‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord, et de ses rapports avec les doctrinesChapitre 73 sur 107 · II. — Objets d'enseignement · texte numérisé non relu

II. — Objets d'enseignement

«Tout ce qui, dans les séminaires, pourrait encore être

enseigné, en ce moment, sons les rnbriqnes d6 : Pédagogie^ Méthodique, Didactique, CaUchitique, Anihropdbgie^ Peychélo^ gte, etc., doit être écarté dn progranmie; on 7 substituera : « la Science de l'École {Sckul-Kunde) » avec deux leçons par se* maine.

c Au séminaire, on n'enseignera pas de système pédagogie* que, même sous la forme populaire*.

« Dans l'enseignement de la Science de FÊeoIe, on évitera les abstractions et l'abus des définitions; on s'en tiendra aux notions pratiques et d'une application immédiate.

«Le but de ce cours est de donner au futur maître Tinstruction pédagogique nécessaire {die erfofderliche pàdagogische BiU dung), et de le mettre à même de se rendre compte de sa Tocation, à lui et aux autres.

« Tracer un tableau simple et précis de l'école évangélique chrétienne, d'après son origine et ses progrès, d'après ses rapports avec la famille, l'Église et l'État; passer en revue les maîtres qui, nommément depuis la réforme, ont exercé l'influence la plus décisive; exposer les caractères dislinctifs du maître d'école, au point de vue chrétien et moral, tel doit être l'objet de l'enseignement pendant la première année. Dans la seconde année, on fera connaître : le but de l'école , son organisation , le programme des cours , les principes fondamentaux de la méthode, de l'éducation chrétienne en général et de la discipline scolaire en particulier. On emploiera la troisième année à donner aux élèves des notions sur leurs devoirs comme serviteurs {Diener) de l'État et de l'Église, et sur les moyens d'accroître et de fortifier leur instruction après leur sortie du séminaire. Du reste, ils consacreront la plus grande partie de leur temps à se préparer

1. • In dem Seminar ist kein System der PUdagôgik za lehren, aach Dîcht in popalSrer Form. •

288 TaOlSlÈME PARTIE.

par les exercices de l'école d'application, et à s'approprier les observations et les expériences qu'ils y auront faites.

« L'exposé fait jusqu'ici, dans la plupart des séminaires (sous le titre de méthodique], des méthodes à employer dans toutes les branches de l'enseignement élémentaire, n'a eu qu'an médiocre succès.

« L'initiation immédiate à une bonne méthode doit résulter de l'enseignement de chaque objet par les maîtres; car l'enseignement du séminaire repose sur les mêmes principes que celui de l'école élémentaire. Le maître doit s'attacher à faire comprendre sa méthode aux élèves, et à la faire mettre en pratique par eux dans l'école annexe.

« En tant que la Science de l'école embrasse également la pédagogie, il est essentiel de ne pas confondre les idées d'éducation en général, et celles d'éducation scolaire.

« Quant à l'éducation en général, il suffira de réunir et d'expliquer les maximes qui se trouvent éparses dans l'Écriture. La doctrine du péché, de la nécessité de l'assistance divine, de la rédemption et de la sanctification, constitue une pédagogie qui n'exige plus, pour le maître élémentaire, que quelques explications tirées de l'étude des facultés de l'âme. Sous ce rapport, le séminaire doit se borner à poser les principes fondamentaux et è tracer la voie à suivre pour des éludes ultérieures.

«Il n'en est pas de même de l'éducation scolaire; ici l'on entrera dans les détails de la discipline et de la didactique, et l'on veillera a ce que les notions acquises soient strictement appliquées par les élèves.

c On ne saurait désigner un manuel existant, pour servir de guide dans cet enseignement. Nous sommes d'autant plus fondés à espérer que les professeurs des séminaires s'en occuperont avec une sollicitude consciencieuse.

• Pour le moment, nous recommandons aux séminaires l'on-

vrage de l'inspecteur Zeller, à Beuggen, intitalé : c Préceptes pour les maîtres des écoles chrétiennes populaires. S Les professeurs des séminaires auront soin de puiser des principes de direction dans les écrits de Kellner, Goltsch, Grabe, Palmer, etc., et de divers recueils périodiques, tels que: le Schulblatt, le Messager des Écoles de V Allemagne méridionale^ et d'y conformer leur conduite.

m. ~ EnseignemeDt religieux. '

L'enseignement religieux qui se distribue fréquemment dans les séminaires, sous le nom de : «Doctrine chrétienne» , et qui désormais figurera, dans le programme, sous le titre de Catéchisme, doit, en donnant aux idées des élèves direction et appui, et, en les initiant à la connaissance d'eux-mêmes et aux vérités du salut, fonder leur vie chrétienne sur la base des vrais principes.

Cet enseignement continuera d'avoir pour règle les livres symboliques destinés à l'enseignement populaire de l'Église évangélique, savoir : le petit catéchisme de Luther^ et, le cas échéant, le catéchisme de Heidelberg.

On a très souvent abandonné le champ libre aux commentaires des maîtres et aux rédactions des élèves. Mais, quand même il ne serait pas à craindre qu'on ne laissât une trop grande latitude à la subjectivité du maître, il y a ici un inconvénient inévitable ; c'est la possibilité que les doctrines vraies^ qu'il aura exposées, ne soient mal comprises, et qu'il n'y ait autant d'erreurs que d'élèves.

