‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord, et de ses rapports avec les doctrinesChapitre 72 sur 107 · I . ^ Dispositions générales · texte numérisé non relu

I . ^ Dispositions générales

«Avant tout, eu égard au temps fort court accordé au séminaire pour former ses élèves, et à la somme de connaissances que les jeunes gens doivent posséder en y entrant, il faut considérer comme le but essentiel de l'enseignement, l'obligation de mettre les futurs instituteurs à même, en théorie et en pratique, d'enseigner, simplement et fructueusement, la religion, la lecture, la langue maternelle, récriture, le calcul,

le chant'; — tous ces objets étant d^ailleurs restreints aux limites de l'école élémentaire.

« Ce but doit être atteint à tout prix ; l'élève ne peut en être

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écarté par l'étiide de sciences saqs coniieiioQ directe avec Teoseigoemeot priqnaire» \^ quelles, si utiles et désirables qu'elles puissent être par elles-mêmes, pe lui sont point indispensables. Ce n'est point rinstrqctiQn ei^igible, en certains cas, du maître éj^'une école urbaine supérieure, mais l'instruction et les aptitudes d'un maître d'une école élémentaire ordinaire, que le séminaire doit donner à tous ses élèves.

ic Pour ces deux espèces d'écoles, la même mesure d'instmctipo méthodique et formelle est exigée j c'e^t ayant ou après les cours du séminaire, que les élèves favorisés par un talent spécial trouveront , s'ils le veulent, le loisir d'étendre le cercle de )eur instruction.

« De bonnes et solides connaissances préliminaires, pour le domaine limité de Técole primaire ordinaire, seront également d'une grande utilité à ceux qui aspirent aux degrés supérieurs de l'enaeif^meDt ; mais en donnant une attention spéciale à ces derniers, on courrait risque de négliger les choses ^toeptielle^ et d'énerver l'enseîgnemeQt.

«Les tendances qui se sont manifestées fréquemment à élargir le cercle des études, à présupposer les élém^ts, soit de la science, soit de la méthode, comme connus, sont en contradiction avec le but que se propose le séminaire. Les matières d'enseigpement de l'école élémentaire doivent être considérées comme un domaine qu'il faut parcourir daqs toutes les directions et dans toute son étepdue; l'école d'application, surtout dans la dernière année, forme le point central de l'enseignement.

« Il ne suffit pcis que le professeur ait développé un objet dans une leçon, ni même qu'il y soit plusieurs fois revenu ; il faut encore que l'enseignement donne des résultats immédiats, que les élèves deviennent aptes à reproduire, sans aucune assistance, ce qu'ils viennent d'apprendre, et à en faire usage dans l'école d'application.

THOISIEME PARTIE.

« Si le temps permet de s'engager dans de plus vastes domaines scientifiques, sans négliger le but qui vient d*étre indiqué, il faut, avant d'étendre le cercle des études, qu'il soit accordé aux séminaires une autorisation spéciale.

« L'école d'application est le pivot sur lequel roule l'enseignement dans les deux dernières années. Elle offre le moyen de mettre l'enseignement du séminaire en garde contre l'abstraction , et de guider immédiatement les élèves dans l'usage pratique des connaissances qu'ils viennent d'acquérir.

« A cette fin, il faut que l'école dont on parle ait Torganisation d'une école élémentaire ordinaire, de sorte que les élèves-maitres s'y fassent une idée nette et claire de l'enseignement dans une école à une classe, et dans une école h plu' sieurs classes.

< A partir de la seconde année, les élèves-maitres assisteront comme auditeurs aux exercices de l'école d^application ; dans la troisième, ils commenceront à y enseigner sous la surveillance et la direction du maître/

« Le dernier but de renseignement dn séminaire n'est pas que rélève apprenne, mais qu'il soit mis en état de devenir maitre lui-même dans les écoles chrétiennes évangéliques, dont la mission est d'inspirer à la jeunesse des sentiments chrétiens et patriotiques , et les vertus domestiques.

c Envisagé à ce point de vue, le problème que doit résoudre l'institution des écoles normales, s'étend è des proportions considérables. Si le plan d'études est restreint dans les limites de ce qui est strictement nécessaire, on exige du moiosque tout soit conçu nettement et clairement, et que le maitre réponde par sa personne tout entière aux exigences de sa vocation.

