‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord, et de ses rapports avec les doctrinesChapitre 26 sur 107 · Ce nombre même, la plupart du temps, n'est pas atteint · texte numérisé non relu

Ce nombre même, la plupart du temps, n'est pas atteint

Aujourd'hui, comme sous le régime du Règlement général de 1763, Tunion intime de l'inspection ecclésiastique et de l'inspection scolaire est considérée par l'État, comme un principe de haut intérêt public. Une circulaire ministérielle du 25 avril 1823 est ainsi conçue :

Circulaire relative atix Surintendants.

«Il est arrivé, en certains cas, que les Surintendants ne pouvaient se consacrer suffisamment à Tinspection des écoles, et suivre d'une manière assez approfondie les détails du système pédagogique. Cette séparation de l'inspection ecclésiastique et de l'inspection scolaire, deux choses si essentiellement unies, ne peut être tolérée que lorsque l'âge ou la maladie exigent un allégement des devoirs imposés aux Surintendants. Quand l'un d'entre eux, pour une raison grave, est dispensé de sa mission relative aux écoles, celui ou ceux qui sont chargés de le suppléer doivent s'aider de ses conseils, et faire parvenir par lui leurs rapports aux autorités supérieures, de même que les prescriptions de ces dernières continuent à leur être adressées par son intermédiaire.

« Il n'y a pas lieu d'empêcher que, dans les diocèses (Diôcesen) d'une grande étendue, des ecclésiastiques zélés pour les intérêts de renseignement primaire soient désignés comme inspecteurs spéciaux pour certaines parties du ressort; seulement ni l'activité ni l'influence du Surintendant n'en doivent souffrir; il n'en doit résulter qu'un surcroît de développement dans le système scolaire. »

Le ministre de l'instruction publique.

Altenstein. »

La pensée de cette circulaire est entièrement conforme à

celle qui inspirait le règlemenldelTôS' et celui de iSOl*. Elle se retrouve aussi daos les actes récents émanés de la haute administration ecclésiastique : le 21 juillet 1851 le conseil supérieur de l'élise de Prusse adressait à tous les consi^toires royaux la circulaire qui suit :

« Son excellence le ministre de Tinstruction publique nous a fait connaître, par une circulaire, toute l'importance qu'il attache à ce que la surveillance des écoles primaires et des instituteurs soit assiduement exercée parles Surintendants et les pasteurs. L'union intime qui existe entre l'Église et l'école ne peut laisser aucun doute sur ce point, que la surveillance de l'éducation populaire est un des devoirs les plus essentiels du ministère ecclésiastique, et démontre que le progrès de l'école dépend de cette union même. Les Surintendants et les pasteurs ne doivent pas seJ)orner à inspecter l'enseignement religieux des écoles; ils ont aussi à veiller è ce que le reste de l'enseignement ne devienne pas, comme il est arrivé souvent dans les dernières années, un moyen de répandre des doctrines anti-religieuses, mais l'occasion, au contraire, de développer la foi chrétienne et les mœurs chrétiennes. Il est

1. Dans an autre règlement, celai de 1765, particalièrement applicable à la Silésie , les arcbiprêtres sont désignés poar exercer rinspectîon. Voyez^ pour les devoirs qui leur sont imposés, les J§ 52, 53, §4, etc. : « Der visitirende Erzpriester hat zwar ailes das bei seiner Visitation zu beobachteo... er muss di Ursache erforschen, warum Kinder zarUck geblieben , ob der Pfarrer sie dahin za bringen sich gehOrige MUhe gegeben habe... er mass dem Unterricfat des Schalmeisters beiwohnen, um za sehen, ob dieser nach der vorgeschriebenen Art lehre... etc. »

2. Le règlement de 1801, en modifiant le précédent à certains égards, consacrait les mêmes principes Du reste, tout en déléguant à Révoque de Breslau le droit de nomination (art. 51), il permettait de ne pas réunir sur la tête de la même personne les deux fonctions d'archiprêtre et d'inspecteor, ce dernier devant toujours être un pédagogue expérimenté : « in der PMagogik erfahrener Mann sein muss... •

88 SECONDE riRTlE.

du rôle des pasteors, non - seulement de visiter souvent les écoles de leur commune, mais encore de s'occuper avec une attention spéciale des maîtres négligents et pea capables, de les assister de leurs avertissements, de leurs réprimandes, de leurs conseils, et même de ne pas leur épargner les enseignements pédagogiques. Là est le meilleur moyen, pour eux, de se concilier Testime et la confiance des instituteurs.

c Nous recommandons d'autant plus vivement au consistoire royal, aux Surintendants et aux pasteurs, de prendre à cœur la surveillance des écoles populaires, que les événements des derniers temps ont démontré l'extrême importance de ce devoir, t

Tel est, au sujet de l'inspection, Tesprit général de la législation allemande. Entrons maintenant dans les détails de l'application : il importe ici de citer, comme plus haut, des documents et des textes : je veux faire connaître, en particulier, le règlement en vigueur pour les inspecteurs catholiques de la régence de Munster.

