‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du Nord et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 68 sur 131 · ÉCOLES NORMALES D'INSTITUTEURS · texte numérisé non relu

ÉCOLES NORMALES D'INSTITUTEURS

•mire catholique de Hesse-Cassel, placé sous la haute direction de l’évéque de Fulda :

c Toutes les fois qu’il s’agira de pourvoir à une place de maître d’école, on aura égard, avant tout candidat, aux maîtres sortis du séminaire; et aussi longtemps qu’il se trouvera quelqu’un de ces derniers, on ne pourra choisir aucun sujet formé d’une autre manière aux fonctions d’instituteur. Keinauf andere Weise zumSchulamtvorbereiletes Subjecte genommen Werdeii. » (Art. 25.)

On comprend que, dans ce système, entre les candidats aux écoles normales primaires, on n’ait guère que l’embarras du choix. Qu’on veuille bien le remarquer en même temps : ce n’est pas la France, c’est l’Allemagne qui est ici sur le terrain de la logique et du bon sens, non moins que dans la vérité des faits. Je mets de côté, bien entendu, les membres des Congrégations religieuses enseignantes; en dehors de ceux-ci (et leur nombre sera toujours très faible en proportion de celui des écoles à pourvoir), qu’attendre, à part de rares exceptions, de jeunes gens qui, jusqu’à l’àge de vingt ans, ont vécu, sinon dans le désordre des mœurs, presque toujours, du moins, dans les habitudes grossières d’une vie qu’aucune pensée morale n’inspire?Ce n’est pas la possession d’un brevet conquis à jour fixe, et ne témoignant en rien des qualités intimes ni de la vocation, qui suffit à transformer la nature et à élever le caractère. Que sera, dans son rôle d’instituteur, le jeuue homme qu’une velléité subite , le dégoût des professions laborieuses, le désir d’échapper aux lois du service militaire, que sais-je? une ambition de bas étage, aura enlevé au milieu trivial qui l’entoure, pour le jeter, à l’improviste, sur les bancs d’un jury d’examen? Ce que nous voyons trop souvent : une sorte de férule vivante, une machine à lire, écrire et chiffrer, apte peut-être à communiquer aux élèves

que la contrainte lui amène la science du deux et deux font quatre , impuissant à jeter, dans les intelligences qu’il faut éclairer, dans les ccgurs qu’il faut captiver, ces idées et ces sentiments qui sont le fondement de la vie paorale.

Le recrutement des élèves-maitres une fois assuré , on peut, au grand avantage de l’enseignement et de l’institution même des écoles normales, se montrer fort exigeant pour l’admission des candidats. L’administration supérieure de l’instruction publique au delà du Rhin a compris que l’œuvre de la formation des instituteurs serait très avancée, si les futurs maîtres, avant de franchir le seuil des écoles normales, subissaient un noviciat qui défrichât des intelligences incultes : à plusieurs séminaires du Hanovre, de Saxe et de Prusse, sont annexées des sections préparatoires où les jeunes gens qu’une vocation précoce attire vers la carrière de l’enseignement sont reçus dès l’âge de quinze ans ; ou bien encore, des pasteurs ou des maitres particulièrement dignes de la confiance des autorités scolaires, se chargent de préparer les jeunes gens non pas, notez ce point , aux examens conférant le brevet de capacité, mais aux épreuves qui ouvrent l’entrée des Schidlehreneminarien * .

1. ■ J.es jeunes gens qui sont reçus dans des établissements préparatoires pour s’y mettre en état d’être admis au séminaire, s’ils n’habitent pas chez leurs parents ou chez des proches, ne peuvent être pris en pension par d’autres personnes que par des instituteurs.

«I| a été remarqué, dans les examens d'admission aux écoles, que les candidats ne possédaient souvent de la sainte Écriture qu’une connaissance purement mécanique. Il est nécessaire qu’ils prouvent par des réponses réfléchies qu’ils pénètrent le sens des récits présentés par les livres sacrés; quant aux chants d’église, ils doivent montrer qu’ils en comprennent l’esprit, et les chanter avec l’expression et le ton convenables.

