‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord, et de ses rapports avec les doctrinesChapitre 38 sur 107 · Circulaire du conseil supérieur ecclésiastique · texte numérisé non relu

Circulaire du conseil supérieur ecclésiastique

M Nous faisons savoir au consistoire que, d'après l'ordonnance royale du 29 juin de la présente année, hoiis rommençoiis aujourd'iiiii à exercer les attributions qui ont été conférées au cohseil supérieur ecdésiastittoe...

M Profondément pénétrés du sentiment de notre responsabilité ^l de notre propre faiblesse, au milieu des difficultés du temps présent, nous avons cherché des forces dans la prière, et imploré la protection de bien pour l'Église fondée sur sa parole et sur son sang.

« Ptiisse-t il noqs envoyer l'esprit de foi et de prière^ et npqs permettre, avec son assistance, de jeter les bases de la constitution nouvelle gP^ nous avons mission de donner à l'Église!

«Berlin, 11 juillet 1850.

i« Lis CoN seiL supéaiEim év Angélique. »

RÔLE DE l'Église bv Angélique. 4 54

perpétuer les querelles des deai communioDS protestantes. Il imagifie d'en mêler la substanee et d'en tirer un calte qal sera la religion officielle; et sur les raines des deui sectes réprouvées , il élève rétablissement evangékque. > La religion sortie toute faite du ministère des cultes n*impose pas, sans rencontrer de résistance, son infaillibilité de fraîche date. Supprimées par coup d'État, les consciences réagissent. Ce qu'elle a perdu par ordonnance, la vieille passion sectaire le regagne par esprit d'opposition. Bref, en 1847, un édit Je idtrance^ replace les deux communions risiblement taxées d'hérésie par le culte improvisé, au même rang que l'évan-* gélisme légal. Voilà , en deux mots, Thistoire contemporaine des cultes dont les interprètes officiels s'efforcent au sein de YOberkirchenraih de Berlin, de constituer une Église. Hais qui ' ne le voit? des synodes et des conventicules, la lutte a dû passer et est passée en effet dans le conseil supérieur ecclésiastique. Que représente ce conseil? quatre principes en guerre. A qui adresse-t-il ses ordonnances? à des sectaires qui, divisés entre eux, s'unissent en ce seul point qu'ils lui dénient ses titres et contestent son autorité. A l'heure qu'il est, Y Union évangétique d'Allemagne igUore si, oui ou nôti, elle est en possession d'un symbole*, et, quand elle cherche à

1. Patent die Bildung netAer RdigionsgeseUschafien hetreffend. (30 mars 1847.)

« Notre volonté inébranlable est de maintenir intacte, pour nos sujets, la liberté de croydâce}8t de cdnsciettce garantie par VAUgemeine$ Làhd*' redu, et de leur assurer, dans la mesure des lois générales, la liberté de réunion pour la célébration du culte, n

« In allen anderen FilUen bleiben bel neuen nach 4en Grunds&tzen des allgemeinen Landrechts zur Genebmigung vonSeiten desSlaats geeignejt befundenen BeligionsgAsellschaflendie zur Feier ibrer Religionsbandlun* gen besteliten Personen sich beziehende Amtshandlungen der oben be» zeichneten Art mit ziyilrecbtlicher Wirkung vorzunehmen... «

2. Voyez Tune des dernières publications de l'Union éyangélique( t/r/^ndenbuch der evangelischen Union) ^ par le D'^ Ni(zscb, conseiller de cousis-

se rendre compte de l'autorité qu*eUe est appelée à exercer sur les consciences^ elle en est encore à se poser cette question : Qui snis-je ?

Le conseil supérieur» on l'a vu, était chargé, par l'ordonnance même qui l'institua, de présider à l'application d'un règlement des Commwnes ecclésiastiques ; ce conseil se trouvait appelé à établir, au sein des communions protestantes, une sorte d'unité dont il eût été la clef de voûte. L'article premier de l'ordonnance ecclésiastique du 27 juin 1850 était ainsi conçu :

« Chaque commune évangélique a le devoir, sous la direction du ministère ecclésiastique, de développer en elle le sentiment chrétien et la vie chrétienne. Comme membre de l'Église évangélique , elle fait profession de la doctrine fondée sur la parole intelligible et claire de Dieu, à savoir les écrits des prophètes et des apôtres, l'Ancien et le Nouveau Testament, et formulée dans les trois symboles principaux et les professions de foi de la réformation ; elle se soumet aux lois générales et aux règlements de l'Église. »

