréciation des épreuves dans l'une et l'autre cession, et qu'il ne peut exister aucune raison , pour les juges, de se montrer moins exigeants dans la première que dans la seconde.
• À l'avenir, les rapports transmis à l'administration supérieure men« tionoeront la moyenne des points obtenus par chacun des candidats.
Épreuves écrites.
u Ecriture,^ L'examen des copies d'écriture dénote, chez presque tous les candidats qui n'ont point passé par les écoles normales, l'ignorance absolue des principes. Il n'est pas étonnant, dès lors, que l'enseignement
546 QUATRIÈME PÂtlTIE.
lions auxquelles ils sont appelés h répondre, ne se préoccupent, que d'une façon très secondaire, de ce qui devrait être l'objet
de l'écrilure laisse lant à désirer dans les écoles; les maîtres enseignent au hasard , et diaprés de mauvaises méthodes. Il importe donc que les commissions jugent Tépreuve dont il s^agit plus sévèrement que par le passé.
• Le texte dont la transcription constitue cette épreuve ne doit jamais être laissé au choix des candidats. Il sera toujours dicté ou présenté par le président ou par l'un des membres de la commission. Il faut que les futurs instituteurs soient en état d'enseigner à leurs élèves une écriture courante, facile et nette. Ces maîtres n'auront pas à former d'habiles professeurs de calligraphie, mais à mettre les enfants en état d'écrire couramment et lisiblement.
• Orthographe,— ' Xu\ termes du règlement du 15 février 1853, la dictée prend une page environ ; il est de l'intérêt môme des candidats, un certain nombre de fautes étant admises, que l'étendue de cette dictée ne soit pas diminuée : Tépreuve laisse ainsi moins de prise au hasard, en ce qui concerne l'orthographe d'usage. Le texte choisi sera lu préalablement à haute voix , puis dicté et relu, mais la ponctuation ne devra être l'objet d'aucune indication spéciale. Il faut que les candidats se rendent compte par eux seuls des motifs qui les déterminent à ponctuer de telle ou telle manière.
• Un maximum de quatre fautes est accordé pour l'épreuve de l'orthographe. On évaluera une faute toute infraction aux règles de la grammaire et toute violation de l'orthographe d'usage. L^omissîon des accents compte seulement pour 1/2 ; les traits d'union omis ou placés à tort compteront pour 1/4; les fautes de ponctuation, selon leur importance et leur nombre, entreront pour 1 ou 2 dans le chiffre total.
« Les fautes qui constituent des non-sens pourront faire prononcar la nullité de l'épreuve.
M Composition. — Cette épreuve permet de juger si le candidat a de l'ordre dans les idées, et s'il sait exprimer clairement sa pensée. On ne doit rien y chercher au delà. Il ne faut point demander aux candidats des qualités de style dénotant déjà^des habitudes littéraires; ils ont seulement à faire preuve de bon sens et de raison. Il convient donc d'éviter, avec le même soin, et les sujets qui ne provoquent que des lieux communs, et ceux qui tendent à entraîner les candidats au delà des études auxquelles ils doivent se borner. Les questions spéciales, circonscrites, bien déterminées, guident l'esprit et reiiip^chent de se perdre dans le vague.
• Cette remarque s'applique spécialement aux questions relatives aux
principal de leur attention. La plupart du temps, ce ne sont pas des instituteurs qui se préparent à diriger une école, ce sont
principes d'éducation et à la tenue des écoles. Mais il est à propos, en ce qui concerne les sujets tirés de Thistoire sainte, d'éviter ceui qui embrassent un trop grand nombre de faits; car, de tels sujets étant donnés, le travail du candidat n'est plus qu'un effort de mémoire.
« Les commissions ont paru peut-être, jusqu'à ce jour, trop exclusivement disposées à préférer les sujets empruntés à l'Ancien Testament. Il serait à craindre qu'un choix systématique n*eût pour effet de pousser les candidats à négliger le texte des Évangiles et des Actes des apôtres.
• Arithmétique. — Les problèmes posés ne doivent pas être résolus uniquement par les chiffres. Il faut qu'à l'appui de ces chiffres les candidats soient tenus de présenter le raisonnement qui les a conduits à la solution.
« Trop souvent l'on propose des problèmes oiseux qui n'ont aucune analogie avec les besoins de la vie réelle. Il importe qu'il en doit autrement, et que les candidats soient appelés à traiter des questions dont la solution ne laisse dans leur esprit que des idées justes. Quand, pour se préparer à subir Texamen, les candidats auront été obligés de s'occuper des applications usuelles , ils seront moins portés à les négliger dans leur enseignement. Les commissions cohtribueront ainsi à diriger l'in» struction primaire dans cette voie d'utilité pratique où elle deviendra de plus en plus profitable aux populations.
Epreuves orales.
• Lecture. ^ On doit s'assurer que tous les candidats au brevet de capacité non-seulement lisent et prononcent correctement, mais encore qu'ils comprennent ce qu'ils lisent. Il convient aussi de rattacher à cette épreuve diverses questions sur les meilleurs procédés à suivre pour l'enseignement de la lecture.
« Catéchisme et histoire sainte, — L'enseignement religieux dans l'école appartient exclusivement aux ministres des cultes; il serait téméraire à l'instituteur d'intervenir dans un tel enseignement, autrement que pour vérifier si la lettre du catéchisme est exactement apprise. C'est, toutefois, le devoir des commissions de s'assurer que les aspirants au brevet connaissent leur re-igion, et qu'ils possèdent non pas seulement la lettre mais Tesprit du catéchisme. C'est dans ce but surtout que la loi exige qu'il y ait, dans chaque commission d'examen, un ministre du culte professé par le candidat. Mais", s'il importe que cette épreuve ne soit pas rabaissée à un simple exercice de mémoire, il importe aussi qu'elle ne s'écarie pas du but auquel elle doit tendre. Les questions adressées aux
des étudiants qui 86 disposent à conquérir un diplôme; 2^ les candidats brevetés, une fois à la tète d'une école, ne sont, trop
candidats seront donc présentées avec simplicité et ne devront porter que sur des points de doctrine à la portée de ceux qui devront les résoudre.
« À regard do Thistoire sainte, il est bon de rappeler que rhistoire de la religion ne s^arréte pas à la mort du Sauveur. Tout iostituteur doit posséder des notions suffisantes sur rétablissement du christianisme et sur ses progrès.
« Analyse grammaticale. — Cette épreuve n'a pas exclusivement pour but de s'assurer si les candidats connaissent les règles de la grammaire. Les élèves des écoles primaires ont besoin d'apprendre leur langue, mais non les subtilités qui ont rendu, en la compliquant, Tétude de la grammaire si peu attrayante, et par conséquent, si dtfBcile. Les futurs instituteurs de la jeunesse doivent prouver, avant tout, qu'ils se rendenl compte de l'emploi des mots, de leur signification, de leurs accepiions différentes , et que , s'ils savent enseigner la grammaire d'une manière intelligente, ils savent» par conséquent, enfermer cette étude dans de justes limites.
• Calcul et système légal des poids et mesures. -^Les indications données à l'occasion de l'épreuve écrite s'appliquent aussi à l'épreuve orale de calcul.
« Il faut comprendre dans cette partie de l'examen l'application des quatre règles aux nombres entiers et aux fractions décimales ainsi qu'aux fractions ordinaires. La connaissance de ces dernières est indispensable, depuis que remploi de la méthode de réduction à Tunité permet de résoudre toutes les questions qui exigeaient autrefois l'étude des règles de trois, de société, d'escompte, d'alliage, etc.
Examen spécial des institutrices,
• Travaux à Vaiguille. — Cette partie de l'examen a pour objet de montrer non pas seulement que l'aspirante sait coudre et raccommoder, mais qu'elle est en état d'enseigner tous les genres de travaux familiers aux femmes. Toute aspirante qui ne possède pas une habileté suffisante dans les ouvrages à l'aiguille doit être ajournée à une autre session.
• Non-publicité de Vexamen, — Des doutes se sont élevés sur la manière d'entendre la prescription d'après laquelle l'examen des institutrices n'a pas lieu publiquement.
• La Loi, en excluant un public nombreux, n'a pas voulu prescrire un huis clos, qui ne serait pas sans inconvénients. Il convient de procéder
CONCLCSIONS. 549
souvent, que des roaltres sans valeur technique, aptes, il est vrai, à enseigner l'art de a lire, écrire et chiffrer» , impuissants
aux épreuves orales des aspirantes en les appelant par séries de quatre à six : les mères, parentes, tutrices, sont autorisées à assister à l'examen.
Examen svr les matitres facultatives.
• Si un candidat déjà pourvu du brevet vient subir Texamen sur les matières facultatives, convient-il de s'assurer par un examen supplémentaire que ce candidat possède, au point de vue des matières obligatoires, une instruction en rapport avec le caractère nouveau de son brevet ?
• La circnlaire du S6 janvier IF 54 a résolu cette question pour Texamen des futures institutrices : il convient de décider, d'une manière générale, que, pour le cas dont il s'agit, les commissions ne doivent pas se con* tenter de l'instruction dont les candidats ont fait preuve dans Texamen élémentaire. Elles ont le droit de revenir, dans une juste mesure, sur les matières énumérées dans la première moitié de Tarlicle 33 de la loi de 1850.
• Rien ne s'opose à ce que, dans l'examen complémentaire, les commissions imposent aux candidats une ou deux compositions écrites.
« Dans les éléments d'histoire et de géographie, peut-on comprendre les éléments de l'histoire et de la géographie générales? Oui, sans doute. La circulaire précitée comprend en effet, parmi les matières facultatives, l'histoire ot pariiculièrement Thistoire de Franco. — Quelques notions de cosmographie élémentaire se rattachent aussi par des liens naturels à l'étude de la géographie. On ne saurait donner aux élèves des idées exactes de l'inégale durée des jours, de la différence des climats, de l'influence q^ie cette inégalité exerce sur les productions, sans leur faire connaître la forme de la terre et son mouvement autour du soleil. Il est donc convenable que les commissions s'ussurent que les candidats sont en état de donner aux enfants ces notions simples et générales ; mais j'attends do leor bon esprit qu'elles renferment celte épreuve dans les limites que je viens d'indiquer.
« Vous voudrez bien, monsieur le recteur, communiquer les présentes instructions à MM. les inspecteurs d'académie et à MM. les présidents des commissions de votre ressort. Je ne doute pas que ces commissions ne s'empressent de s'y conformer désormais, et qu'elles ne contribuent ainsi à diriger l'enseignement dans ces voies de sages progrès où se rencontrent tous ceux qui veulent pour la jeunesse des écoles primaires une instruction appropriée à ses besoins et non des satisfactions d'amour-propre trop fertiles en déceptions.»
à diriger les esprits, h faire de rinstruelion un inslnimcnt d'éducation; S*' en ne maintenant pas, devant l&s regards de l'instituteur futur, le but particulier qu'il doit atteindre, on risque de faire naître dans son esprit cette pensée dangereuse que ses connaissances acquises, et, comme on dit en Allemagne, son instruction maiérielle, peuvent lui ouvrir des carrières auxquelles une éducation première ne l'a point préparé. De là des idées de vanité impuissante, un mécontentement sans but, une impatience secrète et le dégoût de sa profession.
Qu'on veuille bien le remarquer, d'ailleurs, entre la tàcbe confiée à un professeur de collège et la tàcbe du directeur d'une école primaire, il y a, dans Tapplication, une différence essentielle : pour le premier, cet ensemble dedifflcultés pratiques, du triomphe desquelles dépend tout le succès d'uneclasse, existe à un bien moindre degré que pour le second. Le professeur n'a qu'un élève en vingt ou quarante auditeurs, puisque tous suivent le même cours, et sont supposés de force égale. Vinstiluieur, au contraire, doit conduire cinq ou six divisions composées d'élèves d'une instruction très diverse. Il lui faut outre le savoir, avec l'art de maintenir la discipline, celui de faire marcher de front cinq ou six classes différentes. Comment donc ne pas exiger d'un aspirant à la direction d*une école primaire la preuve qu'il est au courant des procédés multiples et des diverses méthodes usités dans la conduite de l'écolet Or, pour donner aux examens ce caractère essentiellement pratique, il ne suffit pas que le programme contienne certaines questions techniques, il faut surtout que les juges possèdent les connaissances nécessaires, et que les habitudes de leur esprit ne les détournent pas du point de vue spécial auquel doit les ramener l'intelligence réelle des vocations dont ils ont mission de constater la valeur.
SEcnoN m. ^ Écoles primaires de filles.
VIII. — MuUîplier partout où faire se pourra les écoles spéciales de filles.
On Ta dit avec raison: Instruire les filles, c* est créer une école au sein de chaque famille; car la mère, par la nature même des choses, devient le moniteur de ses enfants.
A vrai dire, on eût compris que la loi rendant obligatoire, dans chaque commune, rétablissement d'une école, cette école, avant tout, eût dû être l'école des filles.
L'école, quand il s*agit de la jeune fille, doit être tout spécialement dominée par les inspirations de la vie domestique ; et il importe que, pour renseignement, tout y soit ramené à la pratique.
Le caractère deréilucation,chezla jeune fille, est déterminé par la mission de In femme.
L'instruction déclasse la jeune fille quand elle lui inspire du dégoût pour la condition à laquelle appartiendra Tépoux qu'elle peut et doit avoir.
Le déclassement pour le jeune homme est dangereux ; m ais il n'est pas nécessairement funeste, car il est possible au jeune homme, par le développement de ses facultés pn^pres, de rétablir réquilibre entre ses prétentions et les faits.
Mais le déclassement pour la jeune fille est un mal qui ne se répare pas; car la condition sociale qu'il lui fait délirer, la jeune fille ne saurait la conquérir par elle-même. Elle ne s'en empare pour un moment qu'en abdiquant sa destinée ; et le rêve de son ambition n'est souvent que l'écueil do son honneur.
De ces principes suivent ces conséquences :
Dans les écoles de filles, ce qu'il importe, ce n'est pas seulement que Tinstruction soit donnée; c'est surtout qu'elle soit dispensée dans une sage et prudente mesure;
L'instruction qu'il faut donner aux jeunes filles est celle qui est en harmonie avec la profession de l'époux que leur destine la hiérarchie sociale.
Ces mots renferment, selon nous, tout le programme de l'éducation des filles. Pour appliquer ce programme, il faut, on le comprend, des écoles spéciales^ écoles ou, avec les codnaissances indispensables, on enseigne les ouvrages de coqture; où l'on forme la future mère de famille en même temps qu'on instruit la jeune fille; où l'on éveille» dans les instincts précoces de la seconde, le sens pratique de la première. Dans les communes rurales, l'instruction théorique ne doit être que le complément de l'éducation pratique ; daos un grand nombre d'entre elles, Técole doit, autant que possible, emprunter les caractères de l'asile-ouvroir*,
IX. — Encourager le dévoùment des institutrices en rendant applicables aux écoles de filles les dispositions de la loi de 1850 relatives au recouvrement de la rétribution scolaire.
1. » Dans les lieux où la création d'une école do 6IIes rencontrerait des obstacle!^ insurmontables, il est une institution très propre à remédier en partie, sinon en totalité, aux inconvénients résultant de la privation d'un enf^eignement spécial : je veux parler des asiles -ouvroirs. Ces établissements sont destinés à donner aux jeunes filles les connaissances et Pliabilude des travaux à l'aiguille, à mettre, par conséquent, entre leurs mains les instruments les plus habituels de leurs futurs travaux. Rien de plus simple ni de moins coûteux. Les asiles-ouvroirs se tiennent soit dans les salles d'école, après les heures de classe, soit dans un local conligu. La femme de l'instituteur, ou, à son défaut, une couturière agréée par l'autorité, est chargée de la direction de cet ouvroir moyennant la faibli.' rétribution annuelle de 40 à 50 francs, à laquelle on ajoute une somme très minime pour l'achat des matières premières. On a soin de varier le> travaux des jeunes filles, qui sont principalement occupées au raccommodage de leurs vêtements ou de ceux de leurs parents, pendant qu'une des monitrices fait à haute voix une lecture instructive. Dans les école^ mixlcs, tenues par des instituteurs, un ouvroir de ce genre est, voos le voyez , le complément presque indispensable de l'éducation des filles. • (Circulaire du 31 octobre 1854).
Sar le nombre total des iDstilutrices communales, plus de 4000 ne jouissent que d'un revenu inférieur à 400 fr.; près de 2000 ne peuvent élever leurs ressources au delà de 100 à 200 fr. ! Par exemple, 36 dans la Sarthe , 46 dans les Basses- Pyrénées» 39 dans la Haute-Saône, 116 dans le Puy-de-Dôme, 104 dans la Moselle, 179 dans la Lozère, 105 dans la Haute- Loire, 160 dans la Manche, 55 dans le Maine-etrLoire, 69 dans risère, 66 dans la Meurthe, 73 dans la Loire, 40 dans lUe-et- Vllaine, etc., appartiennent à cette dernière catégorie. Ces femmes dévouées supportent avec un courage, je dirai presque avec un héroïsme soutenus par le sentiment religieux, les privations que leur impose un pareil dénûment.
Mais si la loi n'a pu fixer, pour les maîtresses, leminimtim de traitement qu'elle assure aux instituteurs, du moins convient-il de faire les derniers efforts pour qu'aucune parcelle d'un si maigre revenu ne soit enlevée des mains des institutrices du peuple.
Or, qu'arrive-t-ilT Dans un grand nombre de communes, le conseil municipal entend garantir à l'école de filles un revenu fixe, si mince qu'il soit, revenu dans lequel il comprend la rétribution scolaire. En un tel cas , cette rétribution devient une véritable recette communale. Eh bien I les percepteurs se refusent à la recouvrer, et les institutrices, contraintes de la percevoir elles-mêmes, sont réduites à tendre la main. Encore est-ce trop souvent sans résultat que, dans leur délaissement, elles compromettent ainsi la dignité de leurs fonctions. La plupart du temps, il leur faut laisser une fraction de leur traitement dans la poche de débiteurs intraitables.
Il serait d'un haut intérêt de faire entrer l'écolage des filles dans le budget ordinaire de la commune. Il ne s'agit pas ici d'un impôt nouveau ; il s'agit tout simplement du mode de perception d'une charge prévue par la loi. Singu-
5S4 QUATRIÈVE PARTIE.
lière anomalie I tant qu'une commune n*a qu'une seule école, la rétribution scolaire des filles ainsi que celle des garçons est portée au budget et perçue comme les autres contributions par le receveur municipal. On crée une école de filles : aosailAt la rétribution payée par ces dernières semble devenue une laie illégale; elle est abandonnée à Tarbitraire des familles» qui souvent se montrent d'autant plus négligentes que rinstitutrice est plus timide et plus généreuse.
Pour remédier à ce mal, qu'y o-l-il è faire? Autoriser, je ne dis pas obliger, les conseils munlcipaui h porter la rétribution aeolaire des flilea à leur budget; la faire recouvrer dès lors par les percepteurs, sur des états de préaenee rendus eiéeutoires dans la forme ordinaire ^
X. •**- Lorsque la création d'écoles spéciales pour les filles rencontre, dans les communes d'une très faible population, des obstaeles insurmontables, mettre h profit les avantages qu'assurent à la France le zèle des maltresses formées dans les écoles normales, et le dévotment dëè congrégations reli-' fieusH, pour substituer, avec tous les ménagements de la pra* denee, conformément à Tart. du décret du 31 décembre, UM institutriee à l'instituteur dans la direction des éooto milles.
Sur totts les points du territoire^ un sentiment très louable
1. Plusieurs conseils généraux ont émis ce rœu dans leur session de ISI4, entre autres ceux de Seine-et-Oise et de la Haute-Marne. La délibération du V est aiasi motivée s
• Le Conseil généra^ etc.,
• Considérant que le traitement modique des institutrices communales est souTcnt diminué par les retards ou même par les pertes qu'elles subissent dans la perception de la rétribution scolaire, et que les institatrices gagneraient en revenus et en oensidération si ellee n'étaient plus dans la nécessité d'opérer elles-mêmes le recouvrement de cette rétribution;
• Considérant quUl est important de favoriser, autant que possible) rextea^ion des éoûs» spéciales de filles... ■
CONGLOftIONS. 555
dans son principe détoarne les parents de confier k un ÎDstituleur Tédacalion de leurs filles. Dans un grand nombre de communes» les ebers de famille, plutôt que de braver npe répugnance qu*on ne saurait blAmer, préfèreni laisser les jeunes filles sans aucune instruction. Là est un des principaux obstacles à la diffusion de renseignement primaire.
Le décret du 31 décembre permet de lever eet <^taele. Et les avantages de la substitution dont on parle ont été consacrés dans plusieurs départements par une expérience déeisive. Prenons pour exemple le département des GôlesKitt-Nord : Au 1*^ septembre 1850» ce département comptait 56 écoles mixtes, quant au sexe : 19 seulement étaient eoufiées k des instituteurs, 35 à des institutrices. Ainsi le sentiment moral des populations avait prévalu contre le texte de la loi de 1833. Dans le petit nombre d'écoles oiixtes dirigées par des hommes, la place réservée aux filles était presque déserte.
Dès son entrée^en fonction, l'ancien conseil académique décida que nul instituteur, dans le département, ne pourrait désormais tenir la classe des filles. Cette décision radicale n'eut pas les effets qu'on aurait pu craindre. Plusieurs communes prirent le parti de créer des écoles spéciales que, soustraites à nne telle pression, elles n'eussent jamais établies. Presque partout» quelque dévouement obaritable pourvut aux besoins qui se produisaient. Les écoles mixtes dirigées dans les Côtesdu-Nord par des institutrices sont aujourd'hui au nombre
de 53.
Si Ton considère maintenant l'ensemble des Académies, voici, en ce qui concerne le genre d'écoles dont il s'agit, le résultat général qu'il est permis de constater t
Dans ces écoles, Tinstruclion des garçons est ordinairensent faible , si ce n*est en ce qui a rapport au catéchisme. Les notions élémentaires àè l'arithmétique y sont généralement
ignorées. Non -seulement les garçons y savent moins et moins bien que les élèves des instituteurs , mais ils savent moins et moins bien que les jeunes filles leurs compagnes de classe : l'organisation intellectuelle de l'institutrice semble se trouver en rapport plus intime avec celle des enfants de leur sexe qu'avec celle des garçons.
On pourrait redouter que des mains féminines ne fussent pas assez fermes pour tenir en bride l'emportement de jeunes garçons. En général cependant les écoles mixtes dirigées par des femmes ne sont pas plus indisciplinées que les autres écoles, ou plutôt il semble s'y opérer une sorte de compensation. Les petits garçons y bavardent peut-être davantage» mais ils y deviennent moins sauvages et moins rudes. Ils y prennent quelque chose de la douceur et de la retenue de la jeune fille; de plus, dans ces écoles, le jeune garçon est ba«bituellement moins sale dans son habillement que chez Tinstituteur; or, la propreté est quasi une vertu.
Ainsi, les résultats obtenus par des institutrices dans la direction des écoles mixtes , même au point de vue purement scolaire, sont suffisants pour les petites communes rurales. Sous d'autres rapports, lorsque les institutrices appartiennent k des congrégations, ces résultats , il faut le reconnattre, sont d'une incontestable valeur.
La plupart des écoles mixtes confiées aux congrégations sont dirigées en effet non par une mais par deux institutrices. Que résulte-t-il de ce faitf Non-seulement ces religieuses, grâce à l'habit qui, en dépit de la jeunesse même, les revêtd'un caractère maternel etd'un ascendant religieux^exercent sur la génération confiée à leurs soins une influence décisive; mais elles sont en mesure de combler la regrettable lacune que présente, dans les communes rurales, l'organisation de la bienfaisance publique : les sœurs tiennent une petite pharmacie; elles visitent, elles consolent le paysan malade on in-
firme ; elles stimalent et fécondent la charité privée. Elles font le plus heureux emploi des quelques ressources que la commune peut mettre à leur disposition. En un mot, la maison d'école est en même temps le bureau de bienfaisance rural.
Plus d'une commune^ désirant assurer à ses malades des soins intelligents et dévoués » s'est imposé» dans ce but, des sacrifices qu'elle n'aurait jamais faits an seul désir de fonder une école; plus d'un particulier qui n'aurait rien donné pour l'école seule, concourt par une donation, par un legs, par une souscription, à l'entretien d'un établissement qui est tout ensemble une maison d'instruction et une maison de charité.
Pour un nombre considérable de communes, il y a impos-. sibilité de faire face aux dépenses, quelque minimes qu'elles soient, de l'entretien de deux sœurs. Le décret du 31 décembre a facilité la solution du problème, en accordant un traitement de 400 fr. aux institutrices qui seraient préposées à la direction des écoles mixtes. Pourquoi ne ferait-on point un pas de plus? Pourquoi le minimum de 600 fr. garanti à un instituteur ne pourrait-il être attribué à deux ou trois religieuses qui tiendraient l'école des garçons et des filles, et visiteraient les malades 7 Pourquoi la loi n'accorderait-elle à un dévouement et à des services doubles que les deux tiers de la somme allouée à l'instituteur qui tient purement et simplement une classe de garçons?
SEcnoN lY.— Fréquentation des Scoles.
XI. — Mettre partout des moyens d'enseignement à la portée des populations , particulièrement dans les pays montagneux; et, à celte fin, multiplier les classes de hameaux, petites écoles que l'on doit considérer comme de simples annexes des écoles communales, dont elles ne sont, en réalité,
SttS QUATRtlMK FAtTIE.
que dM démambrdmefitg, et dont oo peut, oonséqoênimeiit, coDfiar la direction à dea ioatitoteora adjointe.
La plupart dea oomtnanea aont radicaleoient Impoiasantes à entretenir plusieurs écoles publiques. Si la commone se compoaa* d'un certain nombre de saetiona très éloignées du obaMiau, comment ponrvoir k Tinstruetion des enfanta qui habitent ces sections? Non^seulement la commune ne peut assumer la charge du traitement de deux ou trois instituteurs tiHdairei^ mais elle ne saurait même parfaire le traitement minimum (400 tt.) d'un nombre égal AHnatUuteurs suppliants. Reste ce moyen : préposer aux petites écoles de hameaux ou de sections (lesquelles ne sont guère ouvertes que trois ou quatre mois d'hiver) des maîtres qui, placés sous la direction comme sous la responsabilité de Tinstituteur commnnal, soient vis -à-* vis de ce dernier de véritables adjoints^ et dès lora ne se trouvent soumis ni aux conditions d'âge, ni aux conditions de brevet, ni aux conditions de traitement imposées par Tart. 98 de la loi.
Les enfants de la section appartiennent de droit à Técole chef-lieu x rien n'empêche d'admettre qu'aux époques où il leur devient impossible de fréquenter cette école, l'instituteur eommunal pourvoie k leur instruction avec l'aide de ses auxiliaires» ees auxiliaires ou maltres^djoints étant détachés par le titulaire, et allant en son nom trouver les enfants quand les enfants ne peuvent venir le trouver.
Dès lors» plus de difficultés administratives d'aucune nature : point de traitement minimum : une faible somme et quelques secours en nature suffisent pour rémunérer le jeune maître qui trouve dans celte humble ressource le moyen de
1. Gomme dans le Jara, les Vosges, les Haates-Âlpes, les Bassas-AIpes, êl géaéralemeal dans les départements montagneux.
cofiCLvnont. S80
sabirefiip à ton ctistoneei pendant qaê, par cette sorte de stage, il se prépare aui etamoBS do brevet, OU timplemeilt ans épreuves d'adroissioD k l'école normale.
Et ainsi les administrations locales satisfont h des besoin! impérieui, sans qu'aucune atteinte soit portée au teite ni k Tesprit de la loi ^
Il est très facile assurément de constituer, en de telles conditions, de petites écoles dans tons les hameaux tant soit peu considérables; c'est là un des moyens les plus effleaees de faire pénétrer rinstruction Jusque dans les dernières coucbea des populations rurales, et de détruire les préteites dont s'autorisent, pour soustraire les enfants k Técole, Tindifférence on le mauvais vouloir.
XII. — Des moyens d'instruction une fois organisés dans toute l'étendue du territoire, ne plus souffrir que l'arbitraire soit la seule règle qui préside à l'envoi des enfants à l*école.
Liberté pour le chef de famille de donner l'instruction h son fils où il veut, comme il veut: qu'il choisisse Técole privée ou l'éeole publique ; qu'il préfère l'éduoation du foyer domesti^ que; catholique, qu'il en fasse un catholique; protestant, un protestant; juif, un juif. Hais que le père ou le patron puis* sent, à leur gré, livrer la faiblesse d'un enfant aux séductions dn vice dans l'atelier, aui périls dn vagabondage et de la men* dicité sur la place publique; qu'ils puissent, sans eontr6le, immoler la vie morale et intellectuelle de eet enfant, vie dont ils sont comptables à la société aussi bien que de la vie physique : voilà ce qui, chez un peuple civilisé, n'est adqiissible ni devant le droit humain ni devant le droit chrétien.
1. Il est procédé ainsi, avec l'approbation de Pantorité sDpérieare, dans plusieurs départements, notamment dans le Jara. Sur cinquante écoles de hameaux établies dans ce département, les neuf dixièmes seraient nécessairement supprimées s'il hllàit pcurvcir â un traitement de 4ee francs en faveur ds ohaeua des maîtres qui Isa dirigent.
QUÀTEIÈUE PARTIE.
Aux termes de la loi de 1841, «nul enfant ne peut être admis dans les manufactures si les parents on tuteurs ne justifient qu'il fréquente actuellement une école. » Le principe du contrôle de la puissance publique, en pareille matière, a donc été posé pour un cas particulier. De quoi s'agit-ilt d*en généraliser Tapplication.
On a vu quelle est en Allemagne l'efficacité des mesures prises pour assurer la fréquentation de Técole. En France» les faits témoignent des besoins profonds auxquels, à l'heure qu'il est, il s'agit de pourvoir. Tandis qu'au-delà daRhin le sixième de la population fréquente assidûment les classes, il est, en France, des départements où le chiffre des enfants de l'école n'atteint pas le quarantième ou même le cinquantième de la population.
Entre autres départements, prenons celui de l'Ariège : sur 43,204 enfants de sept à quatorze ans, 26,964, les deux tiers environ, n'y fréquentent pas les écoles!
JHoaahn 4*£iiAuiU d« 7 i i4 iBi.
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Nombre d*Eii&ati de 7 à i4 un
TécoU.
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qui n« fréquenlml
PM Técole.
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Owfoos.
FiUcf.
GarfOM.
FOleiL
Fait encore plus saillant peut-être-: tel est le défaut d'assiduité pendant le temps où les enfants figurent nominalement
GONGLDSiONS. 564
sur les listes, qu'arrivés à Fàge viril, on grand nombre ont perdu toute trace des notions religieuses et scolaires qu'il leur avait été donné d'acquérir.
Dans plusieurs départements, aucun progrès, depuis quinie ans, n'a été constaté dans le nombre des jeunes soldats sachant Ure et écrire ^ Si tels sont les faits, il faut avouer que l'école, dans les conditions actuelles, ni au point de vue moral ni au poîDt de vue intellectuel, ne produit les résultats durables que la Famille, l'Église, TÉtalsont en droit d'en attendre.
Qu'on ne compte point dans l'avenir sur un progrès proportionnel aux progrès antérieurs. Au point où nous sommes arrivés, quatre causes s'opposent à la diffusion de renseignement dans les couches delà population où jusqu'à ce jour elle n'a pu pénétrer : io la longueur des distances à franchir et la difficulté des trajets; 2"^ la passion du gain chez des chefs de famille qui entendent, avant tout, tirer parti de leurs enfants ; ^ rincurie systématique, et 4* le mépris de la pensée morale et religieuse.
On triomphera de la première cause en multipliant les écoles de hameaux; quant aux trois autres, elles constituent des forces redoutables, de la coalition desquelles Faction d'une autorité à la fois paternelle et ferme est seule capable de paralyser les effets.
Nous voudrions donc que la loi consacrât des dispositions de nature à mettre aux mains des administrations locales Tarme sans la protection de laquelle les intérêts moraux les plus chers sont immolés chaque jour à de honteuses passions.
Les dispositions fondamentales seraient celles-ci :
Sont soumis à l'obligation de fréquenter une école, si aucune instruction ne leur est donnée au foyer domestique, tous les enfants de sept à treize ans.
Toutefois, les sanctions pénales de cette obligation ne peu-
1, Voyez II* partie, chap. l**", section S.
962 QUATRIJMK PARTIE.
fent ètro iDTol|iiéei mntra les pirests des élèfes dont le do« micile est séparé de l*éeole par une distaûee de plas de dooi kilomètres.
L'obligation de fréquenter l'éoole s'étendra sur Tannée entière, k IVioeption d'on mois dans les filles et de trois mois dans les eam pagnes*
Dans les villes de moins de 8,000 âmes, le commissaire de police, et dans les filles dont la population s^élèf e ao*des8«s de ee chiffre, un ou plusieurs eommissaires spéolaui (ccmmU* sairês dêi ioùlêê) rechercheront et signaleront an maire les familles dont les enfants ne fréquentent pas Téeole et ne re* çoivent d'ailleurs aucune éducation dans la maison peter** nelle * .
Trois avertissements, k huit jours d'intervalle, seront donnés, au nom du maire, aux familles dont il s'agit. Si ces avertissements ne produisent aucun résultat, le maire citera les pères, maîtres ou tuteurs devant le comité des délégués com* munaux, et, d'après Tavis de ces délégués, prononcera contre eux, selon les cas, soit la radiation des cadres du bureau de bienfaisance, soit une amende, ou bien les condamnera à faire, au profit de la commune, une ou plusieurs Journées de pres« talion.
Tous les mois, rinstiloteur remettra au maire la liste des enfants qui auront manqué Fécole» avec indication du nombre des jours d'absence. Il indiquera, en regard de chaque nom, les motifs d'excuses allégués. A défaut de motifs légitimes, les pères, tuteurs et maîtres seront cités, comme il est dit plus haut, et sérieusement avertis par le maire.
1 . Un recensement de cette nature présente moins de difficultés qo^im le suppose. 11 a été fait tout récemment, par exemple, avec une stricte eiactitade, dans un des quartiers les plus populeux de Paris, par un administrateur habile , M. Leroy de Saint-Arnaud, conseiller d^Êut, maire du XII* arrondissement.
CONGLGSlONt. 665
k la troisiàma a)ifieDad ooo légitimemeot motivée , i\% se* roDt passibles de Ynw des peines ci-dessus énoncées.
Le principe de robligation une fois posé, il appartiendrait aux autorités locales d'adapter aux circonstances la sanction pénale, et de l'appliquer avec tous les ménagements de la prudence.
A part les masures aeeidentelles dont on fient de parler, il est, pour obtenir l'assiduité des enfants à l'école , un moyen permanent d'action sur les familles. Ce moyen consiste à eiiger la rétribution, non pas seulement pour les quelques mois où les enfants fréquentent l'école, mais pour toute l'année. L'établissement d'une rétribution annuelle et non mensuelle, intéresse les parents k faire en sorte que les enfants suivent eiaetement les classes ^ Plusieurs conseils généraux et quelques conseils académiques ont proposé
1. le lisi dans une îastraetion de M. le Préfet ds la Hante-Loire (jan* vier 1S55):
• Ce délaissement des écoles pendant plusieurs mois est nn fait général et fatal ponr les Jeunes caractères comme pour les jeunes intelligences. Les enfants perdent^ pour la plupart, pendant cette interruption, non seu* lemeni une partie de ce qu^ils avaient appriSi mais, ce qui est plus grave, les habitudes d'ordre, d'étude et de discipline qu'ils avaient pu déjà contracter. À ces divers poinU de vue, je devais m'en préoccuper et chercher un remède. J'ai l'espérance de l'avoir rencontré, en ouvrant aux familles la faculté de remplacer le paiement mensuel de la rétribution scolaire par un abonnement annuel.
• Ce n'est point, d'ailleurs, arbitrairement que le taux de cet abonnement a été fixé à S fr. Cette somme représente, d'après les calculs que j'ai fait laire, la moyenne exacte de l'argent versé annuellement jusqu'ici par les parents pour chaque enfant payant qui fréquente les écoles. L'éco* nomie et l'intérêt de leurs enfants se réunissent donc pour recommander aux chefs de famille l'adoption de l'abonnement. J'espère qu'ils le comprendront ainsi, et que la mesure diminuera immédiatement la déplorable désertion de l'école pendant l'été. Elle devrait du moins avoir cet effet entier à l'égard des enfants que la charge de la rétribution seule en faisait éloigner durant cette saison, et, à l'égard de ceux que leurs parents ont réellement besoin d'utiliser aux travaux des champs, elle devrait les y
d'adopter ce moyen indirect de consacrer Tobligatton de renseignement. Dans le département de la Meurthe ce système est appliqué depuis le 1^ janvier 185S. Le prii 4e TabonDement y est fiié aux ii& du montant de la rétribution pour Tannée.
Sbction V. — Moyens de perfectionnement.
Xni. — Rétablir les conférences entre les instituteurs. Chaque canton doit avoir ses conférences; il importe que ces réunions se tiennent toujours sous la présidence de Tinspecteur primaire d'arrondissement. Abandonnées à elles-mêmes, elles s'égarent au hasard, sans profit pour les maîtres et an détriment des études régulières. Dirigées par les représentants officiels désintérêts scolaires, elles peuvent contribuer efficacement, en provoquant une émulation féconde et des comparaisons utiles, au progrès de l'instruction primaire et à la diffusion des saines idées.
Les conférences doivent avoir lieu , dans chaque canton, trois fois par an.
Dans chaque séance, un des instituteurs donne lecture do rapport qu'il a été chargé de préparer sur une question scolaire; et ce rapport devient, pour les membres de la
conférence, le texte d'observations que le président contrôle, et d'une discussion qu'il dirige en l'éclairant.
Il est, de plus, traité, dans chaque conférence, de la situation, des besoins, des progrès de chaque école en particulier. Il y est donné par Tinspectenr explication des règlements de l'autorité supérieure ou de Tautorité scolaire départementale.
L'inspecteur signale chaque année à l'autorité académique
ramener pendant les intermittences que présentent ces travaux dans qd pays où l'agricnltare est encore si peu avancée. •
les instituleors qui se sont le plus distingués dans les exercices de ces conférences.
XIV. — Etablir, partout où le permettent le zèle des instituteurs et la bonne volonté des administrations locales» des dasBet du dimanche pour les adultes. La création de ces classes est, à vrai dire, le seul moyen de perpétuer les résultats du premier enseignement, et de prolonger, dans l'intérêt de Tenfant devenu homme, pour le développement de sa vie intellectuelle et morale, l'action concertée de TÉglise et de Técole.
En France, comme au delà du Rhin, partout où est ouverte une école primaire, devrait exister une école deripèU^ iion {Wiederholungschtde).
Il serait très utile que des prix décernés par les conseils généraux encourageassent tout ensemble dans les écoles et l'assiduité des élèves et le dévouement des maîtres.
Il ne faut pas hésiter à le dire : dans Tétat actuel des choses, en l'absence d'un moyen régulier de préserver les enfants du peuple, à leur sortie de l'école primaire, de l'abandon moral qui les attend , une grande partie des sacrifices consentis par les familles, les communes et l'État sont prodigués en pure perte : pour la moitié des élèves des écoles primaires, dans les conditions présentes,rédificede l'éducation populaire manque du couronnement qui seul peut, en l'achevant, le préserver de la ruine. Tant que ce couronnement fera défaut chaque génération est condamnée à recommencer, sans profit pour l'avenir, une tâche dont les chiffres et les faits démontrent chaque jour la stérilité : l'école du dimanche^ pour les adultes, est le complément nécessaire. La charité privée, en dotant plusieurs villes de sociétés de patronage pour les ap* preniis, a devancé l'action administrative. Il importe que l'initiative gouvernementale élève une création si utile a la hauteur d^une institution publique.
Dans l'ordre des faits scolaires, voilà nos conclusions.
566 QDATAIÈME PIBTIË.
ÉlevoDS-iioiis maintenant à des considérations plus générales.
L'Allemagne, depuis an siècle, est h la recherche du principe surleqnel doit reposer l'éducation. Elle a demandé ce principe aoi difrérentes écoles de pédagogie, qui, au nom de la pensée philosophique, ontsuccessiTement imposé leur domination, •Q delà du Rhin ; elle s'est livrée tour h tour à des systèmes qui, à des degrés divers, présentent ce caractère commun de ne pas tenir compte dû dogme fondamental sur lequel est bâti tout l'édifice chrétien. Non qu'entre ces systèmes il 7 ait parité et confusion : j'ai signalé les traits caractéristiques de Basedow, de Pestalozzi, etc.; et je ne confonds pas plus M. Diesterweg avec le fondateur d'Yvcrdun que je n'identifie Feuerbach et Hegel. Je connais toutes les distinctions qu'il faut maintenir, toutes les divergences qu'il convient de constater. J'affirme seulement ces deux choses : premièrement les écoles de pédagogie dont il est question, qu'elles invoquent l'autorité de Pestalozzi ou qu'elles s'abritent sous le drapeau des libres communei^ s'accordent en ceci, qu'elles repoussent, sur le point décisif de la science de l'éducation, l'autorité de la tradition chrétienne. En second lieu, \h où la foi en la déchéance origin?lle n'existe plus, la véritable notion de la nature de l'homme est altérée; le point de départ comme le but de l'éducation sont méconnus, et l'ordre moral est en péril ^.
On sait à quelles extrémités redoutables la fausseté du point
! .• La vérité, quant à la nature humaine, écrivait récemment M. Guizot, est dans la foi chrétienne. C'est dans l'homme lui-même que le mal réside : il est enclin au mal Je ne veux point faire ici de théologie ; mais je me sers, sans hésiter, de ces termes qui sont les plus exacts et les plus clairs. Le dogme du péché originel est Texpression et l'explication religieuse d'un fait naturel, le penchant inné de l'homme à la désobéissance et à la licence. • (K. sur ce point fondamental M"** Necker-Saussure, et M. Sftint-Marc-Girardin, /.*/. R<na$HM, $aviê$tn»(mvra§9$.)
C0NGLC810NS. 567
de départ a eondoit» souvent h leur insu, les penseurs dont la logique populaire se chargeait d'îolerpréter les doctrines; on sait avec quelle énergie l'instinct du salut public a déterminé, contre des théories longtemps souveraines, la réaction de la pensée chrétienne. On a vu les gouvernements, dans une sorte de ligue défensive, se mettre à la tète de toutes les forces sociales, et traduire les protestations de la conscience publique en lois et en règlements, qui ne sont autre chose qu*un retour pur et simple aux principes traditionnels. L'acte d'abdication des systèmes révolutionnaires a été déposé, au delà du Rhin, entre les mains de la puissance qui n'avait cessé d'en combattre les périlleuses applications, entre les mains de l'État.
De tels faits ont une signification décisive $ et cet eiemple de l'Allemagne est, pour tous, un grand enseignement.
Il n'est plus permis de s'aveugler désormais : l'instruction primaire doit se proposer , non pas de jeter les intelligences dans des voies inconnues, non pas d'affranchir les esprits de la tutelle du passé, mais bien de les faire participer aux idées éprouvées par le temps, contrôlées par l'expérience ; de les mettre en possession des vérités indiseutables et des résultats acquis ; de rattacher, en un mot, la génération qui s'élève à la génération qui l'a précédée : elle a pour devise, non pas le mot : indipendance , mais le mot : tradUiim»
Une idée capilale>disons*le hautement, se dégage de l'étude de ces expériences hardies qui, sur tous les points du monde moral, dans lesconditions les plus favorables d'indépendance, coDséquemment de succès, et sous le patronage de noms illustres, ont été accomplies, en Allemagne, depuis le milieu du siècle dernier ; elle est celleH^i :
En dehors du christianisme, tout développement de l'activité humaine conduit k une erreur et à une faute. La théorie
d'une éducation humanitaire est convaincue d'impuissance; depuis le christianisme^ on n'est homme qu'à la condition d'être chrétien.
El comme la vie morale d'un peuple ne saurait, après tout, être gouvernée par d'autres lois que la vie de l'individu luimême, à la formule que nous venons de présenter, il faut ajouter ce corollaire :
Le christianisme est le seul fondement sur lequel puisse reposer l'ordre général : principe d'éducation pour l'individu, il est le principe et la règle du développement des sociétés.
c La religion cbrétienne,a dit un profond penseur*, donne le point fixe qui nous manque et auquel nous aspirons. Les diverses églises chrétiennes ne le placent pas toutes an même lieu et ne l'organisent pas toutes sous la même forme ; mais toutes le possèdent et s'y réfèrent. Pour nous, protestants, il est dans les livres saints, dans cette parole que nous n'avons pas écrite et que nous ne pouvons effacer. Là sont la loi etfautorité surhumaines et surnaturelles; là nous nous appuyons et nous nous arrêtons; là est le point fixe que nous avons à offrir à la société. »
Gen'estpas le lieu d'exposer les objections que nousanrions à soumettre à la haute raison de M. Guizot; nous n'avons pas à examiner comment, d'après la théorie de l'illustre orateur, le point fixe se trouve à la fois en des lieux divers, comment il se peut faire que la fixité n'exclue pas la mobilité. Nous croyons qu'en ratifiant la pensée deM. Guizot, le protestantisme se fait illusion àlui-mème^qn'ayant uniquement pour raisond'être la liberté d'examen, il ne peut, sans déserter son principe, trouver dans le point d'arrêt qu'on invoque une limite arbitrairement imposéeàson droit; qu'accepter ce pointd'arrêt, c'est, pourlui, en relevant un principe ennemi, abdiquer aux pieds d'une pais-
1. Discours à la société protestante d'instruction primaire; 1853.
CONCLUSIOISS. 569
sance qui le condamoe, et se nier lui-mèine au moment où il s'affirme. Nous sommes de l'ayis de M. Diesterweg et de H. Uhlich : quiconque, pour enchaîner l'esprit sur la pente de la controverse, fait appel à l'immobilité doctrinale, celui-là peut sedire protestant, mais, à coupsûr, il n'a de protestantque le nom : il a restauré le culte de l'autorité dans sa conscience.
Quoi qu'il en soit, c'est un fait considérable de voir le protestantisme, sous le coup de sévères leçons, et presque aussi hautement que le catholicisme lui-même, rendre hommage à ridée de la tradition, et proclamer que, c dans l'ordre moral, la fixité et l'élévation vont ensemble; que, dès que l'on flotte» on descend ; et que l'incertitude est un signe d'abaissement » *•
De tels avertissements veulent être compris : il est temps que l'on cesse dejhtter et que l'affirmation qui fonde succède au doute qui détruit.
L'homme éminent de qui nous citions les paroles a fait cette déclaration solennelle : «La question est aujourd'hui posée entre ceux qui reconnaissent et ceux qui ne reconnaissent pas un ordre surnaturel, certain et souverain, quoique impénétrable à la raison humaine; elle est posée, pour appeler les choses par leur nom, entre le supematuralisme et le roiianalùme. D'un côté, les panthéistes, les sceptiques de toutes sortes, les purs rationalistes; de l'autre les chrétiens.
«Parmi les premiers, les meilleurs laissent subsister dans le monde et dans l'àme humaine la statue de Dieu, s'il est permis de se servir d'une telle expression, mais la statue seulement, une image, un marbre; Dieu lui-même n'y est plus; les chrétiens seuls ont le Dieu vivant. C'est du Dieu vivant que nous avons besoin*. • Au fond de la société et dans les masses, l'impiété passionnée fermente et se met, pour vaincre, au service des plus grossiers et plus ardents intérêts. La foi chré*