CHAPITRE DEUXIEME
BÔLB DE VéahlSE éVAlfGÉLIQUB.
Il est démontré que l'État, dans les différents pays de FAIlemagne du nord, s'est constitué le protecteur vigilant des principes sur lesquels repose l'ordre moral, et le défenseur de la tradition religieuse.
Non -seulement, il a consacré ces principes par les actes de sa législation» non-seulement il les a proclamés dans le domaine de la théorie, mais il a pourvu à ce qu'ils fussent respectés dans la pratique. 1! y a pourvu par doux moyens : premièrement, il a choisi, pour ses représentants au sein de l'école, les interprètes par excellence de la tradition, et placé l'ensemble du régime scolaire sous la direction d'un corps d'inspecteurs ecclésiastiques; en second lieu, il a fait en sorte que cette tradition elle-même ne fût brisée, pour aucun des membres du corps social : en imposantpartout l'obligatioD de l'enseignement, il a pris sous sa tutelle des droits méconnus; et se substituant, dans l'accomplissement d'un devoir impérieux, aux familles qui ne peuvent pas ou qui ne veulent pas y faire face, il a satisfait à un intérêt de premier ordre.
Si donc l'enseignement populaire , au delà du Rhin , est sorti trop souvent des voies de la tradition et du bon sens, ce n'est pas l'État, nous le répétons, qu'il faut accuser de l'altération morale dont nous avons indiqué le caractère et constaté les effets.
Où donc chercher le coupable? et sur qui . doit peser.
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avec le sentiment des fautes conunises, la responsabilité de revenir?
L'État, dans cette grandeœavre de Téducation, a eu et aura toujours deux auxiliaires naturels, l'Église premièrement, et la science pédagogique.
Comment l'État, dans les divers pays de l'Allemagne du nord, particulièrement en Prusse, a-t-il été secondé par ces deux puissances? Question délicate, et dont l'examen, en révélant les liens étroits qui rattachent les questions d'éducation populaire aux plus hautes questions de l'ordre moral, va met* tre à nu l'une des plaies saignantes de l'Allemagne septentrionale.
Ce n'est pas le lieu d'entrer dans une discussion philosophique et religieuse; mais il faut bien constater ce fait : l'Église protestante allemande, aujourd'hui, non plus qu'il y a dix ans * , ne s'entend sur aucun de ces trois points : l'origine et le caractère du christianisme, la constitution intérieure de l'Église, les rapports de l'Église et de l'État. Sur ces trois chefs, — et que reste-t-il dès lors du domaine de la tradition religieuse? — il y a antagonisme flagrant entre l'ancien lulhéranisme et l'ancien culte réformé d'une part; et de l'autre, l'Évangélisme officiel et une sorte d'arianisme philosophique, héritier de la sentimentalité plateoicienne de Sehleiermacher.
Ces éléments divers sont représentés au sein du conseil suprême {OberkirchenraiA) qui, depuis quatre années, a recueilli, pour le gouvernement intérieur de l'Église prussienne, les attributions de la bureaucratie.
Quelle était la pensée du pouvoir civil, lorsqu'il constitua le conseil supérieur ecclésiastique s? TÉtat voyait dans ce
1- Voyez an chapitre du livre de M. Matter : De Vétat moral de VAllemagne.