‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord, et de ses rapports avec les doctrinesChapitre 59 sur 107 · Voyez ce document au chap. I de la 2e partie · texte numérisé non relu

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BÉACTION. 245

c Oo a demandé dans quels rapports rittslitatenr» en tant qae dispensateur de l'enseignedient reUgieui , doit se trouver Tis-à-Yis du pasteur de la paroisse.

«Selon les prescriptions toujours en Tigueur du gênerai Landsckid' Règlement^ et de Vattgem. Landrecht, l'École et le maiire sont plaeés sons la snnreillance et sous la direction du pasteur local (dei OrisgeùUiehen)^ qui, en se conformant aux règlements promulgués par les autorités scolaires, doit arrêter le plan des études , dans l'école » et en surveiller la mise en oeuvre.

c Ces prescriptions s'appliquent, tout spécialement, à ce qui est le but principal de l'école {Hauptzweck) ^ l'instruction religieuse, laquelle doit être préparée, dirigée et dispensée par le pasteur.

« Dans quelle mesure l'instruction religieuse doit-elle être donnée par le maître T On s^en fera une juste idée, si l'on se rend compte exactement du but de l'enseignement préparatoire à la communion dans l'École ^

« Tant que la jeune population de Técoie est dans Tàge où le pouvoir d'intuition {Ansehauungsvermôgen) et la mémoire sont les facultés dominantes , l'instruction dont on parle ne doit pas être seulement, dans les classes, une sorte de répétition, mais un enseignement propre à éclairer l'intelligence, à échauffer le cœur ; et il importe que l'école soit, pour les enfants, le moyen d'acquérir tous les matériaux que devra féconder la parole du pasteur;

< De là le rôle de l'école en ce qui concerné Tinstruetion religieuse.

« Culture de l'intelligence, du cœur, et de la volonté; histoires bibliques de r Ancien et du Nouveau-Testament; prières.

1. Voyez, à ce sujet, un écrit de M. Thilo, directeur du séminaire d*£rfurt, intitulé : Was kann der Katechet vom Prediger l&rnen? l

24 6 TEOISIEHE PARTIE.

maiimes et paraboles, cantiqaes tirés do livre de chants ( Gesangbuch); chronique de Thistolre sacrée, étndedo théâtre des événements bibliques, particnlièrementde la Terre-Sainte, surtout étude derhistoire de la Réformation, — tous ces objets rattachés entre eux par un lien naturel, mais non présentés avec la rigueur systématique de renseignement du pasteur, constituent Finstruction religieuse de l'école.

« C'est pourquoi nous adjurons les pasteurs de diriger l'instruction religieuse, dans chaque école, avec un soin d'autant plus sérieux que, la plupart du temps, les maîtres négligeant cette partie de leur tâche, l'enseignement donné dans le temple, ne trouve que des intelligences vides et des cœurs glacés.

c C'est pourquoi aussi nous leur recommandons, dans les conférences où chacun d'eux réunit les instituteurs de sa pa-* roisse, et où ces derniers doivent subir l'ascendant de la conviction et des conseils plutôt que la pression de l'autorité, de faire en sorte qu'une foi vivante se fonde, dans leur esprit, sur l'intelligence de l'Ecriture, et de leur prodiguer, avec leurs conseils, toutes les instructions dont ils ont besoin <. »

Une autre circulaire, en date du 4 juin 1852, présente également un caractère qu'on ne peut méconnaître. Nous traduisons* :

a L'expérience des dernières années nous a de nouveau Bpfvis h reconnaUve {auf s netie erkennengelehri) combien il est nécessaire d'enraciner et de fortifier les fondements de la religion et des mœurs dans toutes les classes du peuple, et conséquemment le sentiment d'une sérieuse pratique religieuse; combien il importe que l'on comprenne la nécessité

1. Circulaire adressée à tous les sur intendants et inspecteurs de Cercle.

2. Voyez , sur ce même sujet, la circulaire du ministre de l'instruction publique, au chapitre II de la i^^ partie.

BÉiCTION. 247

d'une fid^e observation dn dimanche et des fêtes, et de la participation aux ezerciees dn eolte public.