« Les objets d'enseignement, dans leurs ropporls avec les idées chrétiennes et nationales, doivent être traités de manière à exercer de l'influence sur la vie tout entière, à élargir le

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cercle des idées et à fortifier le jugement» et, en mèoie temps, de manière à agir sur le cœur et sur le caractère.

tPar ce qui précède, la voie est nettement tracée, et Ton voit se dessiner deux principes de direction : d*abord il faut que l'enseignement soit concentré {coneenirù)^ et que les branches semblables soient classées de manière à se trouver en harmonie entre elles et avec renseignement gé« néral : d'où il résulte que les connaissances liées ensemble par l'analogie, doivent être enseignées autant que possible par un seul et même professeur. Ainsi, le même maître enseignera la religion , la science de l'école (Schtd-Kunde)^ l'histoire ; — un autre , la langue allemande et la lecture; — un autre, l'arilhmétiqne, la géométrie, le dessin et l'écriture; — un autre enfin, la musique.

(I Quant à la forme de l'enseignement, elle sera exemplaire sous le rapport moral. 11 faut voir dans les élèves des séminaires defutui*s instituteurs qui, avec une gravité affectueuse, et une bienveillante condescendance , doivent s'habituer a conduire dans l'amour et dans la foi les enfants chrétiens qui leur seront confiés plus tard ; il faut leur apprendre à révérer dans l'école un instrument de l'esprit divin. La dureté et la jactance seront donc éti'angères au professeur de l'école normale; il se gardera de développer chez les élèves la vanité qui peut naître du savoir humain.

tr L'enseignement du séminaire suivra, en outre, la même marche que celui de l'école élémentaire. Il devra développer la pensée, prendre pour point de départ les résultats acquis, pour aller au delà, aplanir les difficultés, rectifier les conceptions erronées, devenir enGn une véritable discipline inteU kciueUe ; le maître s'effacera , tout en communiquant ses connaissances , et s'attachera à provoquer l'activité spontanée de l'élève. Ainsi, dans toutes les leçons, les points essentiels seront : Conception rapide et sûre des pensées qui ont été lues

on exposées, élaboration claire, reproduction simple et exacte; exercice de conception, de pensée et de langage, n

c Partout où faire se pourra, on suivra, dans les cours, un guide ou manuel. C'est au noattre à en expliquer le contenu, à réclaircir et à le rendre applicable à l'enseignement élémentaire; mais il doit se garder d'en faire un objet de critique on d'exposer, à côté ou en dehors du traité, nn autre système.

« Là où il n'existe point encore de manuel pour les cours , le maître se bornera à la communication, par écrit, de certaines propositions, qu'il commentera yerbalemeot pour les inculquer dans l'esprit des élèves.

« Il est interdit de dicter ou de faire rédiger des cahiers volumineux.

« Il est fort utile d'inviter les élèves à se préparer sur certaines matières en consultant les ouvrages qui s'y rapportent, de manière à pouvoir faire une leçon sans nulle assistance, et seulement sons la surveillance et avec les rectifléations du maître.

« A chacun des deux cours inférieurs où consacrera vingthuilleçons, an plus, par semaine; pour le cours supérieur dixhuit heures, au plus, suffiront, non compris la gymnastique, l'horticulture et les exercices de l'école d'application.

« Toutes les semaines, les devoirs ou rédactions des élèves, seront classés par le maître; ils serviron t de poiot de départ pour les examens trimestrïels ainsi que pour les révisions extraordinaires.

c II y aura suspension des études au moins une fois par mois. Les élèves mettront ce jour à profit pour des récapitulations gétiérâles ou pour la rédaction de travaux d'une certaine étendue.

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