Il semble que Forthodoxie exigée par cet article n'enfermât pas les consciences dans un cercle bien menaçant. Pourtant, les prétentions au gouvernement des OBprits révélées par la promulgation de l'ordonnance ont soulevé partout des protestations passionnées. Toutes les questions que l'organe supérieur de révangélisme avait pu croire un instant résolues,

toire^ professeur de théologie à Paniversité de Berlin; ce livre commence ainsi: «Puisque non-seulement les vaines objeclions dirigées contre lUnion évanf^élique par ceux qu'on appelle les amis des symboles^ mais encore les erreurs de ses propres enfants sur ses droits et sur les éléments qui la constituent se résument en cette question : TUnion a-t-elle une profession de foi?... (06 sk ein Bekenntniss aufzuweisen habe.)

tÔLC DE l'ÉGUSE ÉViNGéUQOE.

ont été posées de nouveau : De quel droit YOberkirehenraih parle-t*il au nom de TÉgltse? de qui tient-il sa mission? — Du roi. — Hais à quel titre le roi nomme-t-il le eonseil? — A titre de premier membre de tÊghee. — - Et pourquoi est-il premier membre de rËglise? —Parce qu'il est roi*. — Comment donc, 8*écriait*on y nous enfermer dans ce cercle Ticieux? faut-il qu'éternellement s'appesantisse sur les consciences la main d'un pouvoir étranger, et l'Église ne vivrat-elle jamais de sa vie propre? Le prince est Tévèque né, le chef naturel de l'évangélisme ! maïs alors mieux vaut le pape de Rome, représentant d'une pensée indépendante, que ce pape dont le pouvoir n'est autre chose que le signe de l'asservissement des consciences, qu'un instrument de règne. Eb quoi ! le roi lui-même ne l'a-t-il pas dit : « Je bénirai le jour où il me sera permis de remettre l'autorité de l'Église évangélique» entre des mains légitimes? > Quelles sont ces mains? sinon celles de l'Église elle-même? Que l'Église donc nomme ses délégués; qu'elle se trouve et s'affirme elle-même; que le conseil de l'Église soit librement élu, et convoquons un synode général*.

Synode! graiid mot, petite chose pour l'Église protestante d'Allemagne ! formule des aspirations vagues et des espérances incertaines! Ce ne sont pas lessynodes qui ont manqué, depuis dix années, au protestantisme d'outre-Rhin.Qu'est-il

1. • .DerK^^Dig mttssealsYoïnebfnstes Glied derevangelischenKircbe deren oberbaa|>l sein Warom ist aber der ROnig das vornehmste Glied? eben weil er Konig ist.... BewtheiUing der eoangêliichen fîemetndeordnung vom *i9 juin 1850, par Haseniann, diakonos zu U. L. Frauen in Halle). La promoigalton de Tordonnance dont il s'agil a donné lieu à une multitude de brochures dont les objections exposées ici ne sont que le résumé.

3 Dass der Kirchenrath obne Vorscblag frei gewShlt, und eine

Generabynode berufen wird, welche der Kircbe zur vollen Selbsiiindigkeit und namenthch den Gemeinden zur Wabi ihrer Geistlichen verbilft.* (BeurtheUung^ etc., p. 47.)

454 SECONDE PiftTlE*

sorti de la cwifitehce des Égli$e$ évangiliques, et dtl eoûcile national qui) ea IS46, ont délibéré à Berllù? Qa'ont ppoAnit les synodes tout récemment convoqués à Marbiirg i, k Eisenach? 11 ne manquait k ce^ ësseml^lées que deuK choses : le point de départ, et le but. c Rassuréz-Yous^ disait un membre du synode de 1846^ à qui lui reprochait de déserter la confession d'Augsbourg; nous attendrons longtemps avant de vous donner une can/esswn de Berlin, »

J'étais à léna, deux mois aVant rouvertut*e du sytiode qui devait réunir à Eisenaeh les. pasteurs des différents États d'Allemagne. «S'obcupera-t-on^demandai-je h un pasteur, professeur célèbre de théologie à l'Université, de qdestiotis dogmatiques et de doctrine?-^ Non» répondit le théologien; oïl traitera de liturgie, et de simples questions de forme. Sut* le r^ste, on ne peut penset* à s'entendre; dès qu'on se rencontre sur le terrain dogtnatique, psssèt... tout disparait, i

