‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du Nord et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 42 sur 131 · GO · texte numérisé non relu

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vinces, formée de laïques et d’ecclésiastiques, chargée, sous la sanction royale, de préparer pour l’Église un projet de constitution qui satisfasse aux besoins du temps '. »

Quelles crises se développent au sein de l’Église protestante allemande, on le voit assez. Ce n'est pas tout cependant. En proie aux déchirements intérieurs, cette Église est assaillie au dehors. Une horde d’envahisseurs au fâcheux renom, amis protestants, et sectaires des libres communes, prétendent s’y installer à bon droit ; et s’élancent à l’assaut de la forteresse démantelée, sous les drapeaux unis de pasteurs bien connus . Uhlich, Wislicenus et Sachse.

C’est ici le lieu de retracer un curieux épisode. Cet épisode éclaire d’un jour singulier l’état intérieur de l’Église évangélique de Prusse; et nous avons assisté nous-mème à la dernière phase des événements que nous voulons rappeler.

En 1841, un pasteur de Magdebourg attaque, dans un sermon, la divinité de Jésus-Christ. C’était le moment où les Annales de Halle suspendaient sur la tète des luthériens orthodoxes, comme sur celle des disciples de Schleiermacher, la menace du despotisme hégélien. Le consistoire cite le pasteur à sa barre, et fulmine une destitution. Grande rumeur dans la commune ! on crie, on menace, on intimide le tribunal. Bref, la sentence de destitution est rapportée, pour faire place à une réprimande. C’est trop encore : une vmgtaine de

1 . Le magistrat attaquait dans cette adresse le parti de l’orthodoxie, et notamment son chef, le directeur de VEvangelische Kirchen-Zeitung, M. Hengstenberg. * Ce parti, disait-il , recommence, vis-à-vis des vrais protestants, le rôle des Juifs vis-à-vis des premiers chrétiens ■ — Le roi répondit à cette singulière sortie avec une dignité pleine de finesse II fit sentir en même temps ce qu’une telle manifestation devait avoir de fâcheux : • Toute l’Europe a les yeux sur nous et sur 1 agitation de notre Église. Que peuvent penser de nous les Cunfessions étrangères et les hommes impartiaux ?... •

rôte de l’église évangéliqüe. \ Gf

pasteurs se rassemblent à Gnadau, puis, en plus grand nombre, à Halle, et protestent contre la sentence. « Nous sommes atteints, disent-ils, dans la personne du pasteur condamné; on vient de frapper, en lui, le droit d’examen, le principe même du protestantisme. Que les pasteurs qui veulent croire librement se concertent. » — L’apôtre du rationalisme populaire se révélait; c’était un pasteur du petit village de Pômmelte, celui même qui avait provoqué les deux assemblées de Gnadau et de Halle : il venait de créer l’association des Amis protestants ou Amis de la lumière; dès les premiers pas, soixante confrères le suivaient; il se nommait Uhlich.

Quatre ans après, quatre mille cinq cents adhérents soutenaient de leurs deniers le journal des Amis protestants, l'Édification chrétienne (Bla lier fiir christliche Erbauung); onze mille neuf cents habitants de Magdebourg signaient de leurs noms une déclaration de rupture avec l’Église officielle, et, invoquant, aux ternies du Landrecht 1 , les droits des sociétés tolérées, à l’exemple des Amis de Kônigsberg, de Nordhausen, de Halberstadt, etc., se constituaient en libre commune. A ce moment, M. Uhlich était dépossédé de la cure qu’il occupait depuis dix-huit ans. La libre commune de Magdebourg appela le condamné, et le mit à sa tète : c’était le placer sur un piédestal.

4848 éclate. Le mouvement de séparation de l’Église orthodoxe se propage, sans obstacle, sur tous les points de l’Allemagne. Des libres communes se forment en Prusse, en Saxe, dans le duché de Weimar, dans la Bavière septentrionale, en Hesse, en Bade. Amis protestants de Uhlich et catholiques allemands de Ronge se donnent la main, sur le terrain d’une protestation radicale contre toute croyance positive et tout symbole consacré. Les gouvernements laissent le champ libre

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