‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du Nord et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 71 sur 131 · ÉCOLES NORMALES D’INSTITUTEURS · texte numérisé non relu

ÉCOLES NORMALES D’INSTITUTEURS

Ce sont ees mêmes idées, et cette même ardeur de conviction \ que M. Stol7enburg consacre aujourd’hui à l’œuvre de la formation des instituteurs dans l’École normale et dans les établissements annexes de Bunzlau *. Il suffit de passer quelques heures avec cet honorable directeur, pour apprécier, et l’élévation de ses vues, et le caractère essentiellement pratique de ses principes d’éducation.

Eh bien ! à Bunzlau comme à Côpenik, on ne craint pas de donner au développement intellectuel des élèves-maîtres la place qu’il importe d’y réserver, et d’exiger beaucoup des candidats à l’École; à Bunzlau comme à Côpenik, on a laissé l’examen pédagogique sur le second plan , mais on s’est bien gardé de le supprimer.

Que si, des séminaires protestants nous passons aux écoles normales primaires catholiques, le même fait se présente à l’observation, avec un relief peut-être plus saillant encore.

Le séminaire de Breslau (Silésie) est placé sous la direction

dans son âme les grandes et sainte» croyances, de les cultiver avec amour, en sorte que. plus tard, avec la grâce de Dieu, il puisse, administrateur fidèle, faire valoir le talent qui lui fut confié; que ces croyances soient pour lui le bâton de voyage où il s’appuie dans les jours de trouble, le bouclier et l’épée qui lui assurent la victoire dans les épreuves de la vie, et dans le combat de la mort. En un mot, l’instituteur doit se servir de l’instruction et de l’éducation pour amener les enfants qui lui sont confiés tout ensemble à être des membres utiles de la société civile et à devenir citoyens de ce royaume éternel que Jésus-Christ, notre Seigneur et notre salut, a fondé. Il faut que la foi en Jésus-Christ soit le fondement de cette maison. Celui-là seulement peut être instituteur qui est vraiment disciple du Christ.»

1. Voyez le discours prononcé, en 1850, à Bunzlau : Festrede bei des Kdntgs Geburtstagsfeier.

2. Orphelinat d’où les élèves sortent pour entrer soit au Schullehrerse~ minar, soit au gymnase. Les objets d’étude y sont : la religion (4 heures par semaine), la langue allemande, la langue française, le latin, le grec, l’histoire, la géographie, l’histoire naturelle, l’arithmétique, la géométrie, le dessin, l’écriture, le chant.

de l’autorité épiscopale; le directeur n’en est nommé qu’avec l’assentiment de l'évèque. Les règlements de l’institut sont soumis à l’approbation ecclésiastique 1 .

Or, pour être admis au séminaire de Breslau, ce p’est pas seulement dans un rapide examen, c’est dansdeu* épreuves successives qu’il faut avoir donné des gages de son aptitude. Citons les quatre premiers articles du règleraen| :

«1. L’admission ap séminaire gst précédée de deuil examens, l’examen d'aspirant ( Aspirantenprujung ) et l’examen de candidat ( Praparandenpi-üfung ). On peut se présenter au premier à l’âge de 16 ans, au second à l’âge de 18 ans accomplis.

«2. Pour être admis à l’examen d’aspirant, il faut présenter : un certificat de baptême, un certificat de bonne sauté, un certificat portant sur l’époque de la sortie de l’École primaire, et sur la conduite à partir de cette époque ; le certificat de l’inspecteur de cercle relatif à l’examen subi à la sortie de l’École élémentaire.

« 3. Les candidats doivent avoir bien passé l’examen A’ aspirant', avant de subir les épreuves, ils présentent : un témoignage attestant la manière dont ils ont continué leurs études; un certificat relatif à leur conduite et ü leur zèle depuis le premier examen, certificat signé du curé de leur paroisse et de l'inspecteur de cercle.

« 4. Tout élève admis au séminaire qui ne montrerait pas, pendant le premier semestre, le zèle elles dispositions morales répondant à l’esprit de l’établissement, est congédié sans qu’il soit besoin d’autre motif*. »

Ce n’est pas seulement dans le pays classique des écoles, ce n’est pas seulement en Prusse que sont imposéesdes conditions

1. Voyez le Mémoire déjà cité sur les droits des évêques de Breslau ; par Riutol (Breslau, 1819), quatrième chapitre. Vonder liischojlicheu Aufsicht auf die Schullehrer-Seminarien.

Z. — 5. Lever à 4 heures t/ 2 . — Exercice religieux du matin; sainte

ÉCOLES NORMALES Dj’lNSTITETEÜRS. 245

de ce genre ; il en est de même en Saife, en Hanovre et en Hesse. Dans une des provinces de la Hesse-Électorale, où, sous la protection des souvenirs de l'apôtre de la Germanie, le catholicisme a conservé toute sa force, à Fulda même, il existe un séminaire pour les maîtres d’école. On va voir, avec quelle préoccupation des aptitudes pédagogiques, y est réglée, §ous l'inspiration de l’évêque, l'admission des candidats. Je traduis ici les premiers articles du règlement du séminaire de Fulda : § 1 er . — Le séminaire de Fulda est destiné aux candidats catholiques de l’électorat qui aspirent aux fonctions d’institu-

messe et courte prière, puis déjeuner et préparation à l’étude. — Travail jusqu’à midi.

6. A midi , repas. — De une heure à deux , sortie facultative hors de l’École.

Page 1