GepssBst du théologien d'Iéna il' est que Texpression familière de la pensée réelle de l'Église évëngéliqiiif) allemande. 11 est à la fois un sarcasme et uh avéïl ; il fait conlprendt'e ce cri de doujeur poussé par les derniers tenants du vieux culte luthérien : « Lk féfoi*me imposait au peuplé allemand une double tâche : renverser un édifice vieilli, elle Remplacer par un nouveau sur les fondements de l'ÉvaUgile. NoUs âvdtis bien renverëé en effet; mais où est le montimeùt ttôuVéau?...* Le principe du protestantisme a, dans son développemeot

|. Le gfnodelenu à MarbUrg, au moisdemars l8&S,s'esloceupéde rQrg'Pisation du culte. On y a empruaié à peo près compiéiement les forpieç de la iilufgie ealbolique. On en peut juger par ce qai suit :

« introït (ein§ang)» ^ Confesdion des péchés* — Kyrie Bieison. — Absolution. — Acliun de grâces. ~ Gloria.

«Collecte. -' Lecture de la Bible — Symbole —Prêche.

« Préface. ^ Sanetus* — Prière générale pour tous les besoin^s de TÊ' gUse ^ Coasécratîop. — Agnus Dei. — Actioa de gtice* «^ fiônédic^ tion. •

mÔLB DE b'niLisa éf maÉUQOB. 4 Ml

extrême, ravagé FÉglise presque entiërer L^Égliae est rédaite, peu s'en faot « à mi état plus misérable que eeloi où la troaya Lother quand il éleva sa poissante yoii t . •

Ce n'est pas sealement l'origine do conâeil mpirteur qu'incriminait la eritiqnei Chaque ligne de Yordonnance est dtfvenae le texte d'une protestation : que parles-vous du ministère ecclésiastique constitué datis chaque commune pour diriger les consciences? Ce ministère, commences par en établir les titres. La mission d'enseigner eSt-elle donnée d'en haut par la grâce divine, ou d'en hns par l'élection du peuple^? Et quel caractère concédei-vous décidément à l'Égliso allemande ? ^iscopal' ou presbytérien? D^autre part, com^ ment nous imposer la direction du pasteur de la com* muoe? Le bot, le principe même du pnHestantisme n'est-il

pas qoe le sacerdoce, cessant d'être le monopole de quelques^

1. «... Und dass dér daraus eneugte Rationalismug, oacbdem n die ÂaktoriUt des Evangeliums aogegriffen uod berabgeselzt , deD Cbrislen aoch dièses selbst za entzieben sucbte, ond eine scbale Heidenlehre an seine Stelle bracbte, dass dann aber das einmal angeregte and immerfort trribenie Priaeip des Protestantismos , jeden tum eigenen Herrn seines Glaobens zu macben , beinabe die ganze evaogeliscbe Kirche verwUsiet, nnd fast zu etwas nocb schlimmeren herabgebracbt bal, als wogegen Lntber einst seine mScbtige Stimme erhoben. - {Da$ Schulwesen impro^ iatanUcheA StùtUe, par lé D>' Ollnlher, p. 18; iSM, Btberfeld.)

S. Yoyex on arlide de la célèbre revoe de M. Hetfgslenberg, Evange-^ ^kè'Kirt^ieû'ZHtung (janvier tS5t) : «Ob das Amt in der Rircbé eine Qomiitelbare Stiflang des Herrn oder ein Âusfluss des allgemeinen Priésterthams ist, ob die TrSger de» Amies ein onmttlelbar gOUliches Recht fUt* sicb habeui oder ob sië zunSchst nur Beaaftragle der Oemeinde sind. • Voyez aussi une brocbore du D' Hofling , GrundsStze evang. luiheris- ^ KtH:hen»etf(U8ting (1891, Erlangën) Ces points ont été débattus sails résQltats dans la conlérence ecclésiastique de Leipzig, et dans celle d'Elberfeld.