1. — L'inspecteur n'a pas seulement mission de surveiller les écoles élémentaires de son district, mais aussi de diriger l'enseignement des maîtres.

2. — Principalement chargé des intérêts intérieurs de l'école, il exerce au double titre de commissaire de la régence royale et de délégué de l'autorité épiscopale la surveillance qui appartient à l'État et h l'Église sur les écoles. A ce double point de vue, il inspire l'enseignement de l'instituteur.

3. — Il appartient à l'inspecteur de veiller à ce que le régime de l'école soit dirigé conformément aux règlements.

4. — L'inspecteur ne doit pas se borner à signaler les lacunes de l'enseignement; il doit s'entendre pour l'amélioration du système scolaire avec les comités, et s'y appliquer activement de concert avec le pasteur de la commune.

BÔtE DE l'État. 89

5. — L'amélioration du système scolaire dépeodaDt principalement du degré de culture des maîtres, tons les efforts de l'inspecteur tendent à développer les connaissances et surtout rhabilelé pratique de ces derniers. U doit, dans ce but, leur indiquer les lectures utiles, et tenir des conférences à des époques régulières, tous les mois, s'il est possible. — Afin que les ecclésiastiques zélés puissent facilement prendre part à ces conférences, Tinspecteur convoque le pasteur de la commune où est tenue la conférence. U est loisible à tous les pasteurs du district d'y assister.

6. — Pour que la pratique de l'enseignement puisse s'améliorer directement, et que les conseils de l'expérience profitent aux instituteurs faibles, les conférences peuvent élre tenues tour à tour dans les différentes écoles du district.

7. — L'inspecteur doit visiter au moins deux fois par an chaque école de son district, et plus souvent, s'il est nécessaire.

8. — L'inspecteur rédige, tous les ans, dans les six semaines qui suivent la fin de l'été, un rapport spécial, en double expédition, sur les. écoles de son district, rapport adressé, d'un côté par l'intermédiaire du LandrtUh (sous*préfet) à la régence royale, de l'autre par celui du doyen à l'autorité épiscopale.

9. — Les instituteurs, nouvellement nommés, après avoir prêté le serment professionnel et fait leur profession de foi catholique, sont installés dans les fonctions provisoires et plus tard leur emploi définitif, par l'inspecteur de écoles.

10. — L'inspecteur, bien qu'il lui soit prescrit de veiller avec une sévérité consciencieuse à ce que les instituteurs remplissent ponctuellement leurs devoirs, doit pourtant se montrer en toute circonstance leur ami et leur conseiller, et s'efforcer d'entretenir de bons rapports entre les maîtres et les pasteurs, les communes et les comités d'école.

90 SECOHDE PARTIE.

il. — 11 est recommandé aox inspecleorsda même décanat de se réonir de temps à aotre pour conférer sur les intérêts des écoles, de mettre en commnn leur eipérience. »

Les inspecteurs des cercles mraox sont désignés sons le nom de Sckdpjleger. Citons Finstroction sniTante qui les concerne :

cl. — Sont placés sons la sorveillance do Schulpfleger tant les écoles publiques qu^en général tous les établissements d'enseignement de sa circonscription.

Il lui appartient d'étendre son attention à tout ce qui intéresse instruction dans le ressort.

2. — Il veille à ce qu'aucun établissement ne soit ouvert sans autorisation de l'autorité supérieure, et sans que le maître ait subi les épreuves exigées.

3. — En tant qu^autorité immédiatement préposée aux établissements d'instruction publique de sa circonscription, il est l'intermédiaire entre ceux-ci et la commission d'écoles et les autorités locales.

4. — Il est conséquemment en relations étroites avec les maîtres individuellement, et avec les comités, lesquels lui adressent leurs rapports, et leurs propositions, sauf les cas extraordinaires où il leur est loisible d'entrer en communication directe avec le conseiller des écoles {Schul-Rath) *.