1! est donc indispensable de suivre, pour cet enseignement, un traité élémentaire, contenant tout ce que le maître d'école doit savoir d'une manière sûre et précise. C'est le devoir du

1. « Lehren und Erfahrungen fur chrislliche Armenschuliehrer. •

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professeor d^expliquer ce traité, et de Iç mettre à la portée des élèves, sans y rien ajouter maiérieUement.

Après avoir demandé l'avis du Conseil ecclésiastique supé* rieur, nous avons arrêté, que le petit catéchisme de Luther serait introduit dans les séminaires^ comme texte de renseignement du christianisme*

Au delà du cercle restreint de son action immédiate an sein de l'école, on veut, à bon droit, que le maître évangélîque prenne une part active à la vie ecclésiastique du temps présent. Mais, pour cela» il est nécessaire qu'il connaisse le passé et les développements successifs de l'ÉgHse chrétienne. On a essayé, avec peu de succès, d'enseigner aux séminaristes l'histoire ecclésiastique. En général, un cours d'hisioire ecclésiastique ne saurait trouver place dans les programmes de l'enseignement du séminaire. On doit s'y borner à faire connaître aux élèves, -«^ sous la forme de biographies et par groupes, — les hommes et les faits les plus importants et formant époque, ainsi quele développementdela doctrine évangélîque, du culte, de la constitution de l'Église ; nous n'avons pas besoin d'ajouter que les points piincipaus^, seront : les temps apostoliques, la Réforme, la situation présente de l'Église, et I9 pro* pagation de la foi par les missions. Gela suffira pour faire do maître futur un chrétien zélé et éclairé, prêt à prendre part, avec dévoùment, aux efforts des propagateurs de la foi évangélîque.

Sous ce dernier rapport, il n'est pas besoin d'un enseignement régulier et suivi : on fera connaître les faits les plus saillants par des extraits de livres et journaux, etc.; il serait à désirer que les séminaires , comme tels , fussent membres vivants des associations pour missions et établissements analogues.

Tant qu'il n'existera pas de guide destiné spécialement h initier les élèves à la connaissance de la vie de l'Église, en con-

formité avec les principes que nous vepops d'exposer, on pourra faire usage de THistoire ecclésiastique de Calw, çt de l'Histoire de rÉglise chrétienne par Leippoldt.

L'exposé systématique de la doctrine chrétienne, résultant soit des explications dogmatiques ef morales du catéchisme, soit du commentaire des articles de foi ou des passages de l'Écriture, n'est point dans les attributions du maître d'école ; il est réservé au pasteur. A l'école, on se borne à mettre le catéchisme à la portée de l'intelligence des enfants , et, s'il est nécessaii^e, on le fait apprendre par cœur.

Le moyen le plus sûr que possède l'école élémentaire pour affermir et développer la vie chrétienne dans l'esprit des enfants qui lui sont confiés, c'est l'exposé de Y Histoire biblique.

Cet enseignement, sans s'égarer dans les abstractions des idées dogmatiques, doit s'attacher à exposer clairement les faits de l'éducation divine du peuple élu et du genre humain tout entier.

On exigera que le futur maître, d'école soit capable de raconter, sans secours d'aucune espèce, les histoires bibliques dans la fora\e convenable pour l'école élémentaire; qu'il puisse analyser ces histoires ; et qu'il les rattache aux fêtes et solennités de l'Église , afin d'établir une connexion étroite entre Técole et le culte» Dans le choix des histoires , il faut avoir égard à l'âge et au degré d'instruction des enfants.

Pendant la première année, on analysera donc les histoires bibliques, en s'attachant à conduire les élèves à l'intuition des vérités fondamentales de la vie chrétienne. Dans la seconde année, l'explication du catéchisme leur donnera et affermira en eux la claire intelligence de la foi chrétienne, selon la confession évangélique. Dans la troisième, enfin, on cherchera toutes les occasions de perfectionner leur enseignement religieux.

Se réglant toujours sur l'année ecclésiastique, on lira dons

récole élémentaire les Évangiles et Épitres de chaque dimanche : et, en outre, avec les élèves les plus avancés, les psaumes, les livres des prophètes et les épîtres du Nouveau Testament.

Afin de préparer le mattre à cet enseignement, on suivra, au séminaire, le même ordre, pour la lecture delà Bible, que dans l'école élémentaire.

De plus, on expliquera, et Ton fera apprendre par cœur t^n^ maxime hebdomadaire. On rattachera cette étude à Texercice pieux du matin ou à la première leçon de l'enseignement religieux.

Les notions historiques, archéologiques, etc., indispensables pour rinteliigence des livres bibliques, dans la mesure des besoins de l'école élémentaire, seront données par le maître, quand l'occasion s'en présentera ; mais il aura soin de se restreindre au nécessaire.

L'explication des maximes bibliques et des cantiques se fera au séminaire pendant la première année, parallèlement à l'enseignement historique de la Bible, et suivra les différentes époques de l'année ecclésiastique; on restera ainsi en harmonie avec la marche de l'école élémentaire.-

Dirigé d'après ces principes fondamentaux, renseignement religieux formera, pour l'école élémentaire, des maîtres ayant la conscience de leur vocation, et possédant des notions suffisantes de la parole , de la doctrine et de la vie de l'Église évangélique.

Pour cela, il faut qu'au séminaire l'élève se soumette à la discipline de la parole et de Tesprit ; que maîtres et élèves puisent laijgement au trésor des grâces divines, et que le séminaire présente, dans son ensemble, une communauté de vie chrétienne et évangélique ( eine etangelisch - christliche Lebensgemeinschafi) . »

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