8. On se rappelé le bi^nit ifae fit l'onvrage de M. Bunsen : CùnstUvUùm del^Eylise de Vavenir, où Tauleur a développé le plan de V Épi^copaHsme. Ce plan fht appuya par M. de 6tahl , mais combattu par des bommes tels que MM. Hengslenberg, Gaericke, etc...

uns, devienne pea à peu le privilège de tous; que chaque chef de famille devienne prêtre, chaque maison une église * ? Et d'ailleurs, le pasteur dont tous nous imposez les décisions que pense-t-il lui-même? Avez-vous, en lui conférant sa charge, exigé de lui une profession de foi? Non. Vous le créez prêtre d'une religion que vous ne déterminez pas; vous le laissez libre de se faille le ministre ou du luthéranisme, ou du culte réformé, ou de l'évangélisme*? Pourquoi donc imposer au fidèle le dogme dont vous affranchissez le pasteur, et enlever au premier la liberté que vous laisf^ez au second? Que le pasteur soit l'homme de la commune; et que celle-ci le choisisse au gré de ses préférences, sous l'impulsion Ide son Doute ou de sa Foi, selon le point de vue religieux auquel elle est placée'. Hors cela, il n'y a qu'impossibilité et non sens *. Car, enfln, il faut choisir : ou la liberté de critique, ou l'autorité; ou le protestantisme, ou le dogme traditionnel de l'Église catholique. Que nous parlez-vous donc de formules immuables, d'un sacerdoce indépendant de la commune? Vous n'êtes plus l'Église de ceux qui profesierU, mais lÉgUse de ceux qui acceptent. Arrière donc la Gemeindeordnung 1 Vieux luthériens, anciens réformés, rationalistes, se sont

1. Das ieder Familienvater ein Priester, und jedes Haus eineKirche werde... - (pas Schulwesen, im protestatUischen Staate; p. 9.)

2. Le promoteur de la réaction orthodoxe protestante, le D' Hengstenberg a demandé qu'aucun pasteur ne fût chargé d'une paroisse avant qu'on ne se fûi assuré de ses croyances re'igieuses. On ne peut, en vérité, trouver la prétention exoibitante: • ..Niemanden ins Pfarramt eiozu«rubren. von dessen lebendiger kirchlicher Uberleugung sie nicht vorber gegrttndete Uberzeugung gewonnen hubeu. • {Evang, kirchen Zeitung. p. 37 1852.)

3. «... Dass die Gemeinde iliren Prediger wShlt, dass er also ein Maan ist, wie sie ihn nach ihrem religiOsen Standpunkte wUnscht. • (Bewthà' lung der evang,, etc., p. 23.)

4. Eiue formulirte gOttliche Warbeit ist Air das Zeitbewusstseia eine baare UnmOglichkeit, ein Unsinn geworden«> (Ibid,)

fiÔLE DE L*li6L18B ÉTAMICLIQOE. 4 57

donc acceardés à repoasser Yardatmatu» communale eoclésia»» tique : ceux-là par esprit de rivalité, ceax-d par dédain d*iine orthodoxie sans fondements, tons par besoin de protestation contre nne antorité sans titre.

Lés vieux luthériens se sont fait remarquer par l*énergie de leur opposition^ Dans une conférence ecclésiastique des surintendants de Poméranie, vingt-huit pasteurs sur trente et un repoussèrent la Gemmndeordnung. Les Atftuiheraner ont fait tous leurs efforts pour soustraire leurs écoles h Flnfluence de rÉglise évangéliqoe: quoi donc, Y Union contrôlerait Lutherl Et tout récemment, la régence de Francfortsur-le-Mein . a reconnu qu'au point de vue de Tinstruction religieuse les établissements dissidents n'auraient pas à subir Texaraen des inspecteurs de cercle*.

Uévang^isme, en subissant ce compromis, s*est senti piqué au vif. Il a déclaré que si l'on souffrait les écoles spéciales des Tieux luthériens, du moins ces écoles ne seraient tolérées

1. Les vieux luthériens forment une fraction du luthéranisme prussien, moins nombrease chaque jour, mais très remuante. VAUlutheraner est on (ype qui devient rare et qu'il faut se hAler d'étudier. Voyez-le : il gémit sur la dissolution dogmatique du protestantisme, et, volontiers, ferait de la Confession d'Âogsbourg une loi de PËtal. Rien a^nt Luther, rien après lui. Il hait également deux choses : le catholicisme et la philo^ Sophie, il satisferait sa conscience en brûlant le pape, mais il aurait une pie extrême à voir pendre le docteur Strauss.