5. — Il est aussi en rapports habituels avec le SchuURaih. 6« — Le Schvlpfleger visite les écoles aussi souvent que ses

autres fonctions le lui permettent. Il soumet à un examen préparatoire les candidats qui doivent subir les épreuves devant le comité, et ajourne ceux qui ne présentent pas les connaissances suffisantes. Le comité n'admet à ces épreuves aucun candidat qui ne produise un certificat d'examen préliminaire signé du Schulpfleger. — Ce dernier examine

1. Le conseiller chargé des affaires d'enseignement dans chaque régence.

EÔLE DE L ÉTAT. 91

paiement, ao préalable, les aspirante qui désirent entrer au

sèamaire, »

Même législation dans le royanme de Saxe :

•LeSorin tendant on éphoms exerce la sorveillance, comme inspectear de district, sur toules.les écoles d'une iphorie. Dans les éphories étendues, il est loisible au Surintendant de s*associer, avec Tautorisation de Tautorité supérieure, pour rinspectioD fréquente des écoles, les ecclésiastiques qu'il croit digaes de cette mission (art. 169 de Tordonnance de i855). •

L'instruction adressée par les autorités scolaires aux inspecteurs supérieurs^ dans le duché de Hesse-Cassel , mérite d'être traduite :

« Afin qu'une inspection supérieure soit exercée sur les écoles, et que l'activité des pasteurs, à qui est confiée la surveillance locale, soit tenue en haleine ; afin qu'4ine autorité soit établie qui puisse imprimer la direction nécessaire, prodiguer les conseils, et veiller a l'observation des règlements pour l'amélioration du système scolaire, des ecclésiastiques d*un rang élevé sont désignés comme inspecteurs supérieors (Ober-&hvl-Inspectoren) . Règle générale : Tout métropolitain' est inspecteur supérieur de son district.

1. Le Metropolitan répond, en Hesse, au SuperintenderU de Prusse.

Un métropolitain n'a pas sous sa surveillance plus de 25 écoles ; ce nombre même est très rarement atteint. Voici , par exemple , dans la Hesse, comment sont réparties les écoles entre les Ober-Schuhingpectoren : Mitropolitanie ou surintendance d'Hochstadt : 8 écoles en 8 communes.

— de Bockenheim : 8 écoles en 6 communes. — de Bode : 1 1 écoles en 8 communes. — de Bieber : 15 écoles en 5 communes. — de ScblUchtern: 18 écoles en 7 communes. — de Mottgers : 16 écoles en 6 communes.

— de Birstein : 21 écoles en 8 communes. — de Meerholz : 11 écoles en

i . — « Sons rautorité des inspecteurs supérieurs sont placés les pasteurs, coofime inspecteurs spéciaux des écoles de leurs paroisses respectives; les instituteurs desdites écoles, ainsi que les sociétés pour les conférences d'instituteurs {Schullehrer- Conjerenz-Gesellsehafien) de leur circonscription.

2. — « Ils doivent particulièrement veiller à ce que les pasteurs exécutent consciencieusement les instructions qui leur sont données; assister aux conférences annuelles ou semestrielles d'instituteurs; et travailler à les établir là où elles n'existent pas.

5. — ç Les inspecteurs supérieurs visitent chaque école de leur circonscription au moins une fois par mois, et se forment une idée nette de la situation de chacune d'elles. Après les visites, ils communiquent leurs observations et donnent leurs conseils, ou de vive voix ou par écrit, et aux pasteurs et aux maîtres. En cas de nécessité, ils s'adressent au conseil du cerclé [Kreisraih),

4. — « A la fin de chaque année, ou, au plus tard, dans le mois de février, ils adressent un rapport sur la situation de chacune des écoles de leur circonscription, en indiquant le jour où Tinspection a eu lieu. Pour les écoles dont ils sont eux-mêmes inspecteurs , en tant que pasteurs, ils joignent à leur rapport général les notes concernant chacune de ces écoles.

8. — « Les conseillers de cercle [Kreisr'dthe) sont associés à la haute surveillance confiée aux inspecteurs supérieurs. La coopération de ces deux autorités est dirigée de telle sorte que, tous les intérêts intérieurs et la direction morale de l'école étant remis aux mains des inspecteurs supérieurs, ce qui est

3 communes. — de Wâchtersbach : 14 écoles en 5 communes. — de Hanau : 11 écoles en 5 communes. -- de GrossenlUder : 15 écoles en

4 communes.

RÔLE DE l'État. 95

de l'extérienr soit réservé aux conseillers de cercle, sans tootefois qu'il y ait séparation .entre ces deux ordres d'intérèls. — Les rapports annuels adressés par les inspecteurs supérieurs à la régence sont préalablement communiqués au conseil de cercle, qui y joint le témoignage de son assentiment ou ses remarques. •

On le voit, le corps ecclésiastique est, dans les dirrérentes contrées de l'Allemagne, l'instrument commun de l'État et de l'Église pour l'inspection des écoles.

