IV. — Lecture et langue allemande
Cette partie de renseignement est d'une haute importance , tant sous le rapport de la culture intellectuelle en général que de l'instruction scolaire. Ici, également (comme pour l'en* seignement religieux) , les connaissances du futur maître d'école devront dépasser le cadre de l'école élémentaire.
Dans l'école élémentaire, les enfants apprennent, en aussi peu de temps que possible, à lire les imprimés et les manuscrits. On les exerce à lire, avec l'inflexion de voix et l'expression convenables, la Bible, les Cantiques. Ils doivent comprendre et retenir le texte au point de pouvoir le reproduire exactement. Enfin, il faut qu'ils sachent exprimer par écrit, correctement, sous le rapport du sens et de l'orthographe, les idées indispensables pour les relations habituelles de la vie« L'exposé systématique de la grammaire allemande est exclu de l'école élémentaire.
Jusqu'à présent, on n'a pas assez soigneusement initié les maîtres futurs à un^ méthode de lecture sûre et simple. Cette négligence est cause que, dans beaucoup d'écoles, on enseigne encore à lire d'après un procédé mécanique, que souvent on n'y atteint qu'après des années, parfois même jamais, le but qu'avec l'application d'une méthode rationnelle on al* teindrait en peu de mois.
Sous ce rapport, il ne suffira pas de présenter des considérations sur telle ou telle méthode : il faut que le professeur exerce les séminaristes de première année à enseigner la lecture, et qu'il continue à diriger ces exercices dans les détails les plus minutieux, jusqu'à ce que l'élève possède sérieusement la méthode.
Le temps n'est point encore venu de prescrire une méthode
exclusive : depuis quelques années , il a été fait plusieurs tentatives, que rexpérience n'a pas suffisfanunent justifiées. On est en droit d'espérer qu'au séminaire même se développera un système d'enseignement susceptible d'une application générale. Les autorités provinciales sont invitées à suivre avec une attention particulière tout ce qui sera ou a été tenté dans ce but.
En outre, dans les exercices à faire sur le livre de lecture, il faut avoir égard aux besoinô immédiats de Técole élémentaire plus attentivement qu'on ne l'a fait jusqu'à présent. Il ne suffit pas d'enseigner aux séminaristes à expliquer un telte quelconque; il faut, au contraire, que le livre de lecture en usage dans les écoles de la province serve de base à des exercices pratiques.
Jusqu'à présent, il n'existe point de livre de lectures scolaires que Ton puisse introduire partout : il faut du moins adopter pour chaque province > un ouvrage qui, dans toutes les écoles des séminaires, serve àé guide podr les études.
On ne perdra point de vue que l'enseignement dont il s'agit ne se reproduit pas, en théorie, dans l'école élémentaire ; au séminaire , il comprendra , à l'exclusion de la grammaire générale et philosophique, la théorie de la proposition simple et complexe ; la construction, les périodes, les diverses espèces de mots avec les déclinaisons et conjugaisons ; en sorte que les élèves soient en état d'analyser exactement les propositions du livre de lecture, en se servant d'une terminologie grammaticale claire et simple. En même temps , on aura égard à l'orthographe et à la ponctuation, et on n'oubliera point que l'analyse par elle-même, n'est pas le but , mais qu'elle doit servir uniquement à faciliter l'intelligence du texte.
Jusqu'à ce qu'il y ait un manuel approprié aux besoins du séminaire, les terminologies et définitions seront données par le professeur; ou bien l'on se servira des grammaires élémen-
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tâires âe Nolitilg, fiohm ou Stelliârt. Do reste, le professeur trouvera des obsertfltlofls utiles sur renseignement de la langue allemande au séminaire , dans les ouvrages de Waelcer- Dâgel, Kellùer et Otto.
Dans les deux cours supérieurs, on envisagera cet enseignement sous les points de vue suivants:
Application des connaissances acquises dans la classe inférieure; intelligence sûre et complète du teite; là est le moyen le plus efficace d'arriver à lire a?ec Texpression convenable« Or le talent de bien réciter des morceaux difficiles est le meilleur témoignage de Tétat général de Finstruction du séminariste.
On lira les morceaux de prose et de poésie, on les fera lire, on les discutera ; on les fera reproduire verbalement et par écrit, soit littéralement, soit sous une forme différente.
Daiis le choix de ces morceaux on ira du facile an difficile, en tenant compte des idiotisffles de la langue ; on aura soin de mettre le texte en harmonie aVec le reste de l'enseignement.
Dans les classes inférieures et moyennes, les rédactions des élèves auront pour objet le texte des morceaux qu'on aura lus. Dans la classe supérieure, ils pourront s'exercer sur d'antres points et sur des questions relatives à la mission du maître d'école^ C'est également danif cette classe que le maître futur sera exercé à rédiger les pièces concernant ses fonctions, les lettres d'affaires, etc.