Dans un cercle où je me trouvais, on vint à parler du piétisme. Ten demandai la tléfinilion. «Un piétiste, répondit une dame de beaucoup d'esprit, c'est un être hargneux qui , d'une main , tient les clefs du ciel , et de Taolre un paquet de verges pour inviter les gens à entrer. •

Entre Tancien piétisme, celui de Spener, et le piéti>me actuel, il n'y a, du reste, de commun que le nom Spener, dans ses Pia desideria, s'insurge, en restant pn fervent chrétien; au nom de VesprU^ contre la forme^ Le piétisme contemporain retournerait volontiers la devise.

2. CtrcfuXar'Erlass der kôniglichen Regierung zu Frank fart, 21 mars 1854 : «Der Kreis-Schulinspector wird den Rcligionsunterricbt in diesen Schulen nicht in den Bereicb seîDer Gognition ziehen.., •

45B , $minwnmt.

que eomn|€ un pal nécessaires et tt a peeonnnandé à ses représentants officiels de saisir toutes les occasions d'amener la supprcHsioii de ces établissements sehismatiqoes.

Sur le terrain religieux proprement dit, le dissentiment est plus.TÎf encore» et le combat plus ardente Là éclatent des faits qui rappellent les tristes scènes d'âges qui ne sont pins. De temps à autre, grâce à VUw'ùn décrétée par réfangélisme, on peut se cfoire au ^ei9iàme sièele.

Yoici la pétition que proToquait, en 1853» dans le dncbé de Bade, un des épisodes aniquds je fais allusion.

« Messieurs les députés de la seconde chambre,

« A la pétition par nous présentée, )ors de VqjhwHw^ de la session, nous avons à ajouter que les persécutions dont nous sommes l'objet n'ont fait qu'augmenter, ainsi qa'il résulte des faits suivants :

« Le 25 décembre, mourut un enfant d'un an et demi» iils de Jean Yirmele, luthérien, habitant d'Ihringen, et l'un des signataires de la présente pétition. GcHnme le pasteur luthérien ne peut plus exercer ouvertement son ministère» les parents désirèrent que leur fils fût inhumé sans TinterVeiition d'auenn ministre.

« Mais défense de procéder ^ la cérémonie leur tni faite par l'autorité ecclésiastiqpQ unie d'Ihringen. D fut signifié qu'elle aurait lieu selon le rite de FÉglise unie {hach undrfem Ritus)^ et au besoin avec la coopération de la poU^e,

« En effet, le 29 décep)))re qu matin^ on enleva aux parents le corps de leur enfant, lequel, sous la garde de deux agents de la police, et sans être accompagné du père ni de la mère, fut enseveli selon Ip rite de l'Église officielle^ par un ecclésiastique uni,

1. m .^...Kann die Errichtuag eiganm* Scbulen der AUlatbemdr sar als ein Uebelstand bedauer|;,., • ((/{rcufar^^Haf», &a )

RÔLE w h^iaum ivàwéuQOt. 4 90

« Le pastear IttUiérieq Eichhprn. appelé par le père pour dopner quelques oçnspltilions è la mère désolée, fut arrêté par deux agents et eonduil eq prison par les gendarmes à Altbreifqch, et avec liH deux luthériens de notre oomiQune qui voulant défendre leur pasteur.

f< Nous nous abstenons de toute réfleiion, et nous supplions la haute chambre de prendre en considération les malheurs de notre Église et de nous protéger auprès du gouvernement.»

De tels faits parlent par eux-mépoies.

A rheure qu'il est, plus des deui^ tiers des communes prus* siennes ont refusé de se ranger sous la bannière de Tévangélisme, et, sur les ruines des symboles, revendiqué leur indépendance absolue.

En 1846, dans une adresse présentée solennellement au roi, le magistrat de Berlin ne craignait pas de traiter de ioù disant Église l'Église à laquelle appartiennent le roi, le conseil supérieur, tous les consistoires de Prusse.