Les inspecteurs sont nommés par les consistoires provinciaux et confirmés par le ministre de l'instruction publique. Dans les provinces catholiques de Prusse, notamment dans la Westphalie, et plus spécialement encore dans la Silésie, le choix des consistoires provinciaux ne reçoit pas la ratification du ministre, avant que celui-ci n'ait pris l'avis de l'évèqne. L'usage même , sinon la législation, attribue a l'évèque une sorte de droit de veto.

Ce n'est pas seulement comme chargés du contrôle et de la direction de l'enseignement au sein de Técole , que les membres do clergé sont appelés à jouer un rôle actif dans le système général de l'instruction primaire, au delà du Rhin ; ils sont investis d'une influence plus décisive encore peutêtre , comme présidents des Conférences pédagogiques qui , dans tous les pays d'Allemagne, ont lieu entre les instituteurs de chaque paroisse et de chacun des districts d'école.

Incontestablement, le principe et le but de ces Conférences sont excellents. Non-seulement, au point de vue purement scolaire, elles tiennent le maître en baleine, le forcent à comparer, conséquemment à améliorer, et lui permettent de se tenir au courant des méthodes et des règlements ; mais encore et surtout, elles contribuent à maintenir dans le corps des instituteurs, sous l'inspiration d'une autorité toujours présente,

le sentiment de sa mission, Tonité de direction morale, et aussi cet es|N*it de conduite qui est son honneur et constitue sa meilleure sauvegarde.

Que la direction de ces conférences soil confiée aux inspec-> teursy c'est-à-dire à des membres du corps ecclésiastique , et ia puissance de l'idée religieuse dont ces derniers sont les représentants, s'augmentera de tout Tasceodant que donne une suprématie officiellement et légalement proclamée.

Tels sont, en effet, le but et le résultat des conférences d'instituteurs qui, partout, au delà du Rhin, existent sous une double forme : conférences jc^aroz^^'oZe^ se réunissant chaque mois, conférences de cercle ayant lieu de quatre à six fois par an.

En plusieurs pays, notamment en Saxe, et au sein des provinces centrales de Prusse, ces conférences, dans les années qui ont précédé les bouleversements politiques, avaient perdu leur caractère pédagogique , et dégénéré de leur origine , pour se transformer en assemblées délibérantes au petit-pied, en conciliabules où se préparait cette machine de guerre qu'on a appelée V Émancipation de Vécole. Mais on a eu le bon sens, au delà du Rhin , de ne pas confondre l'abus avec le principe : ici, comme partout, le remède était à côté du mal; des mesures énergiques ont ramené les conférences à l'esprit du règlement général de i765, en les replaçant sous la main de l'autorité ecclésiastique et scolaire. Voici , par exemple, l'instruction qu'a promulguée la régence de Potsdam , à^la date du 8 juin 1855 :

« Les conférences mensuelles paroissiales, sous la prési* dence du pasteur, ont pour but spécial de traiter de tout ce qui se rapporte à chacune des écoles, à la méthode , aux besoins particuliers de ces écoles, ou de tout ce qui a trait à chacun des maîtres; les conférences de cercle ^oni destinées

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à donner zèle et courage aux instituteurs en tout ce qui touche à leur vocation , è les mettre en état d'accomplir avec des fruits abondants leur sainte mission , à les éclairer sur les points au sujet desquels ils avaient eux-mêmes provoqué la discussion, à les tenir au courant des découvertes qui peuvent les intéresser, et des publications ayant pour objet la pédagogie et les méthodes d'enseignement

« En ce qui concerne les conférences paroissiales, il est entendu :

1® Que, conformément au règlement général de i765 (art. 25), elles doivent se réunir tous les mois; et que chaque maître est strictement tenu de prendre part à celles de sa paroisse. Elles sont présidées, dans les petites communes, par le pasteur, et, dans les villes, par les ecclésiastiques auxquels est confiée la surveillance des écoles et des maîtres ;

2* Qu'il est traité, dans ces conférences, de la situation et des besoins , des lacunes ou des progrès de chaque école en particulier, des avis et des règlements émanés soit des surintendants, soit de la régence, soit du ProvinciaUSchul-GolIegium;

3® Qu'il est rendu compte de la situation de chaque école , an point de vue de chacune des matières de l'enseignement , notamment au point de vue de Tinstruction religieuse ;

4® Qu'il est adressé par l'ecclésiastique président au Surintendant-inspecteur du cercle, un rapport portant sur les travaux, l'esprit, les résultats de la conférence ;

S"" Que le Surintendant, au cas où, en dépit de ses efforts et de ses avis, la conférence de telle ou de telle paroisse ne serait pas tenue dans des conditions voulues d'ordre et de tranquillité, nous adresserait ses plaintes.

