Dem Leben des Volkes nahestehende Lebrer
BÊGLQICNT GÉHÉRAL. 507
avec lequel la haute admiiiistraUoB prasdeniie s'efforce de réaliser, daos le domaine de renseignement populaire, l'alliance de Tesprit chrétien et de l'esprit pédagogique.
An point de vue particulier des écoles normales : tout en proscrivant l'esprit de spéculation pure, l'abus des théories, et ces systèmes hautains qui s'étaient glissés, pour en altérer le caractère, dans l'enseignement dispensé aux futurs maîtres, le ministre de l'Instruction publique a considéré comme un devoir de maintenir, en tète du programme des séminaires, l'étude de cette science pratique de l'éducation qu'il faut bien accepter sous un nom on sous uq autre, et qu'on désigne aujour^ d'bui en Prusse sous le nom modeste de science de VEcole. {Schul-Kunde.)
Il convient de le dire : il y a ici une satisfaction donnée aux susceptibilités légitimes de l'opinion publique, plus qu'une abdication de la pédagogie elle-même. La science pédagogique renonce à d'ambitieuses allures, et dépouQle les formes prétentieuses sous lesquelles elle égarait les esprits ; elle subsiste, en réalité, tout en changeant de nom. Aujourd'hui comme hier, après comme avant les règlements nouveaux, l'école normale doit c mettre le futur instituteur en état de rendre à lui-même et aux autres un compte clair et réfléchi de l'essence même et du but spécial de sa vocation » {sick ie^t und andere iiber do» Wesen und die Aufgabe seines Berufs beumssie und klare Rechenschafi zugeben). Or, telle a été, de tout temps, la mission de la science pédagogique.
Désormais, dans les séminaires allemands, plus de théorie sans pratique qui en précise le sens ; mais aussi point de pratique sans théorie qui l'éclairé. Rôle de l'école primaire dans ses rapports avec l'Eglise, la commune, la famille ; son organisation intime; programme des cours; principes fondamentaux de la méthode ; science de l'éducation en général et de la discipline scolaire en particulier : sur tous ces points
les futurs instituteurs continueront à recevoir, pendant les trois années du cours, un enseignement qui les mette à même de féconder les notions techniques, et de s'élever jusqu'à l'intelligence de la valeur morale de leurs fonctions. Or, on ne saurait trop le répéter : sans un tel enseignement, l'école normale peut former des machines vivantes, capables d'enseigner à « lire, écrire et chiffrer » ; elle ne saurait former des insfi" tuteurs.
Ainsi, les écoles normales primaires sont aujourd'hui, au delà du Rhin, ramenées des régions chimériques où on avait pu les égarer, au véritable sentiment de leur vocation ; mais elles y sont considérées, plus que jamais, comme le fondement du système général d'éducation populaire.
Les Allemands le comprennent ainsi qu'on le comprend en France : il en est de l'instruction primaire comme de toutes les forces sociales : instrument de vie ou instrument de mort selon qu'elle est bien ou mal dirigée. Or , les écoles normales sont, entre des mains intelligentes et fermes, le moyen le plus puissant de direction.
« Nous maintiendrons les écoles normales, me disait en Prusse un personnage éminent, comme nous conserverons les sources du fleuve qui féconde ce pays. Seulement, nous veillerons à une chose, c'est que la source soit toujours pure, et ne laisse point jaillir de flots empoisonnés. »