A renseignement de la langue allemande se rattacheront les lectures à faire par les élèves en leur particulier.
Pour chaque cours, on fera un choix de livres ; et, à des époques fixes, l'élevé aura à rendre compte de la manière dont il aura lu les ouvrages qui lui auront été désignés. A part l'influence que ces lectures peuvent avoir sur l'esprit, le cœur et le caractère du séminariste, il faut avoir égard, dans le choix
296 TROISIÈME FÀRTIE.
des livres, à raclion que, par delà les limites de l'école élé* mentaire, le maitre peut exercer sur Tinstruction et sur les mœurs du peuple.
Sera exclue de cette lecture la littérature classique proprement dite : on admettra tout ce qui est favorable au développement de la vie de FÉglise et de la morale chrétienne, à Tétude intelligente de la nature; tout ce qui, grâce à un style clair et populaire, est propre à passer dans l'esprit et dans le cœur du peuple. Le choix des livres doit être fait d'après les besoins particuliers de chaque province ; mais, en général, on peut recommander : les biographies de Luther, par Mathésius et Wildenhahn ; de Mélanchton et Yalérius Herberger, de Paul Gerhardt et Jacob Spener, par Wildenhahn ; d'Oberlin, par Schubert; les Annales évangéliques , par Piper ; les écrits populaires de Horn, Gotthelf, Ahlfeld, Redenbacher, Stœber, etc. ; les contes de Grimm ; les œuvres de Glaudius; Krummacher, Hébel; les esquisses prussiennes, par Werner Hahn ; la Patrie, par Gurlmann ; Germania, de Yogel, etc.
Le livre de lecture de Wakernagel fournira Toccasion, — sans faire un cours d'histoire littéraire, — de donner aux élèves les notions nécessaires sur le développement de la littérature nationale, et sur la vie de ses principaux représentants.
Les élèves du cours supérieur seront exercés, en vue des fonctions du maitre d'école à l'Église, à lire convenablement des sermons et des chapitres de la Bible.
y. — Histoire et géographie.
L'histoire nationale formera le point central de l'enseignement de ces deux sciences; l'enseignement de l'histoire s'appuiera sur celui de la géographie, et réciproquement.
L'expérience a constaté que Y histoire universelle ne peut
être enseignée utilement dans les séminaires ; qu'elle n*y introduit que des idées fausses ou mal comprises, et qu'elle fait négliger des choses plus importantes.
L'étude de l'histoire universelle exige des connaissances qui manquent aux élèves-maitres. Il n'est pas possible, d'ailleurs, que les séminaristes, dans l'espace de deux ou trois ans, à raison de quelques leçons par semaine , s'approprient une telle histoire, de manière à en tirer des résultats utiles pour eux et pour l'école élémentaire.
Par contre, il importe que le maitre inculque à ses élèves les souvenirs patriotiques, la connaissance de nos institutions et de nos hommes illustres, et qu'il leur inspire de l'estime et et de l'affection pour la dynastie régnante.
Il suit de là que le séminaire donnera de préférence ses soins à l'histoire allemande, et, en particulier, à l'histoire prussienne et à celle de la province ; on mettra ainsi les élèves sur la voie de progrès ultérieurs, pour le temps qui suivra la sortie du séminaire.
Ce qu'il importe de connaître de l'histoire universelle sera mentionné dans les leçons d'histoire biblique ou d'histoire allemande, ou résumé dans la biographie d'hommes ayant fait époque.
On fera ressortir en particulier les jours de fêtes nationales; elles donneront lieu de faire connaître aux élèves les meilleurs chants patriotiques (texte et air).
A ce propos, nous signalerons, conmie usage à imiter, la célébration, dans plusieurs séminaires, de jours commémora tifs patriotiques et évangéliques -chrétiens, en tant que ces derniers ne seraient pas déjà fêtés à l'Église.
Gomme de tels jours nous signalerons : le 18 janvier; le 18 février; le 18 et 25 juin ; le 3 août; le 15, 18 et 23 octobre ; et le 10 novembre. Le cadre pourra être élargi, selon les circonstances locales.
500 TAOISIÈME PARTIE.
d*études D*y doit occuper une place séparée ni y être traitée systématiquement. L'enseignement se rattachera à certaines circonstance» de la vie pratique : pour l'histoire, aux jours commémoratifs; pour l'histoire naturelle, à la culture des champs et des jardins, au changement des saisons , aux divers phénomènes , etc. Il serait à désirer qu'il y eût un livre de lecture scolaire dont les tableaux et descriptions pittoresques pussent former le sujet des leçons explicatives du maître. Toutefois, quoiqu'un livre de lecture de ce genre nous manque, celui qui est en usage dans les écoles d'application des séminaires, pourra, si l'on y joint les exercices mentionnés plus haut, fournir assez d'occasions d'initier le maître futur au genre d'études dont il s'agit.