< Il est très affligeant de penser que parmi les institatears, contrairement à lears devoirs et au but principal de leur mission , qui est de former la jeunesse è la piété , les uns ne fréquentent jamais le service divin, les autres ne s'y ren * dest qu'irrégulièrement ; qu'ils ne prennent point part à la saiDte communion, et qu*au lieu d*ètre> comme ils le devraient, pour leurs communes, un modèle salutaire, ils leur donnent le pernicieux exemple {verderbliehes Beitpieî) du mépris des saintes pratiques et des habitudes chrétiennes.

c Nous vous chargeons de communiquer cette circulaire à tous les instituteurs de votre ressort d'inspection, et de faire en sorte de ramener au devoir ceux qui sont en faute. Nous vous faisons remarquer expressément que, partout où les instituteurs, faisant fonction de chantres, organistes, sacristains, se croient permis de déserter l'Église pendant le service divin et pendant le prêche, de manière à faire scandale par une négligence affectée, une conduite si coupable doit provoquer la plus vigilante sévérité de la part des fono* iionnaires préposés à Tinspection. »

• Le Consistoire royal de la province de Brandebourg. »

Nous le répétons, et l'on ne saurait maintenant en douter, la renaissance^ q\x*^ travers les nuages d'un présent chargé encore des embarras du passé, l'on s'applaudit de voir poindre dans la sphère de l'éducation populaire, au-delà du Rhin, n'est autre chose qu'un retour aux principes qui ont soutenu la première époque .

1. «EinereligiOs-undsittlich-politische Wiedergeburt beginnt. and sich fortenwickelt zur Heiligung und^KrUfligung des Yolks. n (FUrbringer, Gedankenjj^er christlich-nationale Erziehung.)

248 TROIStÈHE PARTIE .

La mission de rinstitntenr , affirme-t-on aujourd'hui, c est de développet- Ânhs l'enfant les facultés que la place réservée à rhôinmé fait dans la hiérarchie sociale , lui impose la nécessité de posséder ^. > Que diraient d'une telle maxime les ardents théoriciens de Francfort?

Toutes ces déclarations dés organes divers de l'opinion au delà du Rhin , toutes ces manifestations de la conscience publique se sont résumées récemment» et ont pris corps et vie, si l'on peut dire, dans un document officiel d'une haute importance, document qui est, tout ensemble, le med ctdpâ de la Pédagogie, et la profession de foi de l'administration supérieure de Berlin. En dépit des embarras d'une phraséologie souvent obscure , il faut citer ce document dans son ensemble.

Principes fondamentaux concernant l'organisation et l'enseignement de

l'Ecole primaire évangéliqueK

< Des changeiiients profonds se sont manifestés , en ces derniers temps, dans la vie intime et dans le développement intellectuel de l'école.

« Lemouvement des idées, qui, depuis une longue période, s'est prononcé avec plus on moins de netteté dans le domaine de l'instruction publique, a fini par aboutir, sous différents rapports, à des résultats importants.

« Le temps est donc venu d'éliminer ce qui est superflu ou erroné, et de substituerofficiellementcequiaété jugé salutaire et exécutable, par les hommes qui connaissent le prix d'une instruction populaire vraiment chrétienne et pratique.

ftL'écoleélémentaireayait suivi ladirectionintellectuellede

1 . Fertigkeiten , welche seine kunftige Slellung in der bUrgerlichea Gesellschaft erheischt...»

2. GrundzUge betreffend Einrichtung und Unterrieht der Èvangélischea Elementarschule (3 octobre 1854).

aéiCTiON. 249

l'époque; elle en avait subi rimpulsion. Mais, de même que la rie générale da siècle est arrivée h ee point où une révolution décisive est devenue nécessaire \ de même Técole, si elle ne veut s'exposer, en se rattachant à une opposition vaincue, à demeurer impuissante et à dépérir, doit entrer dans le nouveau et salutaire mouvement qui lui permette tout ensemble de recevoir et de donner la vie.

« L'idée d'une éducation générale par le développement ab^rait de la force intellectuelle , s'est trouvée stérile et funeste. La vie du peuple eiige une régénération fondée non plus sur des théories , mais sur des réalités immuables, et sur la base du christianisme, véritable soutien de la Famille, de la Commune et de TÉtat.

c En conséquence, l'école primaire où la majorité du peuple reçoit les éléments de son instruction ou même son instruction tout entière, ne doit point reposer sur un système abstrait ni sur une pensée purement scientifique; elle doit avoir en vue la vie pratique dans TÉglise , la Famille, la Commune et rÉtat, et rester dans les limites qui lui sont tracées. TJéiucaiumesi le but; la méthode n'est qu'un moyen sans valeur par lui-même. L'instruction formelle est le résultat des objets qii'embrasse renseignement ; si elle ne tient pas compte des Ëlénieht& réels ou si elle les choisit à contresens , elle devient funeste et destructive.

< En partant de ce point de vue, on comprend qu'il importe moins à l'école élémentaire d'adopter et d'organiser des cours nouveaux que de faire un choix rationnel des objets d'enseignement, de les circonscrire en de justes limiles, et de donner à l'école une organisation en harmonie avec son but, à savoir, l'éducation de la génération qui s'élève.

1. Das gesammte LebendesZeitalters... wo ein entscheidender Umschwung n(Jthig gewordoD...

220 TROISIÈME PiaTIE.

«r C'est d'après ces données, que doivent être appliqués les principes suivants , pour Forganisation da noaveaa plan d'études.

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