On répète asses volontiers aujourd'hui les arguments du magistrat de Berlin ; et bien des convictions se septent à l'aise dans cette singulière profession de foi : « Pour la inajorité des citoyens, disait ce fonctionnaire au nom du protestantisme berlinois, rÉcriture et les livres symboliques sont des témoignages sur le travail de forn^aliop de Yt%\ise^ des œuvres purement humaines, dont le fond , comme la forme, porte reoipreipte dp siècle qui les créa. Ui ne réside point la vérité absolue. La vérité est dans l'esprit qui agit et se meut éternellement dans Thilmanité. Le temps est venu de tnodifier des formes d'uq autre âge... ^ous supplions Votre Majesté d'inviter les autoritéis ecclésiastiques à ne point gêner la Itfberté d'enseignement dans l'Église évangélique. Nous la supplions de convoquer une commission tirée de toutes lespro-

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viDces, fonBée de laïques et d'ecclésiastiques, chaînée, sous la sanction royale y de préparer pùuv TÉgUse un projet de constitution qui satisfasse aux besoins du temps *• •

Quelles crises se développent au sein de TÉglise protestante allemande, on le voit assez. Ce n'est pas tout cependant. En proie aux déchirements intérieurs, cette Église est assaillie au dehors. Une horde d'envahisseurs au fâcheux renom, amis prctestmtB, et sectaires des libres communes ^ prétendent s'y installer à bon droit; et s'élancent à l'assaut de la forteresse démantelée, sous les drapeaux unis de pasteurs bien connus. Uhlich» Wislicenus et Sachse.

C'est ici le lieu de retracer un curieux épisode. Cet épisode éclaire d'un jour singulier l'état intérieur de rÉglise évangélique de Prusse; et nous avons assisté nous-même à la dernière pha^e des événements que nous voulons rappeler.

En 1841, un pasteur de Magdebourg attaque, dans un sermon, la divinité de Jésus-Christ. C'était le moment où les Annales de HaUe suspendaient sur la tète des luthériens orihodoxes, comme sur celle des disciples de Sohleiermacber, la menace du despotisme hégélien. Le consistoire cite le pasteur à sa barre, et fulmine une destitution. Grande rumeur dans la commune ! on crie, on menace, on intimide le tribunal. Bref, la sentence de destitution est rapportée, pour faire place à une réprimande. C'est trop encore : une vingtaine de

1. Le magistrat attaquait dans cette adresse le parti de ^orthodoxie, et notamment son chef, ie directeur de Y Evangdiscke Kirchen-Zeilung, M. Hengsteiiberg. « Ce parti, disait il, recommence, vis-à-vis des vrais protestants, le rôle des Juifs vis-à vis des premiers chrétiens • — Le roi répondit à cette singulière sortie avec une dignité pleine de finesse II fit sentir eu même temps ce qu^une telle manifestation devait avoir de ficbf ox : • Tonte TËurope a les yeux sur nous et sur 1 agitation de noire Église. Que peuvent penser de nous les Confessions étrangères et las hommes impartiaux?... •

BOTE DE L^ ÉGLISE ^INOéLIQUE. 4 64

pasteurs se rassemblent à Gnadaa, puis, en plus grand nombre, à Halle, et protestent contre la sentence, c Nous sommes atteints, disent-ils, dans la personne du pasteur condamné; on vient de frapper, en lui, le droit d'examen, le principe même du protestantisme. Que les pasteurs qui veulent croire librement se concertent. » — Vapoire du rationalimie popvlaire se révélait; c'était un pasteur du petit village de Pômmelte, celui même qui avait provoqué les deux assemblées de Gnadau et de Halle : il venait de créer l'association àes Amis protestants ou Amis de la lumière; dès les premiers pas, soixante confrères le suivaient ; il se nommait Uhlich.

Quatre ans après, quatre mille cinq cents adhérents soutenaient de leurs deniers le journal des Amis protestants^ fÉdi' fication chrétienne ( Blâtter fur christliche Erbauung ) ; onze mille neuf cents habitants de Magdebourg signaient de leurs noms une déclaration de rupture avec l'Église officielle, et, invoquant, aux termes du Landrecht^^ les droits des sociétés iûUrèes, à l'exemple des Amis de Kônigsberg, de Nordhausen, de Halberstadt, etc., se constituaient en libre commune. A ce moment, M. Uhlich était dépossédé de la cure qu'il occupait depuis dix-huit ans. La libre commune de Magdebourg appela le condamné, et le mit à sa tète : c'était le placer sur un piédestal.

1848 éclate. Le mouvement de séparation de l'Église orf^ doxe se propage, sans obstacle, sur tous les points de l'Ailemagne. Des libres communes se forment en Prusse, en Saxe, dans le duché de Weimar, dans la Bavière septentrionale , en Hesse, en Bade. Amis protestants de Uhlich et catholiques oilemands de Ronge se donnent la main, sur le terrain d'une protestation radicale contre toute croyance positive et tout symbole consacré. Les gouvernements laissent le champ libre

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