Ithainischc Bliitter, p. 291 et suiv
Voilà pour la direction religieuse , ou du moins pour la conduite philosophique de l’école.
Maintenant, comme selon M. Diesterweg, tous les efforts de l’humanité doivent tendre à briser l’esclavage du dogme révélé; comme l’école est le sanctuaire où l'affranchissement doit être opéré , et l'initiation philosophique accomplie ; comme l’instituteur, dans sa lutte avec les représentants du dogme , est l'apôtre infaillible et l’instrument de cette délivrance:
« Allons, s’écrie M. Diesterweg, pour l’entraîner aux aventures, le résultat de la guerre est sous vos yeux. Les enseignements de l'Église n’ont pas soutenu l’épreuve; les croyances indémontrables s’évanouissent à la lumière de la raison {y compris la croyance en Dieu, comme on l’a vu).... Et nous , hommes de notre siècle , nous protestants , qui protestons contre tout ce qui n’est pas démontré, élançons-nous , voiles déployées, sur la pleine mer; advienne que pourrai ( Komme wass da kimne !) Si nous ne découvrons pas ce que nous cherchons, eh bien ! nous trouverons peut-être quelque outre chose de plus digne encore de nos désirs. Et si cet espoir vient à faillir, reste le plaisir d’un voyage en pleine mer 1 . »
Voilà pour la direction sociale. Un tram de plaisir en pleine mer, sans pilote ni boussole, quoi de mieux? Les passagers toucheront peut-être à un port quelconque : il y a pour cela une chance sur mille. Que la société dorme donc en paix; et vive la pleine mer 2 1
1. «... Und wenn auch dieses nichl, wir haben Freude au der Fabrt aufhohem Meere. » {Rheinische lilattcr, p. 289; — 1852.)