«En ce qui concerne la langue maternelle, les aspirants doivent surtout s’appliquer à bien comprendre les morceaux de lecture, et à les lire avec expression ; puis à en rendre compte en présentant régulièrement t’enchainement des idées. Ils doivent aussi pouvoir donner des explications sur les

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A cet ensemble de mesures se rqpporje la circulaire du Ministre de l’instruction publique de Prpsse, en date du 9 juillet 1832. Cetle circulaire témoigne de la place qu’occupent les écoles normales dans l’estime de l’administration supérieure; il la faut citer :

« Les rapports des provinzial-schul- Collégien sur la préparation aux fonctions d'instituteur par 4es pasteurs ou des maîtres d’école isolés, démontrent que les résultats de cefte sorte de préparation sont très rarement heureux, qu’ils sont insuffisants, et nullement de nature à constituer l’équivalent de la préparation que |’on reçoit dans les séminaires

« D’un autre côté, plus les séminaires se rendent compte de leur mission, laquelle consiste, en renonçant à des théories abstraites et stériles, à former pratiquement des instituteurs, et à les tenir, par l’influence de la discipline et du régime moral de l’École normale, dans une juste union avec l’Église et la famille, plus il esj à désirer que les pasteurs et instituteurs, à la hauteur de cette tâche, consacrent leur dévouement et leur temps, à former de bons candidats pour ces établissements, et à les accoutumer par avance à l’enseignement et à l’éducation des enfants.

* Je désire donc que les Régences royales, partout où se rencontrent des instruments de préparation pour les fonctions d’instituteurs, fassent leurs efforts pour employer ces instruments dans le but qui vient d’ètre énoncé. Dans les cas pù des secours pécuniaires seraient nécessaires, je serais disposé à les accorder, autant qu’il dépendrait de moi. »

expressions d’histoire, de géographie pu d’histoire naturelle qu’ils rencontrent. De semblables explications , orales ou écrites , témoignent plus en faveur des candidats que des définitions grammaticales apprises par • cœur.* (Circulaire du Schul-Collegium de la province de Berlin, 1852.)

1. Des résultats entièrement analogues sont constatés en France, dans les quelques départements où un vote peu réfléchi a supprimé les écoles normales pour les remplacer par des écoles stagiaires.

Une circulaire analogue de la régence de Francfort-surl’Oder, du 8 octobre 1852, doit ici trouver place.

« Nous n'ignorons pas les services que rendent un grand nombre de pasteurs et d’instituteurs de notre ressort, en préparant, dans des établissements approuvés par le Schul- Collegium de la province, de bons maîtres pour les fonctions de l’école, et surtout des candidats instruits pour les séminaires.

* Nous croyons devoir rappeler à ceux de ces pasteurs et de ces instituteurs qui n’ont pas sous la main un de ces établissements prépara toires.qu’ilspeuventavoircependantdefréquentesoccasionsdepréparerindividuellementdefutursmaîtresaux fonctions de l’enseignement, et particulièrement è l’admission dans un séminaire. Dans beaucoup de communes, on trouve des jeunes gens d’un mérite particulier , dont les pasteurs et les instituteurs ont pu distinguer le goût pour l’enseignement , et dont les familles recommandables, par la piété et la moralité de la vie , semblent promettre de dignes instituteurs, mais n’ont pas les moyens de placer leurs enfants dans un établissement préparatoire. Il est désirable que là où se rencontrent de tels jeunes gens, et où le pasteur ne manquant, d’ailleurs, ni de loisir ni de dévouement, a sous la main un bon instituteur, l’un et l’autre s’efforcent de les préparer avec amour et sollicitude (mil LiebeundSorg fait ) aux fonctions de l’enseignement, de veiller sur leur conduite, d’entretenir chez eux l’amour de l’enfance, et de les placer sous une habile direction, en qualité de maîtres-adjoints. Les résultats de ces soins seront d’autant meilleurs, que le pasteur et l’instituteur associeront leurs efforts. Si cette association n’est point possible, il sera toujours très proGtable que l’un ou l’autre se consacre à cette mission. On obtiendra tout succès , si le jeune homme ainsi patroné peut s’initier aux détails d’une bonne école voisine. La vue quotidienne d’une telle école produira sur son esprit des impressions qui, plus

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