«Pour assurer les résultats des conférences de cercle (Kreis-

Schul-GoDrerenzen), nous décidons que ces conférences ne seront pas tenues obligatoirement plus de quatre fois par an; nous verrons cependant avec plaisir qu'elles soient volontairement convoquées six fois.

« Les instituteurs de la ville ou de la campagne seront obligés officiellement {amtlich) de se i*endre aux quatre conférences ci-indiquées, à Texception des maîtres âgés qui, dans la mauvaise saison, pourront être dispensés par les Surintendants.

c Plusieurs sociétés de conférence (Conferenz-GeseUsehafien) peuvent être organisées dans les surintendances dont retendue est considérable. Chacune des conférences doit cependant compter au moins douze membres. — Il est recommandé aux ecclésiastiques, alors même qu'ils ne sont point chargés de la direction de la conférence, de ne pas manquer d'y assister.

« Chaque conférence doit être ouverte et fermée par le chant d^un morceau en rapport avec les circonstances, et par une courte prière. Elle dure, au moins, de neuf heures à midi, et de deux heures à quatre heures.

« Le protocole de chaque conférence (lieu où elle se tient, nom du président, noms des membres, jours de réunion, sujets à traiter) est présenté, chaque année, au commencement du mois de décembre, par chacun des présidents au surintendant, et soumis à son examen et à son approbation.

« Il est rédigé, un rapport sur les sujets intéressants qui ont été traités dans la conférence, notamment sur les questions fondamentales de renseignement primaire : le but de l'éducation, la soumission aux lois, les moyens de conduire à la piété, etc.

a Les exercices musicaux doivent tenir une place très importante dans les conférences des maîtres. Une heure, au moins, doit y être consacrée, à chacune des séances.

EOLË DE h ETAT. 97

«On doit choisir les chants, chœurs, motels, propres à éveiller le sentiment patriotique et religieux, et de nature à être facilement saisissables.

« Par-dessus tout, et pour atteindre le but principal que se proposent les conférences , chacune d'elles doit se tenir sous l'inspiration de l'Esprit divin ; chaque membre doit se pénétrer de sa force sanctifiante , afin que toute œuvre paraisse faite pour la gloire de Dieu et l'établissement du règne de notre Seigneur et Maître, pour le salut de la génération qui s'élève, ainsi qne pour la prospérité du peuple entier et de notre bienaimée patrie.

« Chaque paroisse délivrera un exemplaire de la présente circulaire, à l'effet d'en porter les dispositions à la connaissance des pasteurs et des instituteurs. »

Certes, dirigée dans nn tel esprit, l'institution des confé^ rences ne peut porter que des fruits excellents.

Voici un spécimen des questions qui y sont traitées :

Quels sont les moyens propres à inspirer à l'enfant des croyances profondes, une moralité solide, unies à une politesse simple et sans affectation ?

Quels rapports l'instituteur doit-il entretenir avec les autorités locales?

Ciomment peut-il profiter, dans l'intérêt des enfants, de ses relations avec les familles ?

Quels moyens doit-il mettre en œuvre pour obtenir l'assiduité à l'école?

Quels principes généraux doivent diriger le maître dans la distribution des punitions et des récompenses? et quels sont les meilleurs moyens, pour lui, d'établir son autorité?

A quels signes peut-on reconnaître une bonne méthode d'enseignement, etc., etc.

D'ordinaire , chaque question , indiquée plusieurs mois

d'avance, est traitée, eu écrit, par uainstitateur spécialement désigné; le travail de ce dernier devient le texte de la discussion , et l'objet de la critique du président de la conférence. Il n'est pas rare de voir celui-ci encourager, par des prix, le travail des membres de la société scolaire qu'il dirige : dans tel et tel cercle, le Schidimpector a établi une récompense annuelle, de la valeur de 50 ou 40 francs, en faveur de celui des membres de la conférence qui traiterait avec le plus de succès une question, soit de pédagogie pore» soit de discipline scolaire, soit d'intérêt administratif. On comprend quel ascendant ne peut manquer d'assurer au dignitaire ecclésiastique dont je parle une intervention si assidue et si intelligente dans la direction générale, comme dans les détails de l'enseignement.

Si, dans tous les cercles scolaires de Prusse et des autres pays d'Allemagne, on ne voit pas, à la faveur de rinstitution des conférences, se produire Tintime alliance de l'instituteur et du prôtre; si partout l'on n'obtient pas de résultats analogues à ceux que l'on constate dans certaines paroisses anglaises ^9 assurément il ne faut pas s'en prendre à l'action des pouvoirs publics.

Dans tous les documents cités plus haut, on a d6 le remarquer, il est fait constamment appel aux aptitudes techniques des inspecteurs. Pour que le clergé soit chargé de ta mission de surveiller et de diriger l'instruction primaire, il est donc indispensable que l'État puisse lui demander Un nombre notable d'hommes capables de faire preuve , dans Pécole, de connaissances spéciales et d'expériences pédagogiques. En cas contraire, la considération qui doit entourer le représentant de l'autorité religieuse, loin de s'affermir par la lutte, suc-

1. V, notre ouvrage do VInstruction primaire à Londrta^ etc., p. 115.

BOLE DE L ETAT. 09

comberait daD8 l'épreuve; et, disons-le» c'est un des avantages que présente le système en vigueur dans les différents États de rAllemagne, de forcer le clergé inférieur, au nom dMntérêts de premier ordre, à relever ses vertus par la science, et k conserver sur l'instituteur, par des études sérieuses, la suprématie intellectuelle et morale qui lui appartient. Ce point est de la plus haute importance ; il touche au problème de la régénération des masses par l'ascendant de l'autorité religieuse.

Voici dans les pays septentrionaux de TAIlemagne, et no« tamment en Prusse, comment est résolue la difficulté.

Il est ordonné aux candidats de théologie de suivre, en même temps que les autres cours, un cours spécial de pédagogie ; de plus, en ce qui concerne les candidats protestants, il leur est prescrit, avant de subir l'examen ecclésiastique pro minUierio, de séjourner, six semaines durant, dans une école normale, afin d'y acquérir les connaissances pratiques nécessaires pour l'accomplissement de la mission qui pourra leur être confiée plus tard. Imposé par l'administration, sanotionné par les mcaurs, un tel usage témoigne d'un sentiment profond, de la part de l'État et de la part du clergé, des grands intérêts engagés dans la question de l'éducation populaire. Il est digne, à cet égard, d'une sérieuse attention. On ne lira pas sans profit la circulaire ministérielle qni le consacre :

' Circulaire du iO janvier 1842.

€ Le règlement pour les examens des candidats aux fonc-* tiens de pasieur exige des connaissances spéciales scientifiques et théologiques si étendues que, pendant le temps de leur se* jour à l'Université, il ne reste aucun loisir aux étudiants pour se préparer suffisamment aux devoirs pratiques de leur charge future. En raison du manque d'instituts ad hoc^ on a dû abandonner les caadidats à leur propre initiative, et se borner à leur procurer les facilités convenables.

« Mais l'expérience a démontré que, de cette manière, le but ne peut être aussi complètement atteint que la dignité des foiactions pastorales et l'intérêt de l'Église évangélique le demandent. Cette remarque s'applique surtout à l'aptitude d'enseigner, depuis que, dans toutes les provinces de la monarchie, ont été élevés les séminaires pour le perfectionnement des maîtres des écoles primaires. Les futurs instituteurs reçoivent dans ces établissements une instruction qui, aussitôt après que les principes théoriques les plus nécessaires ont été posés, est dirigée immédiatement vers la pratique, et les conduit à toute la sûreté d'application désirable.

« Au contraire, les candidats aux fonctions pastorales manquent d'une semblable préparation et d'un tel eiercice. La conséquence de ce fait est que, au point de vue de la facilité de l'exposition méthodique, et dans la pratique, ils restent souvent très au-dessous des instituteurs.

c II n'a pas échappé au consistoire royal combien une telle infériorité est préjudiciable aux rapports qui doivent exister entré les ecclésiastiques et les maîtres, combien ce préjudice rejaillit de l'église sur l'école.

« Dans le but de remédier à ce mal, depuis nombre d'an* nées déjà, des avis on^été formulés et des rapports adressés par tous les consistoires et les Prov%ncial'Schtd~CoUeffien. On a compris que, d'un côté, la dignité de l'Église évangélique n'admet pas un amoindrissement de la culture théorique et scientifique jusqu'à ce jour exigée pour son service, et qu'en même temps, une instruction pratique complète est souverainement désirable dans l'intérêt de cette même église. On pense généralement qu'on ne trouverait de remède radical que dans l'établissement de Prediger-Seminarien^ dont la destii

1. Un seul institut de ce genre existe en Prusse, à Wittemberg. Il est peu important.

nation principale serait la préparation pratique des ecclésiastiqaes débutants (angehenden Geisihchen) ; mais la création et Teoiretien d'un nombre suffisant desemblables instituts supposent de telles dépenses que l'organisation n'en peut être envisagée que dans un avenir éloigné.

■Plusieurs consistoires» préoccupés du besoin le plus pressant et le plus immédiat, frappés en même temps des difficultés financières de la création des Prediger^Seminarien^ proposent d'utiliser les écoles normales actuelles pour initier les candidats de théologie à tout ce qui concerne la pratique du système scolaire.

i Dans ce but, le certificat d'aptitude délivré par les cousistoii^es royaux en vertu du règlement du 24 octobre 1824, devra ètreconféré d'après les conditions suivantes : lo aptitude suffisante à donner et diriger l'instruction religieuse; simplicité dans l'exposition didactique de Tbistoire de la Bible, dans l'enseignement du catécbisme et du chant. 2<> Comme les candidats, à leur entrée dans les fonctions de pasteurs, ont le devoir d'inspecter les écoles primaires de leurs paroisses, particulièrement de surveiller la discipline et les méthodes, ils ont besoin , en outre des objets qui ont trait à Tinstruction religieuse, d'une connaissance réelle de l'enseignement primaire, à savoir des méthodes de lecture, d'arithmétique, de langue allemande et de chant: S^^l'examen pro AcenctâcmcûmoTufi a surtout pour but de vérifier l'instruction scientifique des candidats. Il sera signifié à ceux qui auront passé cet examen, en leur faisant connaître les matières du second, que le certificat de WahlJUhigkeit leur sera refusé s'ils ne satisfont pas aux conditions précédemment énoncées. — 4^ L'examen pro ministerio a surtout pour but rinstruction pratique. — 5^ Quand il est constaté que le candidat est en possession de toutes les connaissances désignées sous les numérosl et 2, il ne s'agit plus, pour lui, que de pou-

voir acquérir l*aptitnde didactique populaire. C'est alors qu'a lieu le séjour de six à huit semaines dans un SchuHehrer-Semi^ 9uir. — 6» Il est donc réglé que tout candidat aux fonctions de pasteur^ après ses études universitaires, et avant son second examen, doit passer de six à huit semaines dans une école normale de la province à laquelle il appartient, ou, en des cas exceptionnels, dans une autre école normale du pays, pour prendre part aux exercices et à renseignement des séminaristes. Il doit ensuite présenter au consistoire dont il relève un certificat sans lequel l'accès au second examen lui est fermé. — On espère que les directeurs des séminaires, en vue du but si important et si essentiel qu'on se propose d'atteindre, mettront à la disposition des candidats tous les conseils et tous les secours possibles. Le certificat attestera simplement la participation régulière aux exercices. Le directeur estlibre d'ajouter son jugement sur les résultats obtenus, si, par suite de rapports particuliers avec le candidat, il a eu occasion de s'en former une idée exacte.

c Quant à la question de savoir combien de candidats à la fois peuvent fréquenter un séminaire , j'hésite à poser une règle précise. Le nombre ne doit pas en être trop considérable, peut-être de 4 à 5. Ce point doit être l'objet d'une instruction aux directeurs, concertée entre le Provincial^Schul- Collegium et le consistoire.

«En ce qui concerne la discipline, le candidat, pendant son séjour au séminaire, est placé sous la surveillance du surintendant du diocèse oix est situé le séminaire. Un certificat du surintendant, portant sur le zèle du candidat pendant le temps d'étude, doit être présenté au consistoire.

ff Je laisse aux consistoires et aux Promncid'SckuUCollegien le soin de prendre les mesures qu'ils jugeront nécessaires dans l'application, particulièrement en ce qui touche les directeurs de séminaire et les surintendants.

nÔLE DE l'État. 403

« Dans les rapports annuels, un chapitre particulier sera consacré à l'organisation de ce nouveau système» On me signalera les directeurs et les professeurs qui se consacreront au succès de ce plan avec le plus de dévouement. « Le ministre de Tinstruction publique,

c ElCCHOBIf • »

Yi9-à«>¥is du clergé catholique, le Gouvernement ne pouvait employer l'injonction ; mais il a procédé par voie de conseil, et la circulaire qui suit a été adressée aux évèques à la date du 7 juillet 1842.

4 J'ai vu avec plaisir^ par les rapports annuels des régences, que, dans presque toutes les circonscriptions, les inspecteurs catholiques et, en particulier, les jeunes ecclésiastiques se consacrent avec eèle aux intérêts scolaires, de manière à s'assurer une influence de plus en plus sérieuse sur les maîtres et sur l'enseignement. Cette partie du ministère ecclésias* tique est exercée avec d'autant plus de profit que les mem*bres du clergé ont une connaissance plus sérieuse du système scolaire, de son organisation intime, de ses applications, et, surtout, qu'ils sont plus familiers avec les méthodes enseignées dans les séminaires (écoles normales). J'exprime donc le vœu que des facilités soient données aux jeunes aspirants au sacerdoce, pour qu'il leur devienne possible d'étudier la pédagogie; et, dans l'intérêt de l'église comme dans celui de l'école, je souhaite qu^ls puissent conquérir, en qualité d'inspecteurs et de pasteurs, la suprématie morale qui leur est due. Quelques études spéciales sont nécessaires dans ce but. Lorsque, dans le voisinage du séminaire ecclésiastique existe un séminaire d'instituteurs, les jeunes prêtres pourraient, sans difficulté, trouver, dans ce dernier, les connaissances techniques; sUl n'y a pas d'école normale à proximité,

l'école de quelque instiluteur distingué fournira facilement les moyens d'acquérir une expérience suffisante de la méthode et de la didactique. On profiterait aussi naturellement de la présence d^un inspecteur actif et habile. Ainsi, différents moyens peuvent conduire au but désiré. »

La pensée élevée du gouvernement a été comprise. Le clergé catholique a senti qu'il s'agissait pour lui d'une question de haute influence. Ce que le clergé protestant faisait sous la pression de l'autorité, il l'a fait par le sentiment d'un grand intérêt moral : dans les provinces catholiques de Prusse et dans le diocèse de Fulda, en Hesse, les jeunes ecclésiastiques, que des aptitudes spéciales et une vocation déterminée semblent désigner par avance aux fonctions de Kreisschvlinspectoren, vont suivre, pendant six semaines ou deux mois, les cours d'une école normale d'instituteurs. Je tiens de Mgr l'évèque de Munster et de Mgr l'archevêque de Cologne que le séjour des membres du clergé dans les SchuUehrer^Seminarien produit, à tous égards, d'excellents résultats : les grands établissements de Brûhl et de Eempen donnent à la fois aux provinces rhénanes et des instituteurs pénétrés de la pensée religieuse, et des ecclésiastiques en état d'imprimer à l'instruction du peuple une direction éclairée et pratique.

L'État ne s^est pas seulement montré gardien jaloux des vérités traditionnelles par le choix des agents qu'il chargeait de présider à la direction de l'enseignement populaire; il a veillé à ce que ces vérités demeurassent la loi de la société; il n'a pas souffert que les jeunes générations pussent être soustraites à l'action des autorités qui en sont les interprètes. On aura achevé de se rendre compte du rôle que l'État assume

dans les différents pays d* Allemagne, quand on Taara vu établir et maintenir^ d'accord avec le pouvoir ecclésiastique, FobUgatian légale de renseignement.

SBcnoN III. — De TObligation de l'Enseignement.

Nulle parf, les efforts de l'État pour satisfaire à sa mission de pouvoir modérateur, ne se révèlent avec plus d'éclat que dans la partie des diverses législations de rAUemagne relative à TcibUgation de V enseignement.

Si l'on considère l'intérêt de premier ordre qui se cache ici 800S une question scolaire ; si l'on examine le problème de l'obligation de l'enseignement à son véritable point de vue, on verra qu'il se résume en ceci : garantir les moyens de perpétuer la tradition morale de la société, de transmettre à la génération nouvelle cet ensemble de croyances, d'idées, de sentiments qui ont été la vie des générations précédentes.

Et, en effet, ce n'est pas Tintérét intellectuel, c'est Tintérèt moral qui domine avant tout le problème ; il ne s'agit pas de décider simplement si de jeunes enfants devront, de par la loi, savoir lire et écrire : des peuples ont vécu sans cette science ! La question est plus haute. « Il s'agit, comme le disait récemment une circulaire ministérielle, de faire de l'école l'instrument par lequel la loi morale reprendra son empire, et d'assurer, par elle, dans les populations, le maintien des principes conservateurs de toute société^ I »

Liberté pour le père de famille de donner l'éducation à son fils comme il veut, où il veut : que le père lui-même dispense l'instruction dans la famille *, qu'il confie son fils à l'école publique, à l'école congréganiste ou à l'école laïque ; qu'il choisisse l'école privée ; il n'est passeulementlibre